La Isla del Tesoro.  Robert Louis Stevenson
Capítulo 30. Bajo palabra (Chapitre 30. Sur parole)
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Me despertó -para decir verdad, nos despertamos todos, hasta el centinela que se había dormido en su puesto- una voz jovial, campechana, que nos llamaba desde los lindes del bosque.

-¡Eh del fortín! -gritaba -. ¡Soy el doctor!

Je fus réveillé – ou plutôt nous fûmes tous réveillés, car je vis la sentinelle, qui s’était affaissée contre un jambage de la porte, se redresser en sursaut – par une voix vibrante et cordiale qui venait de la lisière du bois.

El era, en efecto. Y a pesar de la alegría que me causó oírle, la sombra de una preocupación me rondaba.

– Ho ! du blockhaus, oh ! criait-on. Voici le docteur.

Porque sabía que mi conducta indisciplinada, mis correrías, y, sobre todo, junto a quiénes me habían llev ado, a qué peligros, me impedía presentarme ante él y mirarlo a la cara.

C’était lui-même qui nous hélait. Ma joie de l’entendre n’était pas sans mélange. Au souvenir de mon escapade, à la pensée du danger où elle m’avait jeté, je rougissais de confusion et n’osais affronter la vue du nouvel arrivant.

Era muy temprano; debía haberse levantado aún de noche. Empezaba a clarear débilmente. Yo fui corriendo a mirar desde una de las aspilleras, y lo vi, como había visto a Silver, pareciendo surgir de la niebla.

Il avait dû se lever dans le noir, car il faisait à peine jour. Courant à une meurtrière, je l’aperçus debout, comme cette autre fois Silver, et baigné jusqu’à mi-jambe dans un brouillard stagnant.

-¡Doctor! Os deseo muy buenos días, señor -exclamó Silver muy cordialmente, aunque la bondad de su voz no ocultaba un tenso estado de alerta- . Veo que, como siempre, sois hombre madrugador y animoso.

Como dice el refrán, es el pájaro temprano el que se lleva el grano. George -ordenó-, muévete y ayuda al doctor Livesey a trepar a cubierta. Supongo que todos sus pacientes están bien... de salud y espíritu.

– Vous, docteur ! Bien le bonjour, monsieur ! s’écria Silver, déjà réveillé complètement et rayonnant d’affabilité. Ça peut s’appeler être actif et matinal ; mais c’est l’oiseau matinal, comme on dit, qui attrape les bons morceaux. George, secoue tes guibolles, mon gars, et aide le docteur Livesey à franchir le plat-bord du bâtiment. Tout va bien, vos patients aussi… tous gais et en bonne voie.

Y siguió así de dicharachero, mientras aguardaba en lo alto de la duna apoyado en su muleta y con la otra mano sobre la pared: reconocí en él al viejo John de los primeros tiempos tanto por su expresión como por sus modales.

Il bavardait ainsi, debout au haut du monticule, la béquille sous l’aisselle et une main sur la paroi de la maison de rondins : tout à fait l’ancien John, pour le ton, l’allure et la mine.

-Tengo una sorpresa, señor -continuó-. Hay aquí cierto forastero. ¿Eh? ¿Eh? Un nuevo huésped, señor, y tan educado y compuesto como un músico. Ha dormido como un sobrecargo, sí, señor, sin despegarse de mí, como dos barcos juntos, toda la noche. El doctor Livesey había saltado ya la empalizada y se acercaba al cocinero; noté una alteración en su voz, al decir:

-¿No será Jim?

– Et puis, nous avons une vraie surprise pour vous, monsieur, continua-t-il ; nous avons ici un petit visiteur… hé ! hé !… un nouveau pensionnaire, monsieur, et l’air bien portant et dispos à souhait ; il a dormi comme un subrécargue, vrai, tout à côté de John… nous sommes restés bord à bord toute la nuit.

Le docteur Livesey était alors en deçà de la palissade, et assez près du coq. Il demanda d’une voix altérée :

– Ce n’est pas Jim ?

– Si fait, répliqua Silver ; c’est Jim, et plus lui-même que jamais.

-El mismísimo Jim en persona -dijo Silver.

Le docteur s’arrêta court, mais sans mot dire, et il resta plusieurs secondes comme paralysé.

El doctor pareció quedarse perplejo; se detuvo sin decir nada, y pasaron unos segundos antes de que recobrase el ánimo suficientemente para seguir su camino.

– Bien, bien, dit-il enfin, le devoir d’abord et le plaisir ensuite, comme vous diriez vous-même, Silver. Occupons-nous de nos patients.

-Bien -dijo al fin-, bien; atendamos primero nuestro deber, ya habrá tiempo para nuestros particulares regocijos, ¿no dice usted eso siempre, Silver? Vamos a visitar a sus pacientes.

Entró en el fortín y con una severa inclinación de su cabeza me saludó, dedicándose a examinar a los enfermos.

Aunque debía saber que su vida no estaba segura entre aquellos malvados traido res, no aparentaba el menor temor y departía con los pacientes como si estuviera realizando su habitual visita en cualquier apacible hogar de Inglaterra. Creo que sus maneras produjeron en aquellos hombres una actitud respetuosa hacia él, pues lo trataban como si aún fuera el médico del barco y ellos una leal tripulación.

Un instant plus tard, il pénétrait dans le blockhaus et, m’adressant un signe de tête contraint, il se mit à l’œuvre auprès des malades. Il ne montrait aucune appréhension, bien qu’il dût savoir que sa vie, au milieu de ces traîtres démons, ne tenait qu’à un fil ; et il interpellait ses patients comme s’il eût fait une simple visite professionnelle dans un paisible intérieur d’Angleterre. Son attitude, je suppose, réagissait sur les hommes : ils se comportaient avec lui comme s’il ne s’était rien passé… comme s’il était toujours le médecin du navire, et eux des marins de l’avant fidèles à leur devoir.

-Mejorarás pronto -le dijo al de la cabeza vendada-, y si alguien ha escapado alguna vez por milagro, puedes considerarte tú el elegido; debes tener la mollera dura como el hierro. Bien, George, ¿qué tal te encuentras?

Ciertamente tienes un color que no indica nada bueno; ese hígado tuyo marcha como quiere.

– Vous allez mieux, mon ami, dit-il à l’individu à la tête bandée. Si jamais quelqu’un l’a échappé belle, c’est bien vous : il faut que vous ayez le crâne dur comme du fer. Et vous, George, comment ça marche-t-il ? Évidemment, vous êtes d’une jolie couleur, mais votre foie, mon brave, est mal arrangé. Avez-vous pris cette médecine ? A-t-il pris sa médecine, les hommes ?

¿Has tomado la medicina? ¿La ha tomado, muchachos? -preguntó. -Sí, sí, señor, la tomó, seguro -contestó Morgan.

– Si, si, monsieur, il l’a prise, affirma Morgan.

-Porque quiero que sepáis que, desde que me he convertido en médico de amotinados, o, mejor, en médico de prisión -dijo el doctor con un tono pretendidamente cortés -, he tomado como cuestión de honor no perder ni a uno de vosotros y conservaros para el rey George, que Dios guarde, y para la horca.

– Parce que, voyez-vous, depuis que je suis docteur de mutins, ou pour mieux dire médecin de prison, continua le docteur Livesey de son ton le plus doux, je me fais un point d’honneur de ne pas perdre un seul homme pour le roi George (que Dieu bénisse !) et pour la potence.

Les bandits s’entreregardèrent, mais encaissèrent ce coup droit en silence. L’un d’eux prononça :

– Dick ne se sent pas bien, monsieur.

Los rufianes se miraron entre ellos, aunque sin responder.

-¿No es así? -replicó el doctor-. Ven, Dick, en séñame la lengua. ¡Sería sorprendente que te encontrases bien! Este hombre tiene una lengua capaz de asustar a los franceses. Será tifus.

– Est-ce vrai ? répliqua le docteur. Allons, venez ici, Dick, et faites voir votre langue… Certes, je serais étonné s’il se portait bien : il a une langue à faire peur aux Français. Un nouveau cas de fièvre.

– Là, tiens ! fit Morgan. Voilà ce que c’est d’abîmer les bibles.

