Das Bildnis des Dorian Gray.  Oscar Wilde
Kapitel 9. (Chapitre 9. )
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Als er am nächsten Morgen beim Frühstück saß, trat Basil Hallward ins Zimmer.

Le lendemain matin, tandis qu’il déjeunait, Basil Hallward entra.

»Ich bin so froh, daß ich dich treffe, Dorian,« sagte er in ernstem Tone. »Ich war gestern abend da, und man sagte mir, du seist in der Oper. Natürlich wußte ich, daß das nicht sein konnte. Aber ich wollte, du hättest ein Wort hinterlassen, wohin du wirklich gegangen warst. Ich verbrachte eine schreckliche Nacht und fürchtete halb, der einen Tragödie könnte eine zweite gefolgt sein. Du hättest mir telegraphieren sollen, sowie du es erfuhrst. Ich las es ganz zufällig in einer späten Ausgabe des Globe, den ich im Klub in die Hand bekam. Ich eilte sofort hierher und war unglücklich, dich nicht zu finden. Ich kann dir nicht sagen, wie bitter weh mir das Ganze tut. Ich weiß, was du leiden mußt. Aber wo warst du? Warst du hingegangen, ihre Mutter zu sehen? Einen Augenblick dachte ich daran, dich dort aufzusuchen. In der Zeitung stand die Adresse. Irgendwo in Euston Road, nicht wahr? Aber ich fürchtete, in einen Schmerz einzudringen, dem ich nicht helfen konnte. Die arme Frau! In was für einem Zustand muß sie sein? Und dazu ihr einziges Kind! Was sagte sie zu dem allem?«

– Je suis bien heureux de vous trouver, Dorian, dit-il gravement. Je suis venu hier soir et on m’a dit que vous étiez à l’Opéra. Je savais que c’était impossible. Mais j’aurais voulu que vous m’eussiez laissé un mot, me disant où vous étiez allé. J’ai passé une bien triste soirée, craignant qu’une première tragédie soit suivie d’une autre. Vous auriez dû me télégraphier dès que vous en avez entendu parler. Je l’ai lu par hasard dans la dernière édition du Globe au club. Je vins aussitôt ici et je fus vraiment désolé de ne pas vous trouver. Je ne saurais vous dire combien j’ai eu le cœur brisé par tout cela. Je sais ce que vous devez souffrir. Mais où étiez-vous ? Êtes-vous allé voir la mère de la pauvre fille ? Un instant, J’avais songé à vous y chercher. On avait mis l’adresse dans le journal. Quelque part dans Euston Road, n’est-ce pas ? Mais j’eus peur d’importuner une douleur que je ne pouvais consoler. Pauvre femme ! Dans quel état elle devait être ! Son unique enfant !... Que disait-elle ?

»Mein lieber Basil, wie soll ich das wissen?« fragte Dorian Gray, der aus einem entzückenden bauchigen venezianischen Glas, das mit Goldperlen verziert war, von einem blaßgelben Wein kleine Schlucke nahm und äußerst indigniert aussah. »Ich war in der Oper. Du hättest auch kommen sollen. Ich lernte Lady Gwendolen, Harrys Schwester, kennen. Wir waren bei ihr in der Loge. Sie ist ein reizendes Geschöpf; und die Patti sang himmlisch. Sprich nicht über gräßliche Sachen! Wenn man über eine Sache nicht spricht, ist sie nie gewesen. Nur der Ausdruck, sagt Harry, gibt den Dingen Wirklichkeit. Hinzufügen möchte ich, daß sie nicht das einzige Kind der Mutter war. Es ist noch ein Sohn da, ein famoser Bursche, glaube ich. Aber er ist nicht beim Theater – Matrose oder so was Ähnliches. Und jetzt erzähle von dir etwas. Was machst du?«

– Mon cher Basil, que sais-je ? murmura Dorian Gray en buvant à petits coups d’un vin jaune pâle dans un verre de Venise, délicatement contourné et doré, en pa-raissant profondément ennuyé. J’étais à l’Opéra, vous auriez dû y venir. J’ai ren-contré pour la première lois lady Gwendoline, la sœur d’Harry. Nous étions dans sa loge. Elle est tout à fait charmante et la Patti a chanté divinement. Ne parlez pas de choses horribles. Si l’on ne parlait jamais d’une chose, ce serait comme si elle n’était jamais arrivée. C’est seulement l’expression, comme dit Harry, qui donne une réalité aux choses. Je dois dire que ce n’était pas l’unique enfant de la pauvre femme. Il y a un fils, un charmant garçon je crois. Mais il n’est pas au théâtre. C’est un marin, ou quelque chose comme cela. Et maintenant parlez-moi de vous et de ce que vous êtes en train de peindre ?

»Du warst in der Oper?« sagte Hallward. Er sprach sehr leise, sein Ton war schmerzhaft gepreßt. »Du gingst in die Oper, während Sibyl Vane in einem schmutzigen Hause auf dem Totenbette liegt? Du kannst zu mir von andern reizenden Frauen sprechen und von dem himmlischen Gesang der Patti, ehe das Mädchen, das du geliebt hast, noch der Ruhe des Grabes übergeben ist, in dem sie schlafen soll? Mensch, Mensch, was für Schrecknisse warten auf ihren kleinen weißen Körper!«

– Vous avez été à l’Opéra ? dit lentement Hallward avec une vibration de tris-tesse dans la voix. Vous avez été à l’Opéra pendant que Sibyl Vane reposait dans la mort en un sordide logis ? Vous pouvez me parler d’autres femmes charmantes et de la Patti qui chantait divinement, avant que la jeune fille que vous aimiez ait même la quiétude d’un tombeau pour y dormir ?... Vous ne songez donc pas aux horreurs réservées à ce petit corps lilial !

»Hör auf, Basil, ich will das nicht hören!« rief Dorian aufspringend. »Du mußt nicht von geschehnen Dingen mit mir reden. Was geschehen ist, ist geschehen. Was vorbei ist, ist vorbei. Laß das Vergangne!«

– Arrêtez-vous, Basil, je ne veux pas les entendre ! s’écria Dorian en se levant. Ne me parlez pas de ces choses. Ce qui est fait est fait. Le passé est le passé.

»Du nennst gestern die Vergangenheit?«

– Vous appelez hier le passé ?

»Was hat der Verlauf der Zeit damit zu tun? Nur oberflächliches Volk braucht Jahre, um eine Empfindung loszuwerden. Ein Mensch, der Herr über sich selbst ist, kann einem Schmerz so leicht ein Ende machen, wie er einen Genuß finden kann. Ich habe keine Lust, meinen Empfindungen preisgegeben zu sein. Ich will sie nutzen, sie genießen und sie beherrschen.«

– Ce qui se passe dans l’instant actuel va lui appartenir. Il n’y a que les gens superficiels qui veulent des années pour s’affranchir d’une émotion. Un homme maî-tre de lui-même, peut mettre fin à un chagrin aussi facilement qu’il peut inventer un plaisir. Je ne veux pas être à la merci de mes émotions. Je veux en user, les rendre agréable et les dominer.

»Dorian, das ist gräßlich! Es hat dich etwas völlig gewandelt. Du siehst genau so aus wie der wundervolle Jüngling, der Tag für Tag in mein Atelier kam, um mir für sein Bild zu sitzen. Aber damals warst du einfach, natürlich und liebevoll. Du warst das unverdorbenste Menschenkind in der ganzen Welt. Ich weiß nicht, was jetzt über dich gekommen ist. Du sprichst, als ob du kein Herz und kein Erbarmen in der Brust hättest. Das ist alles Harrys Einfluß, ich sehe es.«

– Dorian, ceci est horrible !... Quelque chose vous a changé complètement. Vous avez toujours les apparences de ce merveilleux jeune homme qui venait chaque jour à mon atelier poser pour son portrait. Mais alors vous étiez simple, naturel et tendre. Vous étiez la moins souillée des créatures. Maintenant je ne sais ce qui a passé sur vous. Vous parlez comme si vous n’aviez ni cœur ni pitié. C’est l’influence d’Harry qui a fait cela, je le vois bien...

Der Jüngling errötete, trat ans Fenster und blickte einige Augenblicke auf den grünen, blitzenden, von der Sonne übergossenen Garten. »Ich verdanke Harry sehr viel,« antwortete er schließlich, »mehr als dir. Du warst es, der mir die Eitelkeit beigebracht hat.«

Le jeune homme rougit et allant à la fenêtre, resta quelques instants à considé-rer la pelouse fleurie et ensoleillée.

– Je dois beaucoup à Harry, Basil, dit-il enfin, plus que je ne vous dois. Vous ne m’avez appris qu’à être vain.

»Ich bin gestraft dafür, Dorian – oder werde eines Tages dafür gestraft werden.«

– Parfait ?... aussi en suis-je puni, Dorian, ou le serai-je quelque jour.

»Ich weiß nicht, was du meinst, Basil!« rief er aus und drehte sich um. »Ich weiß nicht, was du willst. Was willst du?«

– Je ne sais ce que vous voulez dire, Basil, s’écria-t-il en se retournant. Je ne sais ce que vous voulez ! Que voulez-vous ?

»Ich will den Dorian Gray wieder, den ich gemalt habe,« sagte der Künstler traurig.

– Je voudrais retrouver le Dorian Gray que j’ai peint, dit l’artiste, tristement.

»Basil,« antwortete der Jüngling, trat zu ihm und legte ihm die Hand auf die Schulter. »Gestern, als ich erfuhr, daß Sibyl Vane sich getötet habe ...«

– Basil, fit l’adolescent, allant à lui et lui mettant la main sur l’épaule, vous êtes venu trop tard. Hier lorsque j’appris que Sibyl Vane s’était suicidée...

»Sich getötet! Großer Gott! Ist das sicher?« schrie Hallward auf und blickte ihn entsetzt an.

– Suicidée, mon Dieu ! est-ce bien certain ? s’écria Hallward le regardant avec une expression d’horreur...

»Mein lieber Basil! Du nimmst doch nicht an, daß es ein gemeiner Zufall war? Natürlich hat sie sich selbst getötet.«

– Mon cher Basil ! Vous ne pensiez sûrement pas que ce fut un vulgaire acci-dent. Certainement, elle s’est suicidée.

Der Ältere barg das Gesicht in den Händen. »Wie furchtbar,« flüsterte er, und ein Schauder durchlief ihn.

L’autre enfonça sa tête dans ses mains.

– C’est effrayant, murmura-t-il, tandis qu’un frisson le parcourait.

»Nein,« sagte Dorian Gray, »es ist nichts Furchtbares daran. Es ist eine der großen romantischen Tragödien unserer Zeit. In der Regel führen Leute vom Theater das trivialste Leben. Sie sind gute Ehemänner oder treue Gattinnen oder sonst etwas Langweiliges. Du weißt, was ich meine – Philistertugend und dergleichen. Wie anders war Sibyl! Sie lebte ihre schönste Tragödie. Sie war immer eine Heldin. Am letzten Abend, an dem sie spielte – an dem Abend, wo du sie sahst –, spielte sie schlecht, weil sie die Liebe als Wirklichkeit kennen gelernt hatte. Als sie ihre Unwirklichkeit kennen lernte, starb sie, wie Julia gestorben ist. Sie floh wieder ins Land der Kunst. Etwas von Märtyrertum umschwebt sie. Ihr Tod hat die ganze pathetische Nutzlosigkeit des Märtyrertums, all seine verschwendete Schönheit. Aber wie gesagt, du darfst nicht glauben, ich hätte nicht gelitten. Wenn du gestern in einem bestimmten Augenblick gekommen wärest – vielleicht um halb sechs Uhr oder dreiviertel sechs –, hättest du mich in Tränen gefunden. Selbst Harry, der hier war, der mir die Nachricht tatsächlich gebracht hat, hat keine Ahnung, was ich durchgemacht habe. Ich litt unsäglich. Dann verflog es. Ich kann eine Empfindung nicht wiederholen. Niemand kann es, außer den Sentimentalen. Und du bist sehr ungerecht, Basil. Du kommst hierher, mich zu trösten. Das ist sehr lieb von dir. Du findest mich getröstet und wirst wütend. Ist das dein Mitgefühl? Du erinnerst mich an eine Geschichte, die Harry mir von einem Philantropen erzählte, der zwanzig Jahre seines Lebens sich bemühte, einen Mißstand zu heben oder die Abänderung eines ungerechten Gesetzes zu erwirken – ich weiß nicht mehr genau. Schließlich hatte er Erfolg, und nichts kann größer sein als seine Enttäuschung. Er hatte ganz und gar nichts mehr zu tun, starb fast vor Langerweile und wurde ein vollendeter Menschenfeind. Und überdies, lieber alter Basil, wenn du mich wirklich trösten willst, lehre mich lieber vergessen, was geschehen ist, oder es von dem rechten künstlerischen Standpunkt aus betrachten. War es nicht Gautier, der gern von der ›consolation des arts‹ geschrieben hat? Ich erinnere mich, in deinem Atelier fand ich einmal ein kleines Buch in Pergamenteinband und stieß auf das entzückende Wort. Nun, wie der junge Mann bin ich nicht, von dem du mir erzähltest, als wir zusammen in Marlow waren, der zu sagen pflegte, gelber Atlas könne einen in allen Unglücksfällen des Lebens trösten. Ich liebe schöne Dinge, die man berühren und zur Hand nehmen kann. Alter Brokat, grüne Bronze, Lackarbeiten, geschnitztes Elfenbein, ein erlesenes Interieur, verschwenderische Üppigkeit, von dem allem ist viel zu holen. Aber die künstlerische Seelenverfassung, die sie schaffen oder jedenfalls offenbaren, gilt mir noch mehr. Zuschauer seines eigenen Lebens werden, wie Harry sagt, heißt dem Leiden des Lebens entrinnen. Ich weiß, du bist überrascht, daß ich so zu dir spreche. Du hast nicht wahrgenommen, wie ich mich entwickelt habe. Ich war ein Knabe, als du mich kennen lerntest. Ich bin ein Mann geworden. Ich habe neue Leidenschaften, neue Gedanken, neue Ideen. Ich bin ein anderer, aber du darfst mich darum nicht weniger lieben. Ich bin verwandelt, aber du mußt immer mein Freund bleiben. Natürlich habe ich Harry sehr gern. Aber ich weiß, daß du besser bist als er. Du bist nicht stärker – du fürchtest das Leben zu sehr – aber du bist besser. Und wie glücklich sind wir doch miteinander gewesen! Verlaß mich nicht, Basil, und streite nicht mit mir. Ich bin, was ich bin. Da ist nichts weiter zu sagen.«

– Non, dit Dorian Gray, cela n’a rien d’effrayant. C’est une des plus grandes tragédies romantiques de notre temps. À l’ordinaire, les acteurs ont l’existence la plus banale. Ils sont bons maris, femmes fidèles, quelque chose d’ennuyeux ; vous com-prenez, une vertu moyenne et tout ce qui s’en suit. Comme Sibyl était différente ! Elle a vécu sa plus belle tragédie. Elle fut constamment une héroïne. La dernière nuit qu’elle joua, la nuit où vous la vîtes, elle joua mal parce qu’elle avait compris la réalité de l’amour. Quand elle connut ses déceptions, elle mourut comme Juliette eût pu mourir. Elle appartint encore en cela au domaine d’art. Elle a quelque chose d’une martyre. Sa mort a toute l’inutilité pathétique du martyre, toute une beauté de déso-lation. Mais comme je vous le disais, ne croyez pas que je n’aie pas souffert. Si vous étiez venu hier, à un certain moment – vers cinq heures et demie peut-être ou six heures moins le quart – vous m’auriez trouvé en larmes... Même Harry qui était ici et qui, au fait, m’apporta la nouvelle, se demandait où j’allais en venir. Je souffris inten-sément. Puis cela passa. Je ne puis répéter une émotion. Personne d’ailleurs ne le peut, excepté les sentimentaux. Et vous êtes cruellement injuste, Basil : vous venez ici pour me consoler, ce qui est charmant de votre part ; vous me trouvez tout consolé et vous êtes furieux !... Tout comme une personne sympathique ! Vous me rappelez une histoire qu’Harry m’a racontée à propos d’un certain philanthrope qui dépensa vingt ans de sa vie à essayer de redresser quelque tort, ou de modifier une loi injuste, je ne sais plus exactement. Enfin il y réussit, et rien ne put surpasser son désespoir. Il n’avait absolument plus rien à faire, sinon à mourir d’ennui et il devint un misan-thrope résolu. Maintenant, mon cher Basil, si vraiment vous voulez me consoler, apprenez-moi à oublier ce qui est arrivé ou à le considérer à un point de vue assez artistique. N’est-ce pas Gautier qui écrivait sur la « Consolation des arts » ? Je me rappelle avoir trouvé un jour dans votre atelier un petit volume relié en vélin, où je cueillis ce mot délicieux. Encore ne suis-je pas comme ce jeune homme dont vous me parliez lorsque nous fûmes ensemble à Marlow, ce jeune homme qui disait que le satin jaune pouvait nous consoler de toutes les misères de l’existence. J’aime les bel-les choses que l’on peut toucher et tenir : les vieux brocarts, les bronzes verts, les laques, les ivoires, exquisément travaillés, ornés, parés ; il y a beaucoup à tirer de ces choses. Mais le tempérament artistique qu’elles créent ou du moins révèlent est plus encore pour moi. Devenir le spectateur de sa propre vie, comme dit Harry, c’est échapper aux souffrances terrestres. Je sais bien que je vous étonne en vous parlant ainsi. Vous n’avez pas compris comment je me suis développé. J’étais un écolier lors-que vous me connûtes. Je suis un homme maintenant, j’ai de nouvelles passions, de nouvelles pensées, des idées nouvelles. Je suis différent, mais vous ne devez pas m’en aimer moins. Je suis changé, mais vous serez toujours mon ami. Certes, j’aime beau-coup Harry ; je sais bien que vous êtes meilleur que lui... Vous n’êtes pas plus fort, vous avez trop peur de la vie, mais vous êtes meilleur. Comme nous étions heureux ensemble ! Ne m’abandonnez pas, Basil, et ne me querellez pas, je suis ce que je suis. Il n’y a rien de plus à dire !

Der Maler war seltsam bewegt. Der Jüngling war ihm unendlich wert, und seine Erscheinung war der große Wendepunkt in seiner Kunst gewesen. Er konnte den Gedanken nicht ertragen, ihm noch ferner Vorwürfe zu machen. Schließlich war seine Gleichgültigkeit wahrscheinlich nur eine vorübergehende Stimmung. Es war so viel in ihm, was gut, so viel, was edel war.

Le peintre semblait singulièrement ému. Le jeune homme lui était très cher, et sa personnalité avait marqué le tournant de son art. Il ne put supporter l’idée de lui faire plus longtemps des reproches. Après tout, son indifférence pouvait n’être qu’une humeur passagère ; il y avait en lui tant de bonté et tant de noblesse.

»Gut, Dorian,« sagte er endlich mit traurigem Lächeln, »ich werde von heute an nichts mehr von der traurigen Sache zu dir sagen. Ich hoffe nur, dein Name wird nicht in Verbindung mit ihr genannt. Die Leichenschau wird diesen Nachmittag stattfinden. Bist du geladen?«

– Bien, Dorian, dit-il enfin, avec un sourire attristé ; je ne vous parlerai plus de cette horrible affaire désormais. J’espère seulement que votre nom n’y sera pas mêlé. L’enquête doit avoir lieu cette après-midi. Vous a-t-on convoqué ?

Dorian schüttelte den Kopf, und eine unangenehme Empfindung prägte sich bei dem Wort »Leichenschau« in seinen Mienen aus. Alles der Art hatte so etwas Rohes und Gemeines an sich. »Sie wissen nicht, wie ich heiße,« antwortete er.

Dorian secoua la tête et une expression d’ennui passa sur ses traits à ce mot d’ « enquête ». Il y avait dans ce mot quelque chose de si brutal et de si vulgaire !

– Ils ne connaissent pas son nom, répondit-il.

– Mais elle, le connaissait certainement ?

»Aber sie wußte es doch?«

»Sie kannte nur meinen Vornamen, und ich bin sicher, daß sie den niemandem gegenüber aussprach. Sie sagte mir einmal, alle seien sehr neugierig, zu wissen, wer ich sei, und sie sage allen unweigerlich, ich heiße Prinz Wunderhold. Das war lieb von ihr. Du mußt mir eine Zeichnung von Sibyl machen, Basil. Ich möchte gern etwas mehr von ihr haben als ein paar Küsse und ein paar schmerzvolle pathetische Worte.«

– Mon prénom seulement et je suis certain qu’elle ne l’a jamais dit à personne. Elle m’a dit une fois qu’ils étaient tous très curieux de savoir qui j’étais et qu’elle leur répondait invariablement que je m’appelais le « Prince Charmant. » C’était gentil de sa part. Il faudra que vous me fassiez un croquis de Sibyl, Basil. Je voudrais avoir d’elle quelque chose de plus que le souvenir de quelques baisers et de quelques lam-beaux de phrases pathétiques.

»Ich will versuchen, etwas zu machen, wenn du es haben willst. Aber du mußt zu mir kommen und mir selbst wieder sitzen. Ich kann ohne dich nicht weiterkommen.«

– J’essaierai de faire quelque chose, Dorian, si cela vous fait plaisir. Mais il faudra que vous veniez encore me poser. Je ne puis me passer de vous.

»Ich kann dir nie wieder sitzen, Basil. Es ist unmöglich!« rief er aus und trat zurück.

– Je ne peux plus poser pour vous, Basil. C’est tout à fait impossible ! s’écria-t-il en se reculant.

Der Maler starrte ihn an. »Lieber Junge, was für Unsinn redest du!« rief er. »Willst du damit sagen, das Bild, das ich von dir gemalt habe, gefalle dir nicht? Wo ist es? Warum hast du den Schirm davorgestellt? Laß mich es sehn! Es ist die beste Arbeit, die je aus meinen Händen kam. Nimm den Schirm weg, Dorian! Es ist eine Schande, daß dein Diener mein Werk derart versteckt. Ich merkte gleich, als ich hereinkam, daß das Zimmer anders aussah.«

Le peintre le regarda en face...

– Mon cher enfant, quelle bêtise ! Voudriez-vous dire que ce que j’ai fait de vous ne vous plaît pas ? Où est-ce, à propos ?... Pourquoi avez-vous poussé le para-vent devant votre portrait ? Laissez-moi le regarder. C’est la meilleure chose que j’aie jamais faite. Ôtez ce paravent, Dorian. C’est vraiment désobligeant de la part de votre domestique de cacher ainsi mon œuvre. Il me semblait que quelque chose était chan-gé ici quand je suis entré.

»Mein Diener hat nichts damit zu tun, Basil. Du glaubst doch nicht, daß ich es ihm überlasse, wie es in meinem Zimmer aussieht? Er ordnet manchmal meine Blumen, aber weiter nichts. Nein; ich tat es selbst. Das Bild hatte zuviel Licht.«

»Zuviel Licht! Gewiß nicht, mein Lieber. Es hat einen prachtvollen Platz. Ich möchte es sehen.« Und Hallward näherte sich der Zimmerecke.

– Mon domestique n’y est pour rien, Basil. Vous n’imaginez pas que je lui laisse arranger mon appartement. Il dispose mes fleurs, quelquefois, et c’est tout. Non, j’ai fait cela moi-même. La lumière tombait trop crûment sur le portrait.

Ein Ruf des Schreckens kam von den Lippen Dorian Grays, und er stürzte sich zwischen den Maler und den Wandschirm. »Basil,« sagte er und sah sehr blaß aus, »du darfst es nicht ansehn. Ich wünsche es nicht!«

– Trop crûment, mais pas du tout, cher ami. L’exposition est admirable. Lais-sez-moi voir...

Et Hallward se dirigea vers le coin de la pièce. Un cri de terreur s’échappa des lèvres de Dorian Gray. Il s’élança entre le peintre et le paravent.

»Mein eigenes Bild nicht ansehn! Du scherzest. Warum sollte ich es nicht sehen?« rief Hallward und lachte.

– Basil, dit-il, en pâlissant vous ne regarderez pas cela, je ne le veux pas.

»Wenn du den Versuch machst, es anzusehn, Basil, gebe ich dir mein Ehrenwort, daß ich nie wieder, solange ich lebe, ein Wort mit dir spreche. Ich scherze nicht. Ich gebe keinerlei Erklärung, und du wirst nicht danach fragen. Aber vergiß nicht, wenn du diesen Schirm berührst, ist alles zwischen uns vorbei!«

– Ne pas regarder ma propre œuvre ! Vous n’êtes pas sérieux. Pourquoi ne la regarderais-je pas ? s’exclama Hallward en riant.

– Si vous essayez de la voir, Basil, je vous donne ma parole d’honneur que je ne vous parlerai plus de toute ma vie !... Je suis tout à fait sérieux, je ne vous offre au-cune explication et il ne faut pas m’en demander. Mais, songez-y, si vous touchez au paravent, tout est fini entre nous !...

Hallward war wie vom Donner gerührt. Er sah Dorian Gray in heftigstem Staunen an. Er hatte ihn nie vorher so gesehen. Der Jüngling war tatsächlich blaß vor Wut. Seine Hände waren geballt, und seine Pupillen sahen aus wie Räder aus blauem Feuer. Er zitterte am ganzen Leib.

»Dorian!«

»Sprich nicht!«

Hallward était comme foudroyé. Il regardait Dorian avec une profonde stupé-faction. Il ne l’avait jamais vu ainsi. Le jeune homme était blême de colère. Ses mains se crispaient et les pupilles de ses yeux semblaient deux flammes bleues. Un trem-blement le parcourait...

»Aber was ist los? Natürlich sehe ich es nicht an, wenn du es nicht haben willst,« sagte er kalt, drehte sich auf dem Absatz herum und ging ans Fenster hinüber. »Aber wahrhaftig, es klingt wie Wahnsinn, daß ich mein eigenes Werk nicht sehn soll, besonders, wo ich es im Herbst in Paris ausstellen will. Ich werde es wahrscheinlich vorher neu firnissen und es daher eines Tages sehen müssen. Warum also nicht heute?«

– Dorian !

– Ne parlez pas !

– Mais qu’y-a-t-il ? Certainement je ne le regarderai pas si vous ne le voulez pas, dit-il un peu froidement, tournant sur ses talons et allant vers la fenêtre, mais il me semble plutôt absurde que je ne puisse voir mon œuvre, surtout lorsque je vais l’exposer à Paris cet automne. Il faudra sans doute que je lui donne une nouvelle couche de vernis d’ici-là ; ainsi, devrai-je l’avoir quelque jour ; pourquoi pas mainte-nant ?

»Es ausstellen! Du willst es ausstellen?« rief Dorian Gray, und ein seltsames Gefühl der Angst überkam ihn. Sein Geheimnis sollte der Welt gezeigt werden? Die Menschen sollten das Geheimnis seines Lebens begaffen dürfen? Das war unmöglich. Da mußte etwas – er wußte nicht was – sofort geschehen.

– L’exposer !... Vous voulez l’exposer ? s’exclama Dorian Gray envahi d’un étrange effroi.

»Ja; ich denke nicht, daß du etwas dagegen hast. Georges Petit ist dabei, meine besten Bilder für eine Sonderausstellung in der Rue de Sèze zusammenzustellen, die in der ersten Oktoberwoche eröffnet werden soll. Das Bild wird nur einen Monat fort sein. Ich sollte meinen, du könntest es leicht so lange entbehren. In Wahrheit wirst du sicher gar nicht in der Stadt sein. Und wenn du es immer hinter einem Schirm versteckst, kannst du dir nicht viel daraus machen.«

Le monde verrait donc son secret ? On viendrait bâiller devant le mystère de sa vie ? Cela était impossible ! Quelque chose – il ne savait quoi – se passerait avant...

– Oui, je ne suppose pas que vous ayez quelque chose à objecter. Georges Petit va réunir mes meilleures toiles pour une exposition spéciale qui ouvrira rue de Sèze dans la première semaine d’octobre. Le portrait ne sera hors d’ici que pour un mois ; je pense que vous pouvez facilement vous en séparer ce laps de temps. D’ailleurs vous serez sûrement absent de la ville. Et si vous le laissez toujours derrière un paravent, vous n’avez guère à vous en soucier.

Dorian Gray fuhr mit der Hand über die Stirn, es standen Schweißtropfen darauf. Er spürte, daß er am Rande einer furchtbaren Gefahr war. »Vor einem Monat sagtest du mir, du wolltest es nie ausstellen. Warum bist du anderer Meinung geworden? Ihr Men schen, die ihr solch Wesen aus der Konsequenz macht, habt genau soviel Launen wie andere. Der einzige Unterschied ist, daß eure Launen keinen Sinn haben. Du kannst nicht vergessen haben, daß du mir sehr feierlich versichert hast, nichts in der Welt sollte dich dazu bringen, es auf eine Ausstellung zu schicken. Du sagtest Harry genau dasselbe.« Er hielt plötzlich inne, und seine Augen glänzten auf. Er erinnerte sich, wie Lord Henry halb im Ernst, halb scherzhaft einmal zu ihm gesagt hatte: ›Willst du eine seltsame Viertelstunde haben, so laß dir von Basil sagen, warum er dein Bild nicht ausstellen will. Er sagte mir den Grund, und es war eine Offenbarung für mich.‹ Ja, vielleicht hatte auch Basil sein Geheimnis. Er wollte den Versuch machen und ihn fragen.

Dorian passa sa main sur son front emperlé de sueur. Il lui semblait qu’il cou-rait un horrible danger.

– Vous m’avez dit, il y a un mois, que vous ne l’exposeriez jamais, s’écria-t-il. Pourquoi avez-vous changé d’avis. Vous autres qui passez pour constants vous avez autant de caprices que les autres. La seule différence, c’est que vos caprices sont sans aucune signification. Vous ne pouvez avoir oublié que vous m’avez solennellement assuré que rien au monde ne pourrait vous amener à l’exposer. Vous avez dit exacte-ment la même chose à Harry.

Il s’arrêta soudain ; un éclair passa dans ses yeux. Il se souvint que lord Henry lui avait dit un jour à moitié sérieusement, à moitié en riant : « Si vous voulez passer un curieux quart d’heure, demandez à Basil pourquoi il ne veut pas exposer votre portrait. Il me l’a dit, et cela a été pour moi une révélation ». Oui, Basil aussi, peut-être, avait son secret. Il essaierait de le connaître...

»Basil,« sagte er, trat dicht an ihn heran und sah ihm gerade ins Gesicht, »jeder von uns hat ein Geheimnis. Laß mich deines wissen, und sich sage dir meines. Was war der Grund, warum du es von dir wiesest, mein Bild auszustellen?«

– Basil, dit-il en se rapprochant tout contre lui et le regardant droit dans les yeux, nous avons chacun un secret. Faites-moi connaître le vôtre, je vous dirai le mien. Pour quelle raison refusiez-vous d’exposer mon portrait ?

Den Maler überlief ein Frösteln. »Dorian, wenn ich dir das sagte, hättest du mich vielleicht nicht mehr so lieb wie jetzt und lachtest sicher über mich. Ich könnte beides nicht ertragen. Wenn du wünschst, daß ich dein Bildnis nicht wieder sehn soll, will ich mich zufrieden geben. Ich kann immer noch dich ansehn. Wenn du das beste Werk, das ich je gemacht habe, vor der Welt verstecken willst, soll es mir recht sein. Deine Freundschaft gilt mir mehr als alle Berühmtheit.«

Le peintre frissonna malgré lui.

– Dorian, si je vous le disais, vous pourriez m’en aimer moins et vous ririez sû-rement de moi ; je ne pourrai supporter ni l’une ni l’autre de ces choses. Si vous vou-lez que je ne regarde plus votre portrait, c’est bien... Je pourrai, du moins, toujours vous regarder, vous... Si vous voulez que la meilleure de mes œuvres soit à jamais cachée au monde, j’accepte... Votre amitié m’est plus chère que toute gloire ou toute renommée.

»Nein, Basil, du mußt es mir sagen,« drängte Dorian Gray. »Ich denke, ich habe ein Recht, es zu wissen.« Sein Angstgefühl war gewichen und Neugier an die Stelle getreten. Er war entschlossen, hinter Basil Hallwards Geheimnis zu kommen.

– Non, Basil, il faut me le dire, insista Dorian Gray, je crois avoir le droit de le savoir.

Son impression de terreur avait disparu et la curiosité l’avait remplacée. Il était résolu à connaître le secret de Basil Hallward.

»Setzen wir uns, Dorian,« sagte der Maler, der verwirrt aussah. »Setzen wir uns. Und nun beantworte mir eine Frage. Hast du an dem Bild etwas Seltsames bemerkt? – Etwas, was dir wahrscheinlich zuerst nicht auffiel, was sich dir aber plötzlich offenbarte?«

»Basil!« rief der Jüngling, umklammerte die Armlehnen seines Stuhles mit zitternden Händen und starrte ihn mit wilden, entsetzten Augen an.

– Asseyons-nous. Dorian, dit le peintre troublé, asseyons-nous ; et répondez à ma question. Avez-vous remarqué dans le portrait une chose curieuse ? Une chose qui probablement ne vous a pas frappé tout d’abord, mais qui s’est révélée à vous soudai-nement ?

»Ich sehe, du hast es bemerkt. Sprich nicht! Warte, bis du gehört hast, was ich zu sagen habe. Dorian, von dem Moment an, wo ich dich kennen lernte, übte deine Erscheinung den außerordentlichsten Einfluß auf mich aus. Du herrschtest über mich, über meine Seele, mein Hirn und all meine Kraft. Du wurdest für mich die sichtbare Verkörperung des unsichtbaren Ideals, das wir Künstler nicht los werden wie einen köstlichen Traum. Ich betete dich an. Ich wurde eifersüchtig auf jeden, mit dem du sprachst. Ich wollte dich ganz für mich haben. Ich war nur glücklich, wenn ich mit dir zusammen war. Wenn du von mir fort warst, lebtest du noch immer in meiner Kunst und warst da ... Natürlich ließ ich dich davon nie etwas ahnen – es wäre unmöglich gewesen. Du hättest es nicht verstanden, ich verstand es kaum selbst. Ich wußte nur, daß ich der Vollkommenheit von Angesicht zu Angesicht gegenübergestanden, und daß die Welt sich meinen Augen wundervoll erschlossen hatte – zu wundervoll vielleicht, denn in so wahnsinniger Anbetung liegt Gefahr – die Gefahr, daß sie aufhört, und die Gefahr, daß sie bleibt ... Wochen und Wochen vergingen, und ich verlor mich mehr und mehr in dir. Dann kam eine neue Wendung. Ich hatte dich als Paris in funkelnder Rüstung gemalt und als Adonis im Jagdgewand mit blitzendem Jagdspieß. Mit schweren Lotosblumen bekränzt hast du am Bug der Barke Hadrians gesessen und auf das grüne, trübe Wasser des Nils gesehn. Du hast dich über den stillen Teich einer Waldlandschaft Griechenlands gebeugt und in dem schweigenden Silber des Wassers das Wunder deines eigenen Bildes erblickt. Und es war alles gewesen, wie die Kunst sein soll, unbewußt, ideal und entfernt. Eines Tages – eines verhängnisvollen Tages, denke ich manchmal, beschloß ich, ein wundervolles Bild von dir, wie du wirklich bist, zu malen, nicht in der Tracht vergangener Zeiten, sondern in deinen eignen Kleidern und deiner eignen Zeit. Ob es der Realismus der Aufgabe oder das bloße Wunder deiner eigenen Erscheinung war, die sich so unmittelbar ohne Dunst und Schleier vor mich hinstellte, kann ich nicht sagen. Aber ich weiß, als ich daran arbeitete, schien jede Schicht Farbe, die ich auftrug, mein Geheimnis zu enthüllen. Ich bekam Angst, andere könnten die Abgötterei, die ich mit dir trieb, herausfinden. Ich empfand, Dorian, daß ich zuviel gesagt hatte, daß ich zuviel von mir selbst hineingelegt hatte. Damals entschloß ich mich, das Bild nie ausstellen zu lassen. Du schienst etwas betroffen; aber damals gewahrtest du nicht alles, was es für mich bedeutete. Harry, dem ich davon sprach, lachte mich aus. Aber das beirrte mich nicht. Als das Bild vollendet war und ich allein vor ihm saß, fühlte ich, daß ich recht hatte ... Nun, nach ein paar Tagen verließ es mein Atelier, und sowie ich den unerträglichen Zauber seiner Gegenwart los war, schien mir, ich sei töricht gewesen, daß ich irgend etwas darin hatte finden wollen, außer daß du sehr schön bist und daß ich gut malen kann. Selbst jetzt kann ich mich des Gefühls nicht gut erwehren, daß es ein Irrtum ist, zu glauben, die Glut, die man im Schaffen verspürt, zeige sich je leibhaftig in dem Werke, das man geschaffen hat. Die Kunst ist immer abstrakter, als wir glauben. Form und Farbe sagen uns etwas von Form und Farbe – weiter nichts. Mir will oft scheinen, die Kunst ver birgt den Künstler weit mehr, als sie ihn offenbart. Und als mir daher von Paris aus dieser Vorschlag gemacht wurde, beschloß ich, dein Porträt solle das Hauptstück meiner Ausstellung werden. Es fiel mir nie ein, du könntest die Erlaubnis versagen. Ich sehe jetzt, daß du recht hast. Das Bild darf nicht gezeigt werden. Du darfst mir nicht zürnen, Dorian, um deswillen, was ich dir gesagt habe. Ich habe es einmal zu Harry gesagt und wiederhole es: Du bist dazu geschaffen, angebetet zu werden.« Dorian Gray holte tief Atem.

– Basil ! s’écria le jeune homme étreignant les bras de son fauteuil de ses mains tremblantes et le regardant avec des yeux ardents et effrayés.

– Je vois que vous l’avez remarqué... Ne parlez pas ! Attendez d’avoir entendu ce que j’ai à dire. Dorian, du jour où je vous rencontrai, votre personnalité eut sur moi une influence extraordinaire. Je fus dominé, âme, cerveau et talent, par vous. Vous deveniez pour moi la visible incarnation de cet idéal jamais vu, dont la pensée nous hante, nous autres artistes, comme un rêve exquis. Je vous aimai ; je devins jaloux de tous ceux à qui vous parliez, je voulais vous avoir à moi seul, je n’étais heureux que lorsque j’étais avec vous. Quant vous étiez loin de moi, vous étiez encore présent dans mon art...

« Certes, je ne vous laissai jamais rien connaître de tout cela. C’eût été impos-sible. Vous n’auriez pas compris ; Je le comprends à peine moi-même. Je connus seulement que j’avais vu la perfection face à face et le monde devint merveilleux à mes yeux, trop merveilleux peut-être, car il y a un péril dans de telles adorations, le péril de les perdre, non moindre que celui de les conserver... Les semaines passaient et je m’absorbais en vous de plus en plus. Alors commença une phase nouvelle. Je vous avais dessiné en berger Paris, revêtu d’une délicate armure, en Adonis armé d’un épieu poli et en costume de chasseur. Couronné de lourdes fleurs de lotus, vous aviez posé sur la proue de la trirème d’Adrien, regardant au-delà du Nil vert et bourbeux. Vous vous étiez penché sur l’étang limpide d’un paysage grec, mirant dans l’argent des eaux silencieuses, la merveille de votre propre visage. Et tout cela avait été ce que l’art pouvait être, de l’inconscience, de l’idéal, de l’à-peu-près. Un jour, jour fatal, auquel je pense quelquefois, je résolus de peindre un splendide portrait de vous tel que vous êtes maintenant, non dans les costumes des temps révolus, mais dans vos propres vêtements et dans votre époque. Fût-ce le réalisme du sujet ou la simple idée de votre propre personnalité, se présentant ainsi à moi sans entours et sans voile, je ne puis le dire. Mais je sais que pendant que j’y travaillais, chaque coup de pinceau, chaque touche de couleur me semblaient révéler mon secret. Je m’effrayais que cha-cun pût connaître mon idolâtrie. Je sentis, Dorian, que j’avais trop dit, mis trop de moi-même dans cette œuvre. C’est alors que je résolus de ne jamais permettre que ce portrait fût exposé. Vous en fûtes un peu ennuyé. Mais alors vous ne vous rendiez pas compte de ce que tout cela signifiait pour moi. Harry, à qui j’en parlai, se moqua de moi, je ne m’en souciais pas. Quand le tableau fut terminé et que je m’assis tout seul en face de lui, je sentis que j’avais raison... Mais quelques jours après qu’il eût quitté mon atelier, dès que je fus débarrassé de l’intolérable fascination de sa présence, il me sembla que j’avais été fou en imaginant y avoir vu autre chose que votre beauté et plus de choses que je n’en pouvais peindre. Et même maintenant je ne puis m’empêcher de sentir l’erreur qu’il y a à croire que la passion éprouvée dans la créa-tion puisse jamais se montrer dans l’œuvre créée. L’art est toujours plus abstrait que nous ne l’imaginons. La forme et la couleur nous parlent de forme et de couleur, voilà tout. Il me semble souvent que l’œuvre cache l’artiste bien plus qu’il ne le révèle. Aussi lorsque je reçus cette offre de Paris, je résolus de faire de votre portrait le clou de mon exposition. Je ne soupçonnais jamais que vous pourriez me le refuser. Je vois maintenant que vous aviez raison. Ce portrait ne peut être montré. Il ne faut pas m’en vouloir, Dorian, de tout ce que je viens de vous dire. Comme je le disais une fois à Harry, vous êtes fait pour être aimé...

Die Farbe kehrte in seine Wangen zurück, und ein Lächeln spielte um seine Lippen. Die Gefahr war vorüber; für diesmal war er gerettet. Aber er konnte sich nicht enthalten, unendliches Mitleid mit dem Maler zu empfinden, der ihm eben dieses seltsame Bekenntnis abgelegt hatte, und er sann darüber nach, ob er selber je von der Persönlichