Il ritratto di Dorian Gray.  Oscar Wilde
Capitolo 13. (Chapitre 13. )
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Uscì dalla stanza e cominciò a salire; Basil Hallward gli tenne dietro.

Camminavano senza far rumore, come si fa istintivamente di notte.

La lampada proiettava ombre fantastiche sul muro e sulla scala. Il vento che stava alzandosi fece sbattere qualche finestra.

Il sortit de la chambre, et commença à monter, Basil Hallward le suivant de près. Ils marchaient doucement, comme on fait instinctivement la nuit. La lampe projetait des ombres fantastiques sur le mur et sur l’escalier. Un vent qui s’élevait fit claquer les fenêtres.

Quando furono all'ultimo piano, Dorian posò in terra la lampada, estrasse la chiave e la fece girare nella toppa. Chiese, sottovoce: - Insisti davvero per sapere, Basil?

Lorsqu’ils atteignirent le palier supérieur, Dorian posa la lampe sur le plan-cher, et prenant sa clef, la tourna dans la serrure.

– Vous insistez pour savoir, Basil ? demanda-t-il d’une voix basse.

- Sì.

– Oui !

- Ne sono felice - rispose lui, sorridendo; poi aggiunse, con una certa spietatezza: - Sei l'unico uomo al mondo che abbia il diritto di sapere tutto sul mio conto, perché con la mia vita hai avuto a che fare molto di più di quanto tu non creda.

– J’en suis heureux, répondit-il souriant. Puis il ajouta un peu rudement :

– Vous êtes le seul homme au monde qui ayez le droit de savoir tout ce qui me concerne. Vous avez tenu plus de place dans ma vie que vous ne le pensez.

Riprese il lume, aprì la porta ed entrò. Una corrente d'aria fredda li investì e il lume, per un attimo, si contrasse in una fiammella di arancione scuro.

Et prenant la lampe il ouvrit la porte et entra. Un courant d’air froid les enve-loppa et la flamme vacillant un instant prit une teinte orange foncé. Il tressaillit...

- Chiuditi dietro la porta - sussurrò, posando la lampada sulla tavola.

– Fermez la porte derrière vous, souffla-t-il en posant la lampe sur la table.

Hallward diede un'occhiata in giro, con un'espressione incuriosita. La stanza sembrava disabitata da anni. Un arazzo fiammingo scolorito, un quadro coperto da un velario, un cassone italiano antico, ecco tutto quello che pareva contenere, oltre a una sedia e a un tavolino. Mentre Dorian Gray stava accendendo una candela consumata a metà posata sul caminetto, vide che tutta la stanza era coperta di polvere e che il tappeto era tutto buchi. Un topo spaurito corse a rifugiarsi dietro i pannelli di legno. C'era un odore umido di muffa.

Hallward regarda autour de lui, profondément étonné. La chambre paraissait n’avoir pas été habitée depuis des années. Une tapisserie flamande fanée, un tableau couvert d’un voile, une vieille cassone italienne et une grande bibliothèque vide en étaient tout l’ameublement avec une chaise et une table. Comme Dorian allumait une bougie à demi consumée posée sur la cheminée, il vit que tout était couvert de pous-sière dans la pièce et que le tapis était en lambeaux. Une souris s’enfuit effarée der-rière les lambris. Il y avait une odeur humide de moisissure.

- Dunque tu credi che Dio solo veda l'anima, Basil? Tira via quella tenda e vedrai la mia.

– Ainsi, vous croyez que Dieu seul peut voir l’âme, Basil ? Écartez ce rideau, vous allez voir la mienne !...

La voce che parlava era fredda e crudele.

Sa voix était froide et cruelle...

- Dorian - mormorò Hallward, accigliato, - sei matto o fai la commedia?

– Vous êtes fou, Dorian, ou bien vous jouez une comédie ? murmura le peintre en fronçant le sourcil.

- Non vuoi farlo? Allora bisognerà che lo faccia io - disse il giovine e strappò dalla bacchetta la tenda, gettandola in terra.

– Vous n’osez pas ? Je l’ôterai moi-même, dit le jeune homme, arrachant le ri-deau de sa tringle et le jetant sur le parquet...

Un'esclamazione di orrore uscì dalle labbra del pittore, quando vide, in quella fioca luce, il viso ripugnante che gli sogghignava dalla tela. Nell'espressione di questo c'era qualche cosa che lo riempì di disgusto e di schifo. Gran Dio! era la faccia stessa di Dorian quella che stava guardando!

Quell'orrore, qualunque esso fosse, non aveva però interamente distrutto quella mirabile bellezza; nei capelli diradati c'era ancora un po' d'oro e sulla bocca sensuale un po' di scarlatto; gli occhi deturpati avevano conservato un bel po' della dolcezza del loro azzurro; le nobili curve non erano ancora completamente scomparse da quelle narici cesellate e da quel collo plastico. Sì, era Dorian in persona; ma chi l'aveva fatto? Gli sembrava di riconoscere la sua pennellata e la cornice era quella disegnata da lui. Era un pensiero mostruoso, eppure si sentì spaventato. Prese la candela accesa e l'avvicinò al ritratto. Nell'angolo di sinistra c'era il suo nome, tracciato in lunghe lettere di un vermiglio chiaro.

Un cri d’épouvante jaillit des lèvres du peintre, lorsqu’il vit à la faible lueur de la lampe, la hideuse figure qui semblait grimacer sur la toile. Il y avait dans cette expression quelque chose qui le remplit de dégoût et d’effroi. Ciel ! Cela pouvait-il être la face, la propre face de Dorian Gray ? L’horreur, quelle qu’elle fut cependant, n’avait pas entièrement gâté cette beauté merveilleuse. De l’or demeurait dans la chevelure éclaircie et la bouche sensuelle avait encore de son écarlate. Les yeux bour-souflés avaient gardé quelque chose de la pureté de leur azur, et les courbes élégantes des narines finement ciselées et du cou puissamment modelé n’avaient pas entière-ment disparu. Oui, c’était bien Dorian lui-même. Mais qui avait fait cela ? Il lui sem-bla reconnaîtra sa peinture, et le cadre était bien celui qu’il avait dessiné. L’idée était monstrueuse, il s’en effraya !... Il saisit la bougie et l’approcha de la toile. Dans le coin gauche son nom était tracé en hautes lettres de vermillon pur...

Era una sporca parodia, una satira infame, ignobile. Non l'aveva fatto lui, eppure era il suo quadro, lo sapeva; e gli sembrò che in un attimo il suo sangue non fosse più di fuoco, ma di ghiaccio inerte.

Il suo quadro? Che significava? Perché si era alterato? Si girò e guardò Dorian Gray con gli occhi di un uomo ammalato; la sua bocca si contorse e la sua lingua arida sembrò incapace di articolare una parola. Passandosi la mano sulla fronte la sentì madida di un sudore appiccicoso.

C’était une odieuse parodie, une infâme, ignoble satire ! Jamais il n’avait fait cela... Cependant, c’était bien là son propre tableau. Il le savait, et il lui sembla que son sang, tout à l’heure brûlant, se gelait tout à coup. Son propre tableau !... Qu’est-ce que cela voulait dire ? Pourquoi cette transformation ? Il se retourna, regardant Do-rian avec les yeux d’un fou. Ses lèvres tremblaient et sa langue desséchée ne pouvait articuler un seul mot. Il passa sa main sur son front ; il était tout humide d’une sueur froide.

Il giovine, appoggiato al caminetto, lo guardava con quell'espressione che si vede a volte nel viso di coloro che sono assorti in un dramma interpretato da un grande attore. In essa non c'era né vera gioia né vero dolore, ma semplicemente la passione dello spettatore e forse un bagliore di trionfo negli occhi. Si era tolto il fiore dall'occhiello e lo annusava, o fingeva di annusarlo.