-¡Ahí tienes -dijo Morgan - el castigo por romper la Biblia!

-Quizá sea mejor decir -añadió el doctor- que es la consecuencia de vuestra absoluta ignorancia y no tener ni el sentido común preciso para diferenciar un aire sano de uno envenenado, y la tierra seca de una pestilente ciénaga cargada de infecciones. Lo más probable, y por supuesto sólo es mi opinión, es que muchos de vosotros pagaréis con la vida antes de lograr libraros de la malaria. ¡Acampando en los pantanos!

– Voilà ce que c’est, comme vous dites, d’être des ânes fieffés, répliqua le docteur, et de n’avoir pas assez de jugeotte pour distinguer le bon air du poison, et la terre ferme d’un vil et pestilentiel bourbier. Il me paraît fort probable (mais, bien entendu, ce n’est là qu’une opinion) que ce sera le diable pour extirper cette malaria de vos organismes. Aussi, aller camper dans une fondrière ! Silver, cela m’étonne de vous. Tout compte fait, vous n’êtes pas des plus sots, mais vous me semblez n’avoir pas la plus rudimentaire notion des règles de l’hygiène.

Me sorprende usted, Silver. Aunque parece menos tonto que los demás, no creo que tenga ni la más ligera idea de las reglas para conservar la salud... Bien -añadió, una vez que medicinó a todos y que ellos tomaron aquellos preparados con la humildad de un huerfanito en el asilo, lo que no dejaba de ser cómico en tan sanguinarios y levantiscos piratas- ; bien. Hemos acabado por hoy. Ahora quisiera hablar con ese joven.

Après les avoir médicamentés à la ronde – et ils suivaient ses prescriptions avec une docilité bien amusante, plus digne d’écoliers que de pirates – il conclut :

– Eh bien, voilà qui est fait pour aujourd’hui… Et maintenant, j’aimerais, s’il vous plaît, avoir un entretien avec ce garçon.

Et il fit dans ma direction un signe de tête négligent.

Y señaló con la cabeza hacia mí, sin darle importancia.

George Merry estaba apoyado en la puerta, escupiendo y carraspeando a causa del medicamento. Cuando escuchó las palabras del doctor, se volvió furioso y gritó:

George Merry était à la porte, où il crachait le mauvais goût de quelque médecine. À peine le docteur eut-il émis sa requête, qu’il se retourna tout rouge et lança un « non ! » accompagné d’un juron.

-¡No!-con un tremendo juramento.

Silver frappa le tonnelet du plat de sa main.

Silver golpeó en el barril con la palma de su mano.

-¡ Si- len-cio! -rugió, y miró entorno suyo con la fiereza de un león-. Doctor -dijo ya con tono más calmado-, estoy pensando en ello, porque conozco la debilidad que sentís por este briboncil lo. Y como todos estamos muy agradecidos por vuestros cuida dos, y, como podéis ver, tenemos fe en vuestros conocimientos y nos tomamos estos bebedizos como si fueran aguardiente, creo haber encontrado un medio que puede satisfacernos a todos. ¿Me das tu palabra, Hawkins, palabra de joven caballero -pues lo eres, aunque de humilde cuna-, tu palabra de honor de no cortar la amarra?

– Silence ! rugit-il. (Et il promena autour de lui un vrai regard de lion.) Docteur, continua-t-il de son ton habituel, connaissant votre faible pour ce garçon, j’y ai pensé. Nous vous sommes tous humblement reconnaissants de votre bonté ; et, comme vous voyez, nous avons confiance en vous et avalons vos produits comme si c’était du grog. Et je crois que j’ai trouvé un moyen satisfaisant pour tous. Hawkins, veux-tu me donner ta parole de jeune gentilhomme – car tu l’es, en dépit de ton humble naissance – ta parole de ne pas filer ton nœud ?

Je fis aussitôt la promesse exigée.

Le prometí, aunque con cierto -disgusto, cumplir esa palabra.

-Entonces, doctor -dijo Silver-, tened la bondad de alejaros hasta salir de la empalizada, y cuando estéis allí, yo llevaré al muchacho, y os permitiré hablar a través de los troncos. Buenos días, doctor; nuestros respetos al squire y al capitán Smollett.

– Alors, docteur, reprit Silver, vous allez sortir du retranchement, et une fois dehors, je vous amène le jeune homme tout contre les pieux, mais en dedans, et m’est avis que vous pourrez causer par les interstices. Je vous souhaite le bonjour, monsieur, et tous nos respects à M. le chevalier et au capitaine Smollett.

Pero cuando el doctor salió del fortín, la explosión de furia, que sólo las amenazadoras miradas de Silver habían contenido, rompió el dique, y no dudaron en acusar al viejo cocinero de jugar con dos barajas, de procurar una paz por separado que lo salvara a él solo, de sacrificar los intereses de la tripulación y, en una palabra, de todo aquello que, realmente, era lo que estaba haciendo. A mí me parecía un juego tan evidente, que no podía ni imaginar cómo aplacaría aquel motín. Pero Silver era capaz de imponerse a todo. Los insultó de forma irrepetible; les dijo que era necesario que yo hablase con el doctor; les hizo casi tragarse el plano de la isla, y entonces les preguntó si había alguno capaz de estropear el pacto precisamente en el instante en que casi había conseguido el tesoro.

Les récriminations unanimes que contenaient seuls les regards menaçants de Silver éclatèrent aussitôt que le docteur eut quitté la maison. Silver fut carrément accusé de jouer double jeu, d’essayer de conclure sa paix séparée, de sacrifier les intérêts de ses complices et victimes ; on l’accusa, en un mot, exactement de ce qu’il faisait. Sa trahison, dans le cas actuel, me parut si évidente que je me demandai comment il allait détourner leur colère. Mais cet homme valait à lui seul deux fois tous les autres réunis, et sa victoire de la nuit précédente lui avait rendu à leurs yeux un nouveau prestige. Il les traita de sots et de butors jusqu’à plus soif, leur dit qu’il était indispensable de me laisser causer avec le docteur, leur brandit la carte sous le nez, leur demanda s’ils allaient rompre le traité le jour même de partir à la chasse au trésor.

-¡No, por todos los temporales! -chillaba -. Romperemos el pacto en su momento. Y hasta entonces yo sé cómo tratar con ese doctor, aunque tuviera que limpiarle sus botas con aguardiente.

– Non, cré tonnerre ! lança-t-il, c’est nous qui déchirerons le traité quand le moment sera venu. Jusque-là, je veux flouer ce docteur, quand je devrais lui graisser les bottes avec du cognac.

Y les ordenó que encendiesen fuego. Después puso su mano sobre mi hombro y salimos renqueando por su muleta. Los demás se quedaron en silencio, no creo que estuvieran convencidos.

Il ordonna ensuite d’allumer le feu, et se mit en marche appuyé sur sa béquille et une main sur mon épaule. Il laissait les mutins en désarroi et réduits au silence par sa volubilité, plutôt que convaincus.

-Despacio, muchacho, despacio -me dijo-. Pueden caer sobre nosotros, si se dan cuenta de que huimos.

– Doucement, petit, doucement, fit-il. Ils nous sauteraient dessus en un clin d’œil, s’ils nous voyaient nous hâter.

Con gran compostura, pues, avanzamos por el arenal hacia donde nos aguardaba el doctor, y, al llegar a una distancia de la empalizada desde la que aquél podía oírnos, nos detuvimos.

Très posément donc nous nous dirigeâmes sur le sable vers l’endroit de la palanque où le docteur nous attendait de l’autre côté. Dès que nous fûmes à bonne distance pour nous entretenir, Silver s’arrêta.

-Os ruego que consideréis lo que voy a deciros, doctor -empezó Silver-. El muchacho os podrá confirmar mis palabras. Le he salvado la vida y me jugué con ese acto la mía. Pensad que, cuando un hombre navega tan ceñido al viento como yo - cuando se juega a cara o cruz el último aliento del cuerpo-, tiene derecho a ser oído y a alguna palabra de esperanza. Considerad que no se trata ahora sólo de mi vida, sino que está también la de este muchacho; y debéis hablarme con toda franqueza, doctor, debéis darme aunque sea una pizca de esperanza, por misericordia.

– Vous prendrez note de ceci également, docteur. De plus, le jeune homme vous dira comment je lui ai sauvé la vie, et comment j’ai été déposé pour cela. Docteur, quand un homme gouverne aussi près du vent que moi… quand il joue à pile ou face, pour ainsi dire, le dernier souffle de son corps… vous ne croirez pas trop faire, peut-être, de lui dire une parole amicale. Vous voudrez bien vous souvenir que ce n’est plus seulement ma vie, mais celle de ce garçon qui est en jeu à présent ; et vous allez me parler gentiment, docteur, et me donner un peu d’espoir pour continuer, par pitié.

Yo notaba un cambio en Silver desde que habíamos abando nado el fortín; parecía que el rostro se le había afilado y su voz era temblorosa. Nunca he visto a nadie con tanta sincera ansiedad. -¿No será, John, que tiene miedo? -preguntó Livesey.

Une fois là dehors et le dos tourné à ses amis et au blockhaus, Silver était un homme tout nouveau ; ses joues semblaient creuses et sa voix tremblait ; il parlait avec un sérieux absolu.

– Voyons, John, vous n’avez pas peur ? lui demanda le docteur Livesey.

-Yo no soy cobarde, doctor; no, ¡no! Ni siquiera esto -y chasqueó los dedos-. Pero he de confesaros con toda franque za que pensar en el patíbulo me da escalofríos. Sois un hombre bueno y leal, ¡nunca he visto uno mejor! Y no podéis olvidar que también he hecho cosas buenas, al menos recordadlas como recordáis las malas. Ahora voy a retirarme, voy a dejaros solo con jim, y recordad también este gesto, que me valga en mi cuenta, porque os aseguro que es todo lo más que da la cuerda.

– Docteur, je ne suis pas lâche ; non certes… Pas même pour ça (et il claque des doigts). D’ailleurs, si je l’étais, je n’en parlerais pas. Mais je dois reconnaître que je frissonne à l’idée de la potence. Vous êtes un homme sage… un vrai ; je n’ai jamais vu plus sage ! Et vous n’oublierez pas ce que j’ai fait de bien, pas plus que vous n’oublierez le mal. Et je me retire, comme vous voyez, et je vous laisse en tête à tête avec Jim. Et vous témoignerez de cela aussi en ma faveur, car c’est aller loin, certes.

Y diciendo esto se apartó un poco y, sentándose en las grandes raíces de un árbol cercano, empezó a silbar.

De vez en cuando lo veíamos moverse en su postura, quizá para no perdernos de vista al doctor y a mí o, más probablemente, a sus compinches, que caminaban inquietos de un lado a otro del arenal desde la hoguera, que trataban de prender, al fortín, de donde sacaban la salazón y la galleta para la comida que preparaban.

À ces mots, il se recula de quelques pas, de façon à ne plus nous entendre, et s’asseyant sur une souche, se mit à siffler. Il se retournait de temps à autre sur son siège, de façon à nous surveiller, le docteur et moi, alternativement avec ses ingouvernables forbans, qui faisaient la navette sur le sable, entre le feu qu’ils s’occupaient à rallumer, et la maison d’où ils rapportaient du lard et du biscuit pour le déjeuner.

-De modo, Jim -me dijo el doctor con cierta tristeza-, que aquí te encuentro. Estás recogiendo lo que has sembrado, hijo. Bien sabe Dios que no está en mi ánimo reprenderte, pero sí he de decirte algo, por duro que sea: bien que permaneciste en tu puesto mientras el capitán Smollett estaba sano, pero, en cuanto no pudo controlarte por estar herido, escapaste, y eso, ¡por el rey George!, fue una cobardía.

– Ainsi, Jim, me dit tristement le docteur, vous voilà ici. Le vin que vous avez tiré il faut le boire, mon garçon. Dieu sait que je n’ai pas le cœur de vous faire de reproches, mais que cela vous plaise ou non, je vous ferai remarquer ceci : quand le capitaine Smollett était bien portant, vous n’avez pas osé partir ; et vous avez attendu qu’il soit malade et dans l’impossibilité de vous empêcher… Parbleu ! c’est absolument lâche.

J’avoue que je me mis à pleurer.

Yo me eché a llorar.

-Doctor -le dije-, no necesitáis reprenderme. Bastante me he culpado yo a mí mismo. Sé que mi vida está amenazada por todos lados, y ya estaría muerto, si Silver no lo hubiera impedido. Creedme, puedo morir, doctor, y quizá sea lo que merezco, pero lo que temo es a que me den tormento. Si me torturasen...

– Docteur, dis-je, épargnez-moi. Je me suis assez fait de reproches ; ma vie est désormais condamnée, et je serais mort déjà si Silver n’avait pris mon parti. Croyez-moi, docteur, je saurai mourir… et je reconnais que je le mérite… mais je crains la torture. S’ils en viennent à me torturer…

Jim -dijo el doctor, interrumpiéndome cambiando de tono-, Jim, no hables. Salta la empalizada y huy amos.

– Jim, interrompit-il, d’un ton tout différent, Jim, je ne veux pas de ça. Sautez la palissade et filons.

– Docteur, j’ai donné ma parole.

-Doctor -dije-, he empeñado mi palabra.

-Lo sé, lo sé -exclamó-. Eso ya no puedes remediarlo, Jim. Yo echaré sobre mí, holus bolus, la culpa y el deshonor; pero, muchacho, no puedo dejarte ahí. ¡Salta! Un salto y escaparemos corriendo como si fuésemos antílopes.

– Je sais, je sais… Mais tant pis ! Je prends tout sur mon dos sans hésiter, honte et blâme, mon garçon ; mais que vous restiez ici, non. Sautez ! Un bond, et vous êtes dehors, et nous filerons comme des zèbres.

-No -repuse-; ya sabéis que, en mi lugar, vos no lo haríais; ni vos ni el square ni el capitán. Tampoco lo haré yo. Silver se ha fiado de mi palabra y volveré con él. Pero dejadme acabar. Si llegan a torturarme, seguramente terminaré por confesar dónde está el barco, porque fui yo el que lo solté, tuve suerte, me arriesgué y tuve suerte. Ahora está en la Cala del Norte, en la playa sur, más abajo de la marca de pleamar. Con media marea estará varado.

– Non, repris-je. Vous savez très bien que vous ne le feriez pas vous-même ; ni vous, ni M. le chevalier, ni le capitaine, et je ne le ferai pas non plus. Silver a confiance en moi ; j’ai donné ma parole, et je reste. Mais, docteur, vous ne m’avez pas laissé achever. S’ils en viennent à me torturer, je pourrai laisser échapper un mot et révéler où se trouve le navire ; car j’ai pris le navire, tant par hasard que par audace, et il se trouve dans la baie du Nord, sur le rivage sud, presque au niveau de la haute mer. À mi-marée, il doit être à sec.

-¡El barco! -exclamó el doctor.

– Le navire ! s’écria le docteur.

En síntesis le describí mi aventura y él me escuchó en silencio.

Je lui exposai brièvement mes aventures, et il m’écouta en silence.

-Hay como una fatalidad en todo esto -observó, cuando yo hube acabado de narrar mis correrías-. Siempre eres tú el que nos sacas de apuros. ¿Crees que, aunque sólo fuera por eso, consentiríamos por nada del mundo en dejarte perecer? Poco agradecidos seríamos, hijo mío. Tú descubriste el complot de los amotin ados; tú encontraste a Ben Gunn -que es lo mejor que has hecho o que puedas hacer en tu vida, aunque llegues a los noventa años... Ah, ¡y por Júpiter, hablando de Ben Gunn!, esto es lo peor de todo. ¡Silver! - gritó entonces-, ¡Silver! Voy a darle un consejo.

– Il y a comme un sort dans tout cela, me déclara-t-il quand j’eus fini. À chaque pas, c’est vous qui nous sauvez la vie. Croyez-vous donc par hasard que nous allons vous laisser périr ? Ce serait là une piètre récompense, mon garçon ! Vous avez découvert le complot ; vous avez trouvé Ben Gunn… le meilleur coup que vous fîtes jamais, ou que vous ferez, dussiez-vous vivre cent ans… Oh ! par Jupiter, à propos de Ben Gunn ! Vrai, ceci est le comble du malheur… Silver ! appela-t-il ; Silver ! venez, que je vous donne un avis…

Et, quand le coq se fut approché, il continua :

– Pour ce trésor, ne vous hâtez pas trop.

El cocinero se acercó.

-Procure usted retrasar la busca del tesoro.

-Señor - dijo Silver-, no puedo hacer algo que es imposible. Sólo puedo salvar la vida de este muchacho, y la mía, si precisamente doy la orden de buscar el tesoro, tenedlo por seguro.

– Ma foi, monsieur, je ferais volontiers traîner les choses, mais je ne puis, sauf votre respect, sauver ma vie et celle du garçon qu’en cherchant le trésor, je vous le garantis.

– Eh bien, Silver, puisqu’il en est ainsi, j’irai plus loin : veillez au grain, lorsque vous le trouverez.

-Bien, Silver -replicó el doctor-, pero le diré algo: esté usted preparado para una buena borrasca, cuando den con el sitio.

-Señor - dijo Silver-, entre nosotros he de deciros que esas palabras pueden significar mucho o nada. ¿Qué os traéis entre manos? ¿Por qué abandonasteis el fortín? ¿Por qué me habéis dado el mapa? Ah, no sé. ..

– Monsieur, entre nous soit dit, vous en dites trop ou pas assez. Quel est votre but, en abandonnant le blockhaus, et pourquoi vous me donnez cette carte, je n’en sais rien, moi, hein ? Et pourtant, j’ai fait à votre volonté, les yeux fermés et sans entendre un mot d’espoir. Mais ceci, non, c’est trop. Si vous ne voulez pas m’expliquer nettement ce que cela signifie, avouez-le, et je lâche la barre.

Hasta ahora os he obedecido y sin recibir una palabra de aliento. Pero esto es demasiado. Si no me decís lo que significan vuestras palabras, y con claridad, abandono el timón. -No -dijo el doctor en voz baja-, no tengo derecho a decir más. Pero voy a ir todo lo lejos que puedo, y quizá más allá, aunque el capitán me pele mi peluca, lo que me temo. Voy a darle un atisbo de esperanza, Silver: si salimos de esta trampa, haré todo lo que esté en mis manos, menos jurar en falso, para salvarle el cuello. La faz de Silver expresó una profunda alegría.

– Non, fit pensivement le docteur. Je n’ai pas le droit d’en dire plus ; ce n’est pas mon secret, Silver, voyez-vous, sinon je vous donne ma parole que je vous l’expliquerais. Mais avec vous j’irai aussi loin que je le puis, et même un peu au-delà, car ma perruque va en entendre du capitaine, si je ne me trompe. Et premièrement, je veux vous donner un peu d’espoir : Silver, si vous et moi nous sortons vivants de ce piège à loups, je ferai de mon mieux pour vous sauver, faux témoignage à part !

-No podríais verdaderamente decir más, no, señor, ni aunque fueseis mi madre - exclamó.

Silver rayonnait. Il s’écria :

– Vous ne pourriez mieux parler, j’en suis sûr, monsieur, fussiez-vous ma mère.

-Bien. Y ésa es la primera advertencia -añadió el doctor-. La segunda es un consejo: Tenga usted siempre al muchacho al lado; y si necesitáis socorro, dad un grito. Voy a regresar con los míos y a preparar ese socorro.

Creo que pruebo no hablar por hablar. Adiós, Jim.

– Voilà donc ma première concession, reprit le docteur. Ma seconde est un avis. Gardez bien le petit auprès de vous, et quand vous aurez besoin de secours, hélez. Je m’en vais de ce pas vous le chercher, et cela même vous montre que je ne parle pas en l’air… Au revoir, Jim.

Y el doctor Livesey me estrechó la mano por entre los troncos, saludó a Silver con una inclinación de cabeza y se perdió a buen paso entre los árboles.

Et le docteur Livesey me serra les mains à travers la palissade, adressa un signe de tête à Silver, et d’un pas rapide s’enfonça dans le bois.