Le Portrait de Dorian Gray.  Oscar Wilde
Chapitre 19. (Kapitel 19. )
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– Pourquoi me dire que vous voulez devenir bon ? s’écria lord Henry, trempant ses doigts blancs dans un bol de cuivre rouge rempli d’eau de rosé. Vous êtes absolu-ment parfait. Ne changez pas, de grâce...

»Es hat keinen Sinn, daß du mir sagst, du willst gut werden,« rief Lord Henry und tauchte seine Finger in eine rote Kupferschale, die mit Rosenwasser gefüllt war. »Du bist vollkommen! Bitte, werde nicht anders.«

Dorian Gray hocha la tête :

– Non, Harry. J’ai fait trop de choses abominables dans ma vie ; je n’en veux plus faire. J’ai commencé hier mes bonnes actions.

Dorian Gray schüttelte den Kopf. »Nein, Harry, ich habe zu viel furchtbare Dinge im Leben getan. Ich will keine mehr tun. Ich fing gestern damit an, Gutes zu tun.«

– Où étiez-vous hier ?

»Wo warst du gestern?«

– À la campagne, Harry... Je demeurais dans une petite auberge.

»Auf dem Lande, Harry. Ich war allein in einem kleinen Dorfwirtshaus.«

– Mon cher ami, dit lord Henry en souriant, tout le monde peut être bon à la campagne ; on n’y trouve point de tentations... C’est pourquoi les gens qui vivent hors de la ville sont absolument incivilisés ; la civilisation n’est d’aucune manière, une chose facile à atteindre. Il n’y a que deux façons d’y arriver : par la culture ou la cor-ruption. Les gens de la campagne n’ont aucune occasion d’atteindre l’une ou l’autre ; aussi stagnent-ils...

»Lieber Junge,« sagte Lord Henry lächelnd, »auf dem Lande kann jeder gut sein. Da gibt es keine Versuchungen. Das ist der Grund, warum die Leute, die nicht in der Stadt wohnen, so ganz und gar ohne Kultur sind. Kultur ist eine Sache, die keineswegs leicht zu erreichen ist. Es gibt nur zwei Wege, zu ihr zu kommen. Der eine heißt Bildung, der andere Verdorbenheit. Die Leute auf dem Lande haben zu beiden keine Gelegenheit, darum versumpfen sie.«

– La culture ou la corruption, répéta Dorian... Je les ai un peu connues. Il me semble terrible, maintenant, que ces deux mots puissent se trouver réunis. Car j’ai un nouvel idéal, Harry. Je veux changer ; je pense que je le suis déjà.

»Bildung und Verdorbenheit,« wiederholte Dorian. »Ich habe sie beide kennen gelernt. Es scheint mir jetzt schrecklich, daß man sie immer zusammen findet. Denn ich habe ein neues Ideal, Harry. Ich werde anders werden. Ich glaube, ich bin anders geworden.«

– Vous ne m’avez pas encore dit quelle était votre bonne action ; ou bien me di-siez-vous que vous en aviez fait plus d’une ? demanda son compagnon pendant qu’il versait dans son assiette une petite pyramide cramoisie de fraises aromatiques, et qu’il la neigeait de sucre en poudre au moyen d’une cuiller tamisée en forme de co-quille.

»Du hast mir noch nicht erzählt, was du Gutes getan hast. Wie war es doch? Einmal oder öfter hast du etwas Gutes getan?« fragte sein Gefährte und nahm sich eine kleine rote Pyramide Erdbeeren auf seinen Teller, auf die er aus einem muschelförmigen durchlöcherten Löffel weißen Zucker streute.

– Je puis vous la dire, Harry. Ce n’est pas une histoire que je raconterai à tout le monde... J’ai épargné une femme. Cela semble vain, mais vous comprendrez ce que je veux dire... Elle était très belle et ressemblait étonnamment à Sibyl Vane. Je pense que c’est cela qui m’attira vers elle. Vous vous souvenez de Sibyl, n’est-ce pas ? Comme cela me semble loin !... Hetty n’était pas de notre classe, naturellement ; c’était une simple fille de village. Mais je l’aimais réellement ; je suis sûr que je l’aimais. Pendant ce merveilleux mois de mai que nous avons eu, j’avais pris l’habitude d’aller la voir deux ou trois fois pas semaine. Hier, elle me rencontra dans un petit verger. Les fleurs de pommier lui couvraient les cheveux et elle riait. Nous devions partir ensemble ce matin à l’aube... Soudainement, je me décidai à la quitter, la laissant fleur comme je l’avais trouvée...

»Ich kann es dir erzählen, Harry. Es ist eine Geschichte, die ich niemand sonst erzählen könnte. Ich habe einen Menschen geschont. Es klingt eitel, aber du verstehst, was ich meine. Sie war sehr schön und hatte eine wunderbare Ähnlichkeit mit Sibyl Vane. Ich glaube, das war es, was mich zuerst anzog. Du erinnerst dich an Sibyl, nicht wahr? Wie lange das her ist! Nun Hetty gehörte natürlich nicht unserm Stande an. Sie war nichts weiter als ein Dorfmädchen. Aber ich liebte sie wirklich. Ich bin sicher, daß ich sie liebte. Während dieses ganzen wundervollen Monats Mai, den wir gehabt haben, ritt ich hinaus und sah sie zwei-, dreimal in der Woche. Gestern erwartete sie mich in einem kleinen Obstgarten. Die Apfelblüten fielen auf ihr Haar hernieder, und sie lächelte. Diesen Morgen vor Sonnenaufgang sollte sie mit mir kommen. Plötzlich entschloß ich mich, sie so einer Blume gleich zu lassen, wie ich sie gefunden hatte.«

– J’aime à croire que la nouveauté de l’émotion doit vous avoir donné un fris-son de vrai plaisir, Dorian, interrompit lord Henry. Mais je puis finir pour vous votre idylle. Vous lui avez donné de bons conseils et... brisé son cœur... C’était le commen-cement de votre réforme ?

»Ich glaube, das Ungewohnte, das du dabei empfunden hast, muß ein richtiger Wollustschauer für dich gewesen sein, Dorian,« unterbrach Lord Henry. »Aber ich kann dein Idyll für dich zu Ende erzählen. Du gabst ihr gute Ratschläge und brachst ihr das Herz. Das war der Anfang deiner Besserung.«

– Harry, vous êtes méchant ! Vous ne devriez pas dire ces choses abominables. Le cœur d’Hetty n’est pas brisé ; elle pleura, cela s’entend, et ce fut tout. Mais elle n’est point déshonorée ; elle peut vivre, comme Perdita, dans son jardin où poussent la menthe et le souci.

»Harry, du bist schrecklich! Du mußt nicht so abscheuliche Dinge sagen. Hettys Herz ist nicht gebrochen. Natürlich weinte sie und so weiter. Aber keine Schande ist über sie gekommen. Sie kann wie Perdita in ihrem Garten bei Krauseminze und Ringelblumen weiterleben.«

– Et pleurer sur un Florizel sans foi, ajouta lord Henry en riant et se renversant sur le dossier de sa chaise. Mon cher Dorian, vos manières sont curieusement enfan-tines... Pensez-vous que désormais, cette jeune fille se contentera de quelqu’un de son rang... Je suppose qu’elle se mariera quelque jour à un rude charretier ou à un paysan grossier ; le fait de vous avoir rencontré, de vous avoir aimé, lui fera détester son mari, et elle sera malheureuse. Au point de vue moral, je ne puis dire que j’augure bien de votre grand renoncement... Pour un début, c’est pauvre... En outre savez-vous si le corps d’Hetty ne flotte pas à présent dans quelque étang de moulin, éclairé par les étoiles, entouré par des nénuphars, comme Ophélie ?...

»Und über einen treulosen Florizel weinen,« sagte Lord Henry lachend und lehnte sich in den Stuhl zurück. »Lieber Dorian, du hast ganz seltsam knabenhafte Anwandlungen. Glaubst du, dieses Mädchen wird je mit einem ihres eigenen Standes glücklich werden? Ich nehme an, sie wird eines Tages mit irgendeinem rohen Fuhrmann oder einem groben Bauern verheiratet. Schön, die Tatsache, daß sie dich gekannt und dich geliebt hat, wird sie dazu bringen, ihren Mann zu verachten, und sie wird sich unglücklich fühlen. Vom moralischen Standpunkt kann ich nicht sagen, daß ich von deiner großen Entsagung viel halte. Selbst als Anfang betrachtet ist sie kümmerlich. Überdies, wie willst du wissen, ob Hetty nicht in diesem Augenblick in einem Mühlwasser liegt, in das die Sterne scheinen, und liebliche Wasserlilien um sich hat wie Ophelia?«

– Je ne veux penser à cela, Harry ? Vous vous moquez de tout, et, de cette fa-çon, vous suggérez les tragédies les plus sérieuses... Je suis désolé de vous en avertir, mais je ne fais plus attention à ce que vous me dites. Je sais que j’ai bien fait d’agir ainsi. Pauvre Hetty : Comme je me rendais à cheval à la ferme, ce matin, j’aperçus sa figure blanche à la fenêtre, comme un bouquet de jasmin. Ne parlons plus de cela, et n’essayez pas de me persuader que la première bonne action que j’aie faite depuis des années, le premier petit sacrifice de moi-même que je me connaisse, soit une sorte de péché. J’ai besoin d’être meilleur. Je deviens meilleur... Parlez-moi de vous. Que dit-on à la ville ? Je n’ai pas été au club depuis plusieurs jours.

»Ich kann das nicht ertragen, Harry! Du spottest über alles und hast deinen Spaß damit, und dann deutest du auf die ernstesten Tragödien. Es tut mir jetzt leid, daß ich dir die Sache erzählte. Ich kümmere mich nicht um das, was du sagst. Ich weiß, ich habe recht gehandelt. Arme Hetty! Als ich heute morgen an dem Gehöft vorbeiritt, sah ich ihr blasses Gesicht am Fenster. Es sah aus wie ein Zweig Jasmin. Wir wollen nicht weiter davon sprechen. Mache keinen Versuch, mich zu überreden, daß das erste Gute, was ich seit Jahren getan habe, das erste kleine Opfer, das ich je gebracht habe, tatsächlich eine Art Sünde sei. Ich will besser werden. Erzähle mir etwas von dir! Was ist in der Stadt los? Ich bin tagelang nicht im Klub gewesen.«

»Die Leute erörtern immer noch das Verschwinden des armen Basil.«

– On parle encore de la disparition de ce pauvre Basil.

– J’aurais cru qu’on finirait par s’en fatiguer, dit Dorian se versant un peu de vin, et fronçant légèrement les sourcils.

»Ich hätte gedacht, sie könnten in all der Zeit genug davon bekommen haben,« sagte Dorian mit leichtem Stirnrunzeln und goß sich etwas Wein ein.

– Mon cher ami, on n’a parlé de cela que pendant six semaines, et le public an-glais n’a pas la force de supporter plus d’un sujet de conversation tous les trois mois. Il a été cependant assez bien partagé, récemment : il y a eu mon propre divorce, et le suicide d’Alan Campbell ; à présent, c’est la disparition mystérieuse d’un artiste. On croit à Scotland-Yard que l’homme à l’ulster gris qui quitta Londres pour Paris, le neuf novembre, par le train de minuit, était ce pauvre Basil, et la police française déclare que Basil n’est jamais venu à Paris. J’aime à penser que dans une quinzaine, nous apprendrons qu’on l’a vu à San-Francisco. C’est une chose bizarre, mais on voit à San-Francisco toutes les personnes qu’on croit disparues. Ce doit être une ville délicieuse ; elle possède toutes les attractions du monde futur...

»Mein Lieber, sie reden erst seit sechs Wochen davon, und das englische Publikum ist wirklich nicht der Anspannung des Geistes fähig, mehr als ein Thema im Vierteljahr zu haben. Sie haben in letzter Zeit viel Glück gehabt. Sie hatten meinen Ehescheidungsprozeß und Alan Campbells Selbstmord. Jetzt haben sie das geheimnisvolle Verschwinden eines Künstlers bekommen. Die hiesige Polizei bleibt hartnäckig dabei, daß der Mann in dem grauen Ulstermantel, der am 9. November mit dem Zwölfuhrzug nach Paris gereist ist, der arme Basil gewesen ist, und die französische Polizei erklärt, Basil sei überhaupt nie in Paris angekommen. Vermutlich erfahren wir in etwa vierzehn Tagen, er sei in San Francisco gesehn worden. Es ist eine kuriose Sache, aber von jedem, der verschwindet, heißt es, man habe ihn in San Francisco gesehn. Es muß eine entzückende Stadt sein und all die Anziehungskraft der künftigen Welt besitzen.«

– Que pensez-vous qu’il soit arrivé à Basil ? demanda Dorian levant son verre de Bourgogne à la lumière et s’émerveillant lui-même du calme avec lequel il discutait ce sujet.

»Was glaubst du, daß Basil zugestoßen ist?« fragte Dorian, der seinen Burgunder gegen das Licht hielt und sich wunderte, wie es kam, daß er so ruhig über die Sache plaudern konnte.

– Je n’en ai pas la moindre idée. Si Basil veut se cacher, ce n’est point là mon affaire. S’il est mort... je n’ai pas besoin d’y penser. La mort est la seule chose qui m’ait jamais terrifié. Je la hais !...

»Ich habe nicht die geringste Ahnung. Wenn Basil Gefallen daran findet, sich versteckt zu halten, kümmert es mich nicht. Wenn er tot ist, will ich nicht an ihn denken. Der Tod ist das einzige, wovor ich Angst habe. Ich hasse ihn.«

»Warum?« fragte Dorian müde.

– Pourquoi, dit paresseusement l’autre.

– Parce que, répondit lord Henry en passant sous ses narines le treillis doré d’une boîte ouverte de vinaigrette, on survit à tout de nos jours, excepté à cela. La mort et la vulgarité sont les deux seules choses au dix-neuvième siècle que l’on ne peut expliquer... Allons prendre le café dans le salon, Dorian. Vous me jouerez du Chopin. Le gentleman avec qui ma femme est partie interprétait Chopin d’une ma-nière exquise... Pauvre Victoria !... Je l’aimais beaucoup ; la maison est un peu triste sans elle. La vie conjugale est simplement une habitude, une mauvaise habitude. Mais on regrette même la perte de ses mauvaises habitudes ; peut être est-ce celles-là que l’on regrette le plus ; elles sont une partie essentielle de la personnalité.

»Darum,« sagte Lord Henry und führte eine offene Riechdose zur Nase, »weil man heutzutage alles überleben kann außer dem Tod. Tod und Philistertum sind im neunzehnten Jahrhundert die beiden einzigen Tatsachen, die man nicht forterklären kann. Wir wollen den Kaffee im Musikzimmer trinken, Dorian. Du mußt mir Chopin spielen. Der Mann, mit dem meine Frau durchbrannte, spielte wundervoll Chopin. Arme Viktoria! ich hatte sie sehr gern. Das Haus ist ohne sie recht einsam. Natürlich ist das Eheleben nur eine Gewohnheit, eine schlechte Gewohnheit. Aber schließlich beklagt man den Verlust auch seiner übelsten Gewohnheiten. Vielleicht vermißt man sie am meisten. Sie sind ein wesentlicher Teil unserer Persönlichkeit.«

Dorian ne dit rien, mais se levant de table, il passa dans la chambre voisine, s’assit au piano et laissa ses doigts errer sur les ivoires blancs et noirs des touches. Quand on apporta le café, il s’arrêta, et regardant lord Henry, lui dit :

Dorian sagte nichts, sondern stand vom Tisch auf, ging ins nächste Zimmer, setzte sich ans Klavier und ließ seine Finger über die weiß und schwarzen Elfenbeintasten gleiten. Als der Kaffee gebracht wurde, hielt er inne, sah zu Lord Henry hinüber und sagte: »Harry, ist dir je eingefallen, Basil könnte ermordet worden sein?«

– Harry, ne vous est-il jamais, venu à l’idée que Basil avait été assassiné ?

Lord Henry eut un bâillement :

– Basil était très connu et portait toujours une montre Waterbury... Pourquoi l’aurait-on assassiné ? Il n’était pas assez habile pour avoir des ennemis ; je ne parle pas de son merveilleux talent de peintre ; mais un homme peut peindre comme Ve-lasquez et être aussi terne que possible. Basil était réellement un peu lourdaud... Il m’intéressa une fois, quand il me confia, il y a des années, la sauvage adoration qu’il avait pour vous et que vous étiez le motif dominant de son art.

Lord Henry gähnte. »Basil war sehr populär und trug immer eine Uhr für drei Mark. Warum hätte man ihn ermorden sollen? Er war nicht gescheit genug, um Feinde zu haben. Natürlich war er ein überaus genialer Maler. Aber ein Mensch kann malen wie Velazquez und doch so dumm wie möglich sein. Basil war wirklich ziemlich dumm. Er interessierte mich nur einmal, und das war damals, als er mir vor vielen Jahren gestand, er bete dich leidenschaftlich an, und du seist das beherrschende Motiv seiner Kunst.«

»Ich mochte Basil sehr gern,« sagte Dorian, und seine Stimme hatte einen traurigen Klang. »Aber sagt man im Publikum nicht, er sei ermordet worden?«

– J’aimais beaucoup Basil, dit Dorian, avec une intonation triste dans la voix. Mais ne dit-on pas qu’il a été assassiné ?

»Oh, ein paar Zeitungen sagen es. Es scheint mir nicht im geringsten wahrscheinlich. Ich weiß, es gibt schreckliche Orte in Paris; aber Basil war nicht der Mann, der sie aufsuchte. Er war nicht neugierig. Das war sein Hauptfehler.«

– Oui, quelques journaux... Cela ne me semble guère probable. Je sais qu’il y a quelques vilains endroits dans Paris, mais Basil n’était pas homme à les fréquenter. Il n’était pas curieux ; c’était son défaut principal.

»Was würdest du dazu sagen, Harry, wenn ich dir erzählte, ich hätte Basil ermordet?« fragte Dorian. Er sah ihn gespannt an, als er das gesagt hatte.

– Que diriez-vous, Harry, si je vous disais que j’ai assassiné Basil ? dit Dorian en l’observant attentivement pendant qu’il parlait.

– Je vous dirais, mon cher ami, que vous posez pour un caractère qui ne vous va pas. Tout crime est vulgaire, comme toute vulgarité est crime. Ça ne vous siérait pas de commettre un meurtre. Je suis désolé de blesser peut-être votre vanité en parlant ainsi, mais je vous assure que c’est vrai. Le crime appartient exclusivement aux classes inférieures ; je ne les blâme d’ailleurs nullement. J’imagine que le crime est pour elles ce que l’art est à nous, simplement une méthode de se procurer d’extraordinaires sensations.

»Ich würde sagen, lieber Freund, daß du einen Charakter posierst, der dir nicht steht. Alles Verbrechen ist gewöhnlich, gerade wie alle Gewöhnlichkeit ein Verbrechen ist. Dir fehlt die Gabe, Dorian, einen Mord zu begehn. Es tut mir leid, wenn ich damit deine Eitelkeit kränke, aber ich versichere dich, es ist so. Das Verbrechen gehört ganz und gar den untern Klassen. Ich tadle sie nicht im geringsten. Ich sollte meinen, das Verbrechen sei ihnen, was uns die Kunst ist, einfach eine Art, sich außergewöhnliche Empfindungen zu verschaffen.«

»Eine Art, sich Empfindungen zu verschaffen? Glaubst du also, ein Mensch, der einmal einen Mord begangen hat, wäre imstande, das nämliche Verbrechen noch einmal zu begehn? Sag das nicht!«

– Une méthode pour se procurer des sensations ? Croyez-vous donc qu’un homme qui a commis un crime pourrait recommencer ce même crime ? Ne me ra-contez pas cela !...

– Toute chose devient un plaisir quand on la fait trop souvent, dit en riant lord Henry. C’est là un des plus importants secrets de l’existence. Je croirais, cependant, que le meurtre est toujours une faute ; on ne doit jamais rien commettre dont on ne puisse causer après dîner... Mais ne parlons plus du pauvre Basil. Je voudrais croire qu’il a pu avoir une fin aussi romantique que celle que vous supposez ; mais je ne puis... Il a dû tomber d’un omnibus dans la Seine, et le conducteur n’en a point par-lé... Oui, telle a été probablement sa fin... Je le vois très bien sur le dos, gisant sous les eaux vertes avec de lourdes péniches passant sur lui et de longues herbes dans les cheveux. Voyez-vous, je ne crois pas qu’il eût fait désormais une belle œuvre. Pendant les dix dernières années, sa peinture s’en allait beaucoup.

»Oh, alles wird zum Genuß, wenn man es zu oft tut!« rief Lord Henry lachend. »Das ist eins der wichtigsten Geheimnisse des Lebens. Indessen meine ich, der Mord ist immer eine verfehlte Sache. Man sollte nie etwas tun, wovon man nicht nach dem Essen plaudern kann. Aber lassen wir den armen Basil. Ich wollte, ich könnte glauben, er hätte ein so romantisches Ende genommen, wie du fragst; aber ich kann nicht. Ich glaube eher, er fiel von einem Omnibus in die Seine, und der Schaffner vertuschte die Sache. Ja, ich sollte meinen, das war sein Ende. Ich sehe ihn jetzt auf dem Rücken unter dem dunkelgrünen Wasser liegen, und die schweren Kähne schwimmen über ihm, und lange Stücke Tang hängen in seinem Haar. Weißt du, ich glaube nicht, daß er noch viel Gutes gemalt hätte. In den letzten zehn Jahren ist es mit seiner Malerei sehr zurückgegangen.«

Dorian poussa un soupir, et lord Henry traversant la chambre, alla chatouiller la tête d’un curieux perroquet de Java, un gros oiseau au plumage gris, à la crête et à la queue vertes, qui se balançait sur un bambou. Comme ses doigts effilés le tou-chaient, il fit se mouvoir la dartre blanche de ses paupières clignotantes sur ses pru-nelles semblables à du verre noir et commença à se dandiner en avant et en arrière.

Dorian seufzte, und Lord Henry schlenderte durch das Zimmer und machte sich daran, einen absonderlichen Papagei aus Java am Kopf zu krauen, einen großen Vogel mit grauem Gefieder und rotem Schopf und Hals, der sich auf einer Bambusstange hin und her bewegte. Als seine spitzen Finger ihn berührten, ließ der Vogel die weiße Haut seiner faltigen Lider über die schwarzen Augen, die wie Glas aussahen, fallen und fing an, sich hin und her zu schwingen.

– Oui, continua lord Henry se tournant et sortant son mouchoir de sa poche, sa peinture s’en allait tout à fait. Il me semblait avoir perdu quelque chose. Il avait perdu un idéal. Quand vous et lui cessèrent d’être grands amis, il cessa d’être un grand ar-tiste. Qu’est-ce qui vous sépara ?... Je crois qu’il vous ennuyait. Si cela fût, il ne vous oublia jamais. C’est une habitude qu’ont tous les fâcheux. À propos qu’est donc deve-nu cet admirable portrait qu’il avait peint d’après vous ? Je crois ne point l’avoir revu depuis qu’il y mit la dernière main. Ah ! oui, je me souviens que vous m’avez dit, il y a des années, l’avoir envoyé à Selby et qu’il fut égaré ou volé en route. Vous ne l’avez jamais retrouvé ?... Quel malheur ! C’était vraiment un chef-d’œuvre ! Je me souviens que je voulais l’acheter. Je voudrais l’avoir acheté maintenant. Il appartenait à la meilleure époque de Basil. Depuis lors, ses œuvres montrèrent ce curieux mélange de mauvaise peinture et de bonnes intentions qui fait qu’un homme mérite d’être appelé un représentant de l’art anglais. Avez-vous mis des annonces pour le retrouver ? Vous auriez dû en mettre.

»Ja,« fuhr er fort, drehte sich um und zog das Taschentuch aus der Tasche, »mit seiner Malerei war es ganz vorbei. Mir schien, sie hatte etwas verloren. Sie hatte ein Ideal verloren. Als du mit ihm nicht mehr so befreundet warst, hörte er auf, ein großer Künstler zu sein. Was hat euch auseinander gebracht? Ich vermute, er langweilte dich. Wenn das der Fall war, hat er dir nie verziehen. Das ist bei den langweiligen Menschen gewöhnlich so. Nebenbei, was ist aus dem wundervollen Porträt geworden, das er von dir gemacht hat? Ich glaube, ich habe es nicht gesehn, seit er es fertig gemacht hat. Oh, ich erinnere mich, daß du mir vor vielen Jahren gesagt hast, du hättest es nach Selby geschickt, und es sei unterwegs abhanden gekommen oder gestohlen worden. Du bekamst es nie zurück? Wie schade! Es war tatsächlich ein Meisterstück. Ich entsinne mich, ich wollte es kaufen. Ich wollte, ich hätte es jetzt. Es stammte aus Basils bester Zeit. Nachher war seine Kunst die seltsame Mischung aus schlechter Malerei und guten Absichten, die einem Mann immer Anspruch darauf gibt, ein hervorragender englischer Maler zu heißen. Inseriertest du nicht deswegen? Das hättest du tun sollen.«

– Je ne me souviens plus, dit Dorian. Je crois que oui. Mais je ne l’ai jamais aimé. Je regrette d’avoir posé pour ce portrait. Le souvenir de tout cela m’est odieux. Il me remet toujours en mémoire ces vers d’une pièce connue, Hamlet, je crois... Voyons, que disent-ils ?...

»Ich weiß es nicht mehr,« sagte Dorian. »Vermutlich tat ich es. Aber ich mochte es nie wirklich leiden. Es tat mir leid, daß ich dazu gesessen hatte. Die Erinnerung an das Ding ist mir verhaßt. Warum sprichst du davon? Es erinnerte mich oft an die seltsamen Zeilen von einem Stück – ›Hamlet‹, glaube ich – wie heißen sie?

›Wie das Bildnis eines Grames,

Ein Antlitz ohne Herz.‹

Ja, so sah es aus.«

Like the painting of a sorrow,
A face without a heart. *

« Oui, c’était tout à fait cela...

Lord Henry se mit à rire...

Lord Henry lachte. »Wenn ein Mensch das Leben künstlerisch nimmt, ist sein Hirn sein Herz,« antwortete er und setzte sich in einen Lehnstuhl.

– Si un homme traite sa vie en artiste, son cerveau c’est son cœur, répondit-il s’enfonçant dans un fauteuil.

Dorian Gray schüttelte den Kopf und schlug auf dem Klavier ein paar sanfte Akkorde an. »Wie das Bildnis eines Grames,« wiederholte er, »ein Antlitz ohne Herz.«

Dorian Gray secoua la tête et plaqua quelques accords sur le piano. « Like the painting of a sorrow » répéta-t-il « a face without a heart. »

L’autre se renversa, le regardant les yeux à demi fermés...

– À propos, Dorian, interrogea-t-il après une pose, quel profit y a-t-il pour un homme qui gagne le monde entier et perd – comment diable était-ce ? – sa propre âme ?

Le piano sonnait faux... Dorian s’arrêta et regardant son ami :

Der ältere Freund legte sich zurück und blickte mit halb geschlossenen Augen zu ihm hinüber. »Nebenbei, Dorian,« sagte er nach einer Pause, »was nützte es einem Menschen, wenn er die ganze Welt gewönne, und verlöre – wie heißt die Stelle doch? – seine eigene Seele?«

Die Musik brach schrill ab. Dorian sprang auf und starrte seinen Freund an. »Warum fragst du mich das, Harry?«

– Pourquoi me demandez-vous cela, Harry ?

– Mon cher ami, dit lord Henry, levant ses sourcils d’un air surpris, je vous le demande parce que je suppose que vous pouvez me faire une réponse. Voilà tout. J’étais au Parc dimanche dernier et près de l’Arche de Marbre se trouvait un rassem-blement de gens mal vêtus qui écoutaient quelque vulgaire prédicateur de carrefour. Au moment où je passais, j’entendis cet homme proposant cette question à son audi-toire. Elle me frappa comme étant assez dramatique. Londres est riche en incidents de ce genre.

« Un dimanche humide, un chrétien bizarre en mackintosh, un cercle de figu-res blanches et maladives sous un toit inégal de parapluies ruisselants, une phrase merveilleuse jeté au vent comme un cri par des lèvres hystériques, tout cela était là une chose vraiment belle dans son genre, et tout à fait suggestive. Je songeais à dire au prophète que l’art avait une âme, mais que l’homme n’en avait pas. Je crains, ce-pendant, qu’il ne m’eût point compris.

»Mein Lieber,« sagte Lord Henry und zog die Brauen erstaunt hoch, »ich fragte dich, weil ich dachte, du könntest mir eine Antwort darauf geben. Das ist alles. Ich ging letzten Sonntag durch den Hyde Park, und nahe beim Marble Arch stand eine kleine Gruppe schäbig gekleideter Menschen, die einem gewöhnlichen Straßenprediger zuhörten. Als ich vorbeiging, hörte ich den Mann mit schreiender Stimme diese Frage an sein Publikum richten. Es berührte mich ziemlich dramatisch. London ist sehr reich an absonderlichen Wirkungen dieser Art. Ein regnerischer Sonntag, ein ungehobelter Christ im Regenmantel, ein Kreis kränklicher, blasser Gesichter unter einem welligen Dach tropfender Schirme und ein wundervoller Satz gellend und hysterisch in die Luft geworfen – es war in seiner Art wirklich sehr gut, es lag eine gewisse Schwungkraft darin. Ich dachte daran, dem Mann zu sagen, die Kunst habe eine Seele, aber der Mensch habe keine. Ich fürchte indessen, er hätte mich nicht verstanden.«

– Non, Harry. L’âme est une terrible réalité. On peut l’acheter, la vendre, en trafiquer. On peut l’empoisonner ou la rendre parfaite. Il y a une âme en chacun de nous. Je le sais.

»Nicht, Harry. Die Seele ist eine furchtbare Wirklichkeit. Sie kann gekauft werden und verkauft und vertauscht. Sie kann vergiftet werden, sie kann vollkommen gemacht werden. In jedem von uns lebt eine Seele, ich weiß es.«

»Bist du dessen ganz gewiß, Dorian?«

– En êtes-vous bien sûr, Dorian ?

»Ganz gewiß.«

– Absolument sûr.

– Ah ! alors ce doit être une illusion. Les choses dont on est absolument sûr, ne sont jamais vraies. C’est la fatalité de la Foi et la leçon du Roman. Comme vous êtes grave ! Ne soyez pas aussi sérieux. Qu’avons-nous de commun, vous et moi, avec les superstitions de notre temps ? Rien... Nous sommes débarrassés de notre croyance à l’Âme... Jouez-moi quelque chose, Dorian. Jouez-moi un nocturne, et tout en jouant, dites-moi tout bas comment vous avez pu garder votre jeunesse. Vous devez avoir quelque secret. Je n’ai que dix ans de plus que vous et je suis flétri, usé, jauni. Vous êtes vraiment merveilleux, Dorian. Vous n’avez jamais été plus charmant à voir que ce soir. Vous me rappelez le premier jour que je vous ai vu. Vous étiez un peu plus joufflu et timide, tout à fait extraordinaire. Vous avez changé, certes, mais pas en apparence. Je voudrais bien que vous me disiez votre secret. Pour retrouver ma jeu-nesse, je ferais tout au monde, excepté de prendre de l’exercice ; de me lever de bonne heure ou d’être respectable... Ô jeunesse ! Rien ne te vaut ! Quelle absurdité de parler de l’ignorance des jeunes gens ! Les seuls hommes dont j’écoute les opinions avec respect sont ceux qui sont plus jeunes que moi. Ils me paraissent marcher devant moi. La vie leur a révélé ses dernières merveilles. Quant aux vieux, je les contredis toujours. Je le fais par principe. Si vous leur demandez leur opinion sur un événe-ment d’hier, ils vous donnent gravement les opinions courantes en 1820, alors qu’on portait des bas longs... qu’on croyait à tout et qu’on ne savait absolument rien. Comme ce morceau que vous jouez-là est délicieux ! J’imagine que Chopin a dû l’écrire à Majorque, pendant que la mer gémissait autour de sa villa et que l’écume salée éclaboussait les vitres ? C’est exquisement romantique. C’est une grâce vrai-ment, qu’un art nous soit laissé qui n’est pas un art d’imitation ! Ne vous arrêtez pas ; j’ai besoin de musique ce soir. Il me semble que vous êtes le jeune Apollon et que je suis Marsyas vous écoutant. J’ai mes propres chagrins, Dorian, et dont vous n’en avez jamais rien su. Le drame de la vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune. Je suis étonné quelquefois de ma propre sincérité. Ah ! Dorian, que vous êtes heureux ! Quelle vie exquise que la vôtre ! Vous avez goûté longuement de toutes choses. Vous avez écrasé les raisins mûrs contre votre palais. Rien ne vous a été ca-ché. Et tout cela vous fût comme le son d’une musique : vous n’en avez pas été atteint. Vous êtes toujours le même.

»Ah! dann muß es eine Illusion sein. Die Dinge, die man für ganz sicher hält, sind niemals wahr. Das ist das Verhängnis des Glaubens und die Lehre der Romantik. Wie feierlich du bist! Du mußt nicht so ernsthaft sein. Was hast du oder ich mit den abergläubischen Vorstellungen unserer Zeit zu tun? Nein, wir haben unsern Glauben an die Seele aufgegeben. Spiel mir etwas! Spiel mir ein Nocturno, Dorian, und während du spielst, sag mir mit leiser Stimme, wie du dir deine Jugend bewahrt hast. Du mußt wahrlich ein geheimes Mittel haben! Ich bin nur zehn Jahre älter als du, und ich bin runzlig und abgenutzt und gelb. Du bist wahrhaft wundervoll, Dorian! Du hast nie entzückender ausgesehn als heute abend! Du gemahnst mich an den Tag, an dem ich dich zum erstenmal sah. Du warst ein kecker und doch schüchterner Bursche und ganz und gar außergewöhnlich. Du hast dich natürlich verändert, aber nicht in der Erscheinung. Ich wollte, du sagtest mir dein Geheimnis. Meine Jugend wiederzubekommen, täte ich alles in der Welt, außer Gymnastik treiben, früh aufstehn oder ehrbar sein. Jugend! Es gibt nichts, was ihr gleichkommt. Es ist Unsinn, von der Unwissenheit der Jugend zu reden. Die einzigen Menschen, auf deren Ansichten ich jetzt mit einigem Respekt höre, sind Leute, die viel jünger als ich sind. Sie scheinen mir voraus. Das Leben hat ihnen sein letztes Wunder enthüllt. Den Alten widerspreche ich immer. Ich tue es aus Prinzip. Wenn du sie nach ihrer Meinung über etwas fragst, das gestern vorgefallen ist, so geben sie in feierlichem Ton die Meinungen zum besten, die 1820 gangbar waren, als die Leute hohe Halsbinden trugen, an alles glaubten und von nichts etwas wußten. Wie entzückend das ist, was du da spielst. Ob es wohl Chopin in Mallorca geschrieben hat, wo das Meer um die Villa weinte und der salzige Schaum gegen die Scheiben klatschte? Es ist wunderbar romantisch. Was für ein Segen ist es, daß uns die eine Kunst geblieben ist, die nicht nachahmend ist! Hör nicht auf! Ich brauche heute abend Musik. Es kommt mir vor, als seist du der junge Apollo und ich Marsyas, der dir zuhört. Ich habe meine eigenen Kümmernisse, Dorian, von denen nicht einmal du etwas weißt. Die Tragödie des Alters ist nicht, daß man alt wird, sondern daß man jung bleibt. Ich bin manchmal über meine eigene Aufrichtigkeit erstaunt. Ah, Dorian, wie glücklich du bist! Wie köstlich ist dein Leben gewesen! Du hast tief von allem getrunken. Du hast die Trauben an deinem Gaumen zerdrückt. Nichts ist dir verborgen geblieben. Und es ist nicht mehr für dich gewesen als der Klang von Musik. Es konnte dir nichts anhaben; du bist noch derselbe.«

»Ich bin nicht mehr derselbe, Harry.«

– Je ne suis pas le même, Harry.

– Si, vous êtes le même. Je me figure ce que sera le restant de vos jours. Ne le gâtez par aucun renoncement. Vous êtes à présent un être accompli. Ne vous rendez pas incomplet. Vous êtes actuellement sans défaut... Ne hochez pas la tête ; vous le savez bien. Cependant, ne vous faites pas illusion. La vie ne se gouverne pas par la volonté ou les intentions. C’est une question de nerfs, de fibres, de cellules lentement élaborées où se cache la pensée et où les passions ont leurs rêves. Vous pouvez vous croire sauvé et fort. Mais un ton de couleur entrevu dans la chambre, un ciel matinal, un certain parfum que vous avez aimé et qui vous apporte de subtiles ressouvenances, un vers d’un poème oublié qui vous revient en mémoire, une phrase musicale que vous ne jouez plus, c’est de tout cela, Dorian, je vous assure que dépend notre exis-tence. Browning l’a écrit quelque part, mais nos sens nous le font imaginer aisément. Il y a des moments où l’odeur du lilas blanc me pénètre et où je crois revivre le plus étrange mois de toute ma vie. Je voudrais pouvoir changer avec vous, Dorian. Le monde a hurlé contre nous deux, mais il vous a eu et vous aura toujours en adoration. Vous êtes le type que notre époque demande et qu’elle craint d’avoir trouvé. Je suis heureux que vous n’ayez jamais rien fait : ni modelé une statue, ni peint une toile, ni produit autre chose que vous-même !... Votre art, ce fut votre vie. Vous vous êtes mis vous-même en musique. Vos jours sont vos sonnets.

»Doch, du bist derselbe. Ich bin begierig, wie dein Leben weitergehn wird. Verdirb es nicht durch Entsagung! Jetzt bist du ein vollkommener Typus. Mach dich nicht unvollkommen! Jetzt bist du ganz ohne Tadel. Du brauchst nicht den Kopf zu schütteln: du weißt, du bist es. Außerdem, Dorian, täusche dich nicht selbst. Das Leben wird nicht vom Willen oder Vorsatz regiert. Das Leben ist eine Sache der Nerven und Fibern und allmählich aufgebauten Zellen, in denen das Denken wohnt und die Leidenschaft ihre Träume hat. Du magst wähnen, du ständest sicher da und seist stark. Aber ein zufälliger Farbenton in einem Zimmer oder ein Morgenhimmel, ein besonderer Duft, den du einst geliebt hast und der tiefe Erinnerungen mit sich führt, eine Zeile eines vergessenen Gedichts, die dir wieder einfällt, ein paar Takte aus einem Musikstück, das du nicht mehr gespielt hast, ich sage dir, Dorian, von derlei Dingen hängt unser Leben ab. Browning schreibt irgendwo darüber; aber unsere eigenen Sinne wissen es ohnedies. Es gibt Augenblicke, wo ich plötzlich den Duft von weißem Flieder spüre, und ich durchlebe wieder den seltsamsten Monat meines Lebens. Ich wollte, ich könnte mit dir tauschen, Dorian. Die Welt hat gegen uns beide Zeter geschrien, aber sie hat dich immer bewundert. Sie wird dich immer bewundern. Du bist der Typus dessen, wonach die Zeit sucht und was sie fürchtet, gefunden zu haben. Ich bin so froh, daß du nie etwas getan hast, nie eine Statue gemeißelt oder ein Bild gemalt oder irgend etwas außerhalb deiner Person geschaffen hast! Das Leben ist deine Kunst gewesen. Du hast dich in Musik gesetzt. Die Tage deines Lebens sind deine Sonette.«

Dorian se leva du piano et passant la main dans sa chevelure :

– Oui, murmura-t-il, la vie me fut exquise... Mais je ne veux plus vivre cette même vie, Harry. Et vous ne devriez pas me dire ces choses extravagantes. Vous ne me connaissez pas tout entier. Si vous saviez tout, je crois bien que vous vous éloigne-riez de moi. Vous riez ? Ne riez pas...

Dorian stand vom Klavier auf und fuhr sich mit der Hand durchs Haar. »Ja, das Leben ist köstlich gewesen,« sagte er halblaut. »Aber ich werde dieses Leben nicht fortsetzen, Harry. Und du darfst nicht so überschwengliche Dinge zu mir sagen. Du weißt nicht alles von mir. Ich glaube, wenn du es wüßtest, würdest selbst du dich von mir wenden! Du lachst. Lache nicht!«

– Pourquoi vous arrêtez-vous de jouer, Dorian ? Remettez-vous au piano et jouez-moi encore ce Nocturne. Voyez cette large lune couleur de miel qui monte dans le ciel sombre. Elle attend que vous la charmiez. Si vous jouez, elle va se rapprocher de la terre... Vous ne voulez pas ? Allons au club, alors. La soirée a été charmante, il faut bien la terminer. Il y a quelqu’un au White qui désire infiniment faire votre connaissance : le jeune lord Pool, l’aîné des fils de Bournemouth. Il copie déjà vos cravates et m’a demandé de vous être présenté. Il est tout à fait charmant, et me fait presque songer à vous.

»Warum spielst du nicht weiter, Dorian? Geh wieder ans Klavier und spiele mir das Nocturno noch einmal. Sieh den großen honigfarbenen Mond, der in der dunkeln Luft hängt. Er wartet auf dich, daß du ihn entzückst, und wenn du spielst, kommt er näher zur Erde heran. Du willst nicht? Dann wollen wir in den Klub gehn. Es war ein entzückender Abend, und wir müssen ihn entzückend beenden. In White's Club ist jemand, der unendlich wünscht, dich kennen zu lernen, der junge Lord Poole, Bournemouths ältester Sohn. Er hat schon deine Krawatten kopiert und hat mich gebeten, ihn mit dir bekannt zu machen. Er ist ganz wundervoll und erinnert mich ein bißchen an dich.«

– J’espère que non, dit Dorian avec un regard triste, mais je me sens fatigué ce soir, Harry ; je n’irai pas club. Il est près de onze heures, et je désire me coucher de bonne heure.

»Ich hoffe nicht,« sagte Dorian mit schmerzlichem Ausdruck in den Augen. »Aber ich bin müde heute abend. Ich gehe nicht in den Klub. Es ist fast elf Uhr, und ich will früh zu Bett gehn.«

– Restez... Vous n’avez jamais si bien joué que ce soir. Il y avait dans votre fa-çon de jouer quelque chose de merveilleux. C’était d’un sentiment que je n’avais en-core jamais entendu.

»Bleib noch! Du hast noch nie so gut gespielt wie heute abend. Es war etwas in deinem Anschlag – etwas Wundervolles. Er hatte mehr Ausdruck, als ich je früher von dir gehört habe.«

– C’est parce que je vais devenir bon, répondit-il en souriant. Je suis déjà un peu changé.

»Das kommt daher, daß ich jetzt gut werde,« antwortete er lächelnd. »Ich bin schon ein wenig anders.«

– Vous ne pouvez changer avec moi, Dorian, dit lord Henry. Nous serons tou-jours deux amis.

»Du kannst für mich kein anderer werden, Dorian,« sagte Lord Henry. »Du und ich werden immer Freunde sein.«

– Pourtant, vous m’avez un jour empoisonné avec un livre. Je n’oublierai pas cela... Harry, promettez-moi de ne plus jamais prêter ce livre à personne. Il est mal-faisant.

»Aber einst hast du mich mit einem Buche vergiftet. Ich sollte das nicht verzeihen. Harry, versprich mir, daß du das Buch nie einem leihen willst! Es richtet Unheil an.«

– Mon cher ami, vous commencez à faire de la morale. Vous allez bientôt deve-nir comme les convertis et les revivalistes, prévenant tout le monde contre les péchés dont ils sont eux-mêmes fatigués. Vous êtes trop charmant pour faire cela. D’ailleurs, ça ne sert à rien. Nous sommes ce que nous sommes et serons ce que nous pourrons. Quant à être empoisonné par un livre, on ne vit jamais rien de pareil. L’art n’a aucune influence sur les actions ; il annihile le désir d’agir, il est superbement stérile. Les livres que le monde appelle immoraux sont les livres qui lui montrent sa propre honte. Voilà tout. Mais ne discutons pas de littérature... Venez demain, je monte à cheval à onze heures. Nous pourrons faire une promenade ensemble et je vous mène-rai ensuite déjeuner chez lady Branksome. C’est une femme charmante, elle désire vous consulter sur une tapisserie qu’elle voudrait acheter. Pensez-vous venir ? Ou bien déjeunerons-nous avec notre petite duchesse ? Elle dit qu’elle ne vous voit plus. Peut-être êtes-vous fatigué de Gladys ? Je le pensais. Sa manière d’esprit vous donne sur les nerfs... Dans tous les cas, soyez ici à onze heures.

»Lieber Freund, du fängst wirklich an zu moralisieren. Du wirst bald herumlaufen wie die Bekehrten und die Erweckungsprediger, und wirst die Menschen vor all den Sünden warnen, deren du müde geworden bist. Du bist viel zu entzückend für so etwas. Außerdem hat es keinen Zweck. Du und ich sind, was wir sind, und werden sein, was wir sein werden. Was die Vergiftung durch ein Buch angeht, so etwas gibt es nicht. Die Kunst hat keinen Einfluß auf das Tun. Sie vernichtet den Trieb des Handelns. Sie ist wundervoll unfruchtbar. Die Bücher, die die Welt unmoralisch nennt, sind solche, die der Welt ihre eigene Schande zeigen, weiter nichts. Aber wir wollen nicht über Literatur diskutieren. Komm morgen her! Ich reite um elf Uhr aus. Wir könnten zusammen reiten, und nachher nehme ich dich zum Frühstück zu Lady Branksome mit. Das ist eine reizende Frau, und sie will dich wegen einiger Wandteppiche, die sie kaufen will, zu Rate ziehen. Bitte, komm! Oder sollen wir zu unserer kleinen Herzogin gehn? Sie sagt, sie sieht dich gar nicht mehr. Vielleicht hast du genug von ihr? Ich dachte es mir. Ihre flinke Zunge geht einem auf die Nerven. Also, in jedem Fall sei um elf Uhr hier.«

– Faut-il vraiment que je vienne, Harry ?

»Muß ich wirklich kommen, Harry?«

– Certainement, le Parc est adorable en ce moment. Je crois qu’il n’y a jamais eu autant de lilas depuis l’année où j’ai fait votre connaissance.

»Unbedingt. Der Park ist jetzt entzückend. Ich glaube, der Flieder ist seit dem Jahr, in dem ich dich kennen lernte, nicht mehr so schön gewesen.«

– Très bien, je serai ici à onze heures, dit Dorian. Bonsoir, Harry...

Arrivé à la porte, il hésita un moment comme s’il eût eu encore quelque chose à dire. Puis il soupira et sortit...

»Schön. Ich werde um elf Uhr hier sein,« sagte Dorian. »Gute Nacht, Harry.« Als er an der Tür war, zögerte er einen Augenblick, als ob er noch etwas sagen wollte. Dann seufzte er und ging.