Le jeune homme était appuyé contre le manteau de la cheminée, le regardant avec cette étrange expression qu’on voit sur la figure de ceux qui sont absorbés dans le spectacle, lorsque joue un grand artiste. Ce n’était ni un vrai chagrin, ni une joie véritable. C’était l’expression d’un spectateur avec, peut-être, une lueur de triomphe dans ses yeux. Il avait ôté la fleur de sa boutonnière et la respirait avec affectation.

- Che significa questo? - gridò finalmente Hallward. La sua voce suonò stranamente stridula ai suoi stessi orecchi.

– Que veut dire tout cela ? s’écria enfin Hallward.

Sa propre voix résonna avec un éclat inaccoutumé à ses oreilles.

- Anni fa, quand'ero un ragazzo - disse Dorian Gray schiacciando il fiore nel cavo della mano, - tu mi conoscesti, mi adulasti e mi insegnasti a essere vano della mia bellezza. Un giorno mi presentasti a un tuo amico, che mi spiegò il miracolo della giovinezza, e tu finisti il mio ritratto, che mi rivelò il miracolo della bellezza. In un momento di pazzia, del quale non posso dire neppure adesso se lo deploro o no, io espressi un desiderio, o forse preferisci chiamarlo preghiera...

– Il y a des années, lorsque j’étais un enfant, dit Dorian Gray, froissant la fleur dans sa main, vous m’avez rencontré, vous m’avez flatté et appris à être vain de ma beauté. Un jour, vous m’avez présenté à un de vos amis, qui m’expliqua le miracle de la jeunesse, et vous avez fait ce portrait qui me révéla le miracle de la beauté. Dans un moment de folie que, même maintenant, je ne sais si je regrette ou non, je fis un vœu, que vous appellerez peut-être une prière...

- Lo ricordo! oh, come lo ricordo bene! Ma no, la cosa è impossibile. La stanza è umida, la muffa deve essere penetrata nella tela, oppure i colori che adoperavo contenevano qualche sciagurato veleno minerale. Ti dico che è una cosa impossibile.

– Je m’en souviens ! Oh ! comme je m’en souviens ! Non ! C’est une chose im-possible... Cette chambre est humide, la moisissure s’est mise sur la toile. Les cou-leurs que j’ai employées étaient de quelque mauvaise composition... Je vous dis que cette chose est impossible !

- Ah, che cosa è impossibile? - mormorò il giovine, andando alla finestra e premendo la fronte contro il vetro freddo, appannato dalla nebbia.

– Ah ! qu’y a-t-il d’impossible ? murmura le jeune homme, allant à la fenêtre et appuyant son front aux vitraux glacés.

- Mi dicesti che l'avevi distrutto.

– Vous m’aviez dit que vous l’aviez détruit ?

- Avevo sbagliato. E' questo che ha distrutto me.

– J’avais tort, c’est lui qui m’a détruit !

- Non credo che sia il mio ritratto.

– Je ne puis croire que c’est là mon tableau.

- Non ci ritrovi il tuo ideale? - disse Dorian, amaro.

- Il mio ideale, come tu lo chiami...

– Ne pouvez-vous y voir votre idéal ? dit Dorian amèrement.

- Come tu lo chiamavi.

– Mon idéal, comme vous l’appelez...

- In esso non c'era niente di malvagio o di ripugnante. Tu per me eri un ideale come non mi sarà mai più dato d'incontrare. Questa è la faccia di un satiro.

- E' la faccia della mia anima.

– Comme vous l’appeliez !...

– Il n’y avait rien de mauvais en lui, rien de honteux ; vous étiez pour moi un idéal comme je n’en rencontrerai plus jamais... Et ceci est la face d’un satyre.

- Dio! che cosa avevo dunque adorato! Gli occhi sono gli occhi di un diavolo.

– C’est la face de mon âme !

– Seigneur ! Quelle chose j’ai idolâtrée ! Ce sont les yeux d’un démon !...

- Basil, ognuno di noi porta in se stesso il cielo e l'inferno esclamò Dorian con un gesto furioso di disperazione.

– Chacun de nous porte en lui le ciel et l’enfer, Basil, s’écria Dorian, avec un geste farouche de désespoir...

Hallward si girò di nuovo verso il ritratto e lo riguardò.

Hallward se retourna vers le portrait et le considéra.

- Dio mio! - disse - se è vero, e se questo è quello che tu hai fatto della tua vita, allora devi essere anche peggiore di quello che si immaginano coloro che parlano male di te!

– Mon Dieu ! si c’est vrai, dit-il, et si c’est là ce que vous avez fait de votre vie, vous devez être encore plus corrompu que ne l’imaginent ceux qui parlent contre vous !

Tornò ad avvicinare il lume alla tela e la esaminò. La superficie sembrava del tutto inalterata, come lui l'aveva lasciata; evidentemente la bruttura e l'orrore provenivano dall'interno.

Attraverso una strana accelerazione della vita interiore, la lebbra del peccato stava divorandolo lentamente, e il disfacimento di un cadavere in una tomba umida non era ugualmente spaventoso.

Il approcha de nouveau la bougie pour mieux examiner la toile. La surface semblait n’avoir subi aucun changement, elle était telle qu’il l’avait laissée. C’était du dedans, apparemment, que la honte et l’horreur étaient venues. Par le moyen de quelque étrange vie intérieure, la lèpre du péché semblait ronger cette face. La pour-riture d’un corps au fond d’un tombeau humide était moins effrayante !...

La mano gli tremò e la candela cadde dal candeliere sul pavimento, dove rimase scoppiettante. La spense posandovi il piede sopra, poi si lasciò cadere sulla sedia malferma posta vicino al tavolino e si nascose il volto tra le mani.

Sa main eut un tremblement et la bougie tomba du chandelier sur le tapis où elle s’écrasa. Il posa le pied dessus la repoussant. Puis il se laissa tomber dans le fau-teuil près de la table et ensevelit sa face dans ses mains.

- Buon Dio, che lezione, che tremenda lezione! - Non ottenne risposta; ma poteva sentire il giovane singhiozzare vicino alla finestra. - Prega, Dorian, prega - mormorò. - Che cosa ci hanno insegnato a dire da bambini? "Non ci indurre in tentazione; perdonaci i nostri peccati; mondaci delle nostre iniquità." Diciamo insieme queste parole. La preghiera del tuo orgoglio è stata esaudita; quella del tuo pentimento sarà forse esaudita. Ti adoravo troppo e ne siamo stati entrambi puniti.

Dorian Gray si girò lentamente e lo guardò cogli occhi imperlati di lacrime. - E' troppo tardi, Basil - balbettò.

– Bonté divine ! Dorian, quelle leçon ! quelle terrible leçon !

Il n’y eut pas de réponse, mais il put entendre le jeune homme qui sanglotait à la fenêtre.

– Prions ! Dorian, prions ! murmura t-il.... Que nous a-t-on appris à dire dans notre enfance ? « Ne nous laissez pas tomber dans la tentation. Pardonnez-nous nos pêchés, purifiez-nous de nos iniquités ! » Redisons-le ensemble. La prière de votre orgueil a été entendue ; la prière de votre repentir sera aussi entendue ! Je vous ai trop adoré ! J’en suis puni. Vous vous êtes trop aimé... Nous sommes tous deux pu-nis !

Dorian Gray se retourna lentement et le regardant avec des yeux obscurcis de larmes.

- Non è mai troppo tardi, Dorian. Mettiamoci in ginocchio e vediamo se possiamo ricordarci una preghiera. Non c'è in qualche punto un versetto che dice: "Per quanto scarlatti siano i tuoi peccati, io li renderò candidi come la neve"?

- Ormai per me queste parole non significano più niente.

– Il est trop tard, Basil, balbutia t-il.

– Il n’est jamais trop tard, Dorian ! Agenouillons-nous et essayons de nous rappeler une prière. N’y a-t-il pas un verset qui dit : « Quoique vos péchés soient comme l’écarlate, je les rendrai blancs comme la neige » ?

- Taci! non parlare così. Il male che hai già fatto nella tua vita è sufficiente. Mio Dio, ma non vedi quella cosa maledetta che sogghigna verso di noi?

– Ces mots n’ont plus de sens pour moi, maintenant !

– Ah ! ne dites pas cela. Vous avez fait assez de mal dans votre vie. Mon Dieu ! Ne voyez-vous pas cette maudite face qui nous regarde ?

Dorian Gray guardò il ritratto e immediatamente lo prese un senso incontrollabile di odio contro Basil Hallward, come se glielo avesse suggerito l'immagine sulla tela, come se glielo avessero sussurrato all'orecchio quelle labbra ghignanti. Diede una rapida occhiata in giro. Lo sguardo gli cadde su qualche cosa che luccicava sul cassone dipinto che gli stava di fronte. Sapeva cos'era.

Era un coltello che aveva portato con sé qualche giorno prima per tagliare un pezzo di corda e che si era dimenticato di riportare via. Si mosse lentamente in quella direzione, passando accanto a Hallward. Appena fu dietro di lui l'afferrò e si girò.

Hallward si muoveva sulla sedia come se fosse sul punto di alzarsi. Gli fu sopra e affondò il coltello nella grande vena che sta dietro l'orecchio, premendo in giù sul tavolino la testa dell'uomo e vibrando un colpo dopo l'altro.

Dorian Gray regarda le portrait, et soudain, un indéfinissable sentiment de haine contre Basil Hallward s’empara de lui, comme s’il lui était suggéré par cette figure peinte sur la toile, soufflé dans son oreille par ces lèvres grimaçantes... Les sauvages instincts d’une bête traquée s’éveillaient en lui et il détesta cet homme assis à cette table plus qu’aucune chose dans sa vie !... Il regarda farouchement autour de lui... Un objet brillait sur le coffre peint en face de lui. Son œil s’y arrêta. Il se rappela ce que c’était : un couteau qu’il avait monté, quelques jours avant pour couper une corde et qu’il avait oublié de remporter. Il s’avança doucement, passant près d’Hallward. Arrivé derrière celui-ci, il prit le couteau et se retourna... Hallward fit un mouvement comme pour se lever de son fauteuil... Dorian bondit sur lui, lui enfonça le couteau derrière l’oreille, tranchant la carotide, écrasant la tête contre la table et frappant à coups furieux...

Ci fu un gemito soffocato e il suono orribile di chi affoga nel sangue. Le braccia tese si alzarono convulsamente tre volte, agitando nell'aria le mani con le dita contratte in maniera grottesca. Gli inferse altri due colpi, ma l'uomo non si mosse.

Qualche cosa cominciava a gocciolare sul pavimento. Aspettò ancora un momento, continuando a premere la testa all'ingiù, poi gettò il coltello sul tavolino e rimase in ascolto.

Il y eut un gémissement étouffé et l’horrible bruit du sang dans la gorge. Trois fois les deux bras s’élevèrent convulsivement, agitant grotesquement dans le vide deux mains aux doigts crispés... Il frappa deux fois encore, mais l’homme ne bougea plus. Quelque chose commença à ruisseler par terre. Il s’arrêta un instant appuyant toujours sur la tête... Puis il jeta le couteau sur la table et écouta.

Non sentì niente, eccetto quel rumore di gocce che cadevano sul tappeto logoro. Aprì la porta e uscì sul pianerottolo. In casa il silenzio era completo; nessuno si muoveva. Rimase chino per qualche secondo sulla ringhiera, frugando in giù con lo sguardo quel pozzo di oscurità, nero di tenebre; poi tirò fuori la chiave, ritornò nella stanza e vi si chiuse dentro.

Ancora seduto sulla sedia e allungato sul tavolino, con la testa china, il dorso incurvato e braccia di una lunghezza fantastica, se non fosse stato per quel buco rosso e slabbrato sulla nuca e per la pozza nera e grumosa che andava lentamente allargandosi sul tavolino, si sarebbe potuto dire che l'uomo fosse semplicemente addormentato.

Il n’entendit rien qu’un bruit de gouttelettes tombant doucement sur le tapis usé. Il ouvrit la porte et sortit sur le palier. La maison était absolument tranquille. Il n’y avait personne. Quelques instants, il resta penché sur la rampe cherchant à percer l’obscurité profonde et silencieuse du vide. Puis il ôta la clef de la serrure, rentra et s’enferma dans la chambre... L’homme était toujours assis dans le fauteuil, gisant contre la table, la tête penchée, le dos courbé, avec ses bras longs et fantastiques. N’eût été le trou rouge et béant du cou, et la petite mare de caillots noirs qui s’élargissait sur la table, on aurait pu croire que cet homme était simplement endor-mi.

Come tutto si era svolto in un lampo! Si sentiva stranamente calmo; andò alla finestra, l'aprì e uscì sul balcone. Il vento aveva spazzato la nebbia e il cielo era come una mostruosa coda di pavone costellata di miriadi di occhi d'oro. Guardando in giù vide la guardia in perlustrazione che proiettava sulle porte delle case silenziose il lungo raggio della sua lanterna. La macchia violacea di una vettura in cammino comparve sull'angolo, poi svanì. Una donna con uno scialle svolazzante camminava lentamente presso le cancellate, barcollando; di tanto in tanto si fermava e si guardava indietro; a un tratto cominciò a cantare, con voce rauca.

La guardia le si avvicinò e le disse qualcosa, e lei, con una risata, riprese il suo incerto cammino.

Un vento freddo spazzava la piazza; le luci del gas oscillavano e diventavano turchine e gli alberi spogli agitavano qua e in là i rami che sembravano di ferro nero. Rabbrividì e tornò dentro chiudendosi dietro la finestra.

Comme cela avait été vite fait !... Il se sentait étrangement calme, et allant vers la fenêtre, il l’ouvrit et s’avança sur le balcon. Le vent avait balayé le brouillard et le ciel était comme la queue monstrueuse d’un paon, étoilé de myriades d’yeux d’or. Il regarda dans la rue et vit un policeman qui faisait sa ronde, dardant les longs rais de lumière de sa lanterne sur les portes des maisons silencieuses. La lueur cramoisie d’un coupé qui rôdait éclaira le coin de la rue, puis disparut. Une femme enveloppée d’un châle flottant se glissa lentement le long des grilles du square ; elle avançait en chancelant. De temps en temps, elle s’arrêtait pour regarder derrière elle ; puis, elle entonna une chanson d’une voix éraillée. Le policeman courut à elle et lui parla. Elle s’en alla en trébuchant et en éclatant de rire... Une bise âpre passa sur le square. Les lumières des gaz vacillèrent, blêmissantes, et les arbres dénudés entrechoquèrent leurs branches rouillées. Il frissonna et rentra en fermant la fenêtre...

Arrivato alla porta girò la chiave e l'aprì. Non diede neppure un'occhiata all'uomo assassinato.

Ebbe la sensazione che tutto il segreto della cosa stava nel non rendersi conto della situazione.

L'amico che aveva dipinto il fatale ritratto al quale era dovuta tutta la sua miseria, era uscito dalla sua vita: nient'altro.

Arrivé à la porte, il tourna la clef dans la serrure et ouvrit. Il n’avait pas jeté les yeux sur l’homme assassiné. Il sentit que le secret de tout cela ne changerait pas sa situation. L’ami qui avait peint le fatal portrait auquel toute sa misère était due était sorti de sa vie. C’était assez...

Poi gli venne in mente la lampada. Era piuttosto curiosa, un lavoro moresco d'argento opaco, damaschinato di arabeschi di acciaio brunito, tempestato di rozze turchesi. Forse il servitore ne avrebbe notato la mancanza e avrebbe fatto delle domande. Esitò un attimo, poi tornò indietro e la prese dal tavolo. Non poté non vedere quella cosa morta. Come era immobile! Come sembravano orribilmente bianche le mani! Sembrava una spaventosa figura di cera.

Alors il se rappela la lampe. Elle était d’un curieux travail mauresque, faite d’argent massif incrustée d’arabesques d’acier bruni et ornée de grosses turquoises. Peut-être son domestique remarquerait-il son absence et des questions seraient po-sées... Il hésita un instant, puis rentra et la prit sur la table. Il ne put s’empêcher de regarder le mort. Comme il était tranquille ! Comme ses longues mains étaient horri-blement blanches ! C’était une effrayante figure de cire...

Dopo essersi chiusa la porta alle spalle, scese tranquillamente da basso. Il legno degli scalini scricchiolava e sembrava gemere di dolore. Si fermò parecchie volte, in attesa, ma tutto era tranquillo; non era che il rumore dei suoi passi. Giunto nella biblioteca, vide nell'angolo la valigia e il pastrano. Bisognava nasconderli in qualche posto. Aprì un ripostiglio segreto posto in un pannello della parete, un ripostiglio nel quale custodiva i propri curiosi travestimenti e ve li chiuse dentro. Gli sarebbe stato facile bruciarli più tardi. Poi tirò fuori l'orologio. Erano le due e venti.

Ayant fermé la porte derrière lui, il descendit l’escalier tranquillement. Les marches craquaient sous ses pieds comme si elles eussent poussé des gémissements. Il s’arrêta plusieurs fois et attendit... Non, tout était tranquille... Ce n’était que le bruit de ses pas...

Lorsqu’il fut dans la bibliothèque, il aperçut la valise et le pardessus dans un coin. Il fallait les cacher quelque part. Il ouvrit un placard secret dissimulé dans les boiseries où il gardait ses étranges déguisements ; il y enferma les objets. Il pourrait facilement les brûler plus tard. Alors il tira sa montre. Il était deux heures moins vingt.

Si sedette e cominciò a riflettere. Ogni anno, quasi ogni mese, in Inghilterra c'erano degli uomini che venivano impiccati per quello che aveva fatto lui. C'era stata una follia omicida nell'aria; qualche stella rossa si era avvicinata troppo alla terra. Ma che prove c'erano contro di lui? Basil Hallward era uscito da quella casa alle undici e nessuno l'aveva visto rientrare; la servitù era quasi tutta a Selby Royal e il suo domestico era andato a letto...

Parigi! Sì, Basil Hallward era andato a Parigi col treno di mezzanotte, come ne aveva espresso l'intenzione. Date le sue curiose abitudini di riservatezza, prima che nascesse un sospetto sarebbero passati dei mesi. Mesi! Serviva molto meno tempo per distruggere ogni cosa.

Il s’assit et se mit à réfléchir... Tous les ans, tous les mois presque, des hommes étaient pendus en Angleterre pour ce qu’il venait de faire... Il y avait comme une folie de meurtre dans l’air. Quelque rouge étoile s’était approchée trop près de la terre... Et puis, quelles preuves y aurait-il contre lui ? Basil Hallward avait quitté sa maison à onze heures. Personne ne l’avait vu rentrer. La plupart des domestiques étaient à Selby Royal. Son valet était couché... Paris ! Oui. C’était à Paris que Basil était parti et par le train de minuit, comme il en avait l’intention. Avec ses habitudes particulières de réserve, il se passerait des mois avant que des soupçons pussent naître. Des mois ! Tout pouvait être détruit bien avant...

Un'idea gli balenò di colpo alla mente. Indossò la pelliccia, si mise in testa il cappello e uscì nell'ingresso. Qui si fermò perché sentiva di fuori, sul marciapiede, il passo pesante della guardia e vedeva riflettersi sulle finestre il chiarore della sua lanterna. Aspettò, trattenendo il respiro.

Une idée subite lui traversa l’esprit. Il mit sa pelisse et son chapeau et sortit dans le vestibule. Là, il s’arrêta, écoutant le pas lourd et ralenti du policeman sur le trottoir en face et regardant la lumière de sa lanterne sourde qui se reflétait dans une fenêtre. Il attendit, retenant sa respiration...

Dopo un po' tirò indietro il saliscendi e sgusciò fuori, chiudendosi dietro pianissimo la porta, poi cominciò a suonare il campanello. Dopo circa cinque minuti apparve il domestico, mezzo vestito e con un'aria molto assonnata.

Après quelques instants, il tira le loquet et se glissa dehors, fermant la porte tout doucement derrière lui. Puis il sonna... Au bout de cinq minutes environ, son domestique apparut, à moitié habillé, paraissant tout endormi.

- Mi spiace di avervi svegliato, Francis - disse entrando, - ma avevo dimenticato la chiave. Che ore sono?

– Je suis fâché de vous avoir réveillé, Francis, dit-il en entrant, mais j’avais ou-blié mon passe-partout. Quelle heure est-il ?...

- Le due e dieci, signore - rispose l'uomo, guardando l'orologio a pendolo e battendo le palpebre.

– Deux heures dix, monsieur, répondit l’homme regardant la pendule et cligno-tant des yeux.

- Le due e dieci! Com'è tardi! Domani mattina mi dovete svegliare alle nove; ho qualche cosa da fare.

– Deux heures dix ! Je suis horriblement en retard ! Il faudra m’éveiller demain à neuf heures, j’ai quelque chose à faire.

– Très bien, monsieur.

- Benissimo, signore.

– Personne n’est venu ce soir ?

- E' venuto nessuno stasera?

- Sì, il signor Hallward. E' rimasto fino alle undici e poi se ne è andato per prendere il treno.

– Mr Hallward, monsieur. Il est resté ici jusqu’à onze heures, et il est parti pour prendre le train.

- Oh, mi dispiace di non averlo visto. Ha lasciato detto qualche cosa?

– Oh ! je suis fâché de ne pas l’avoir vu. A-t-il laissé un mot ?

- Nossignore, soltanto che se non vi trovava al circolo vi avrebbe scritto da Parigi.

– Non, monsieur, il a dit qu’il vous écrirait de Paris, s’il ne vous retrouvait pas au club.

- Va bene. Non dimenticate di chiamarmi domani mattina alle nove.

– Très bien, Francis. N’oubliez pas de m’appeler demain à neuf heures.

- Nossignore.

– Non, monsieur.

L'uomo, in pantofole, scivolò giù nel corridoio.

L’homme disparut dans le couloir, en traînant ses savates.

Dorian Gray gettò cappello e pastrano sulla tavola ed entrò nella biblioteca. Passeggiò su e giù per la stanza per un quarto d'ora, mordendosi le labbra e riflettendo; poi prese da uno degli scaffali il libro degli indirizzi e cominciò a sfogliarlo. "Alan Campbell, 152, Hertford Street, Mayfair." Sì, era quello l'uomo che gli serviva.

Dorian Gray jeta son pardessus et son chapeau sur une table et entra dans la bibliothèque. Il marcha de long en large pendant un quart d’heure, se mordant les lèvres, et réfléchissant. Puis il prit sur un rayon le Blue Book et commença à tourner les pages... « Alan Campbell, 152, Hertford Street, Mayfair ». Oui, c’était là l’homme qu’il lui fallait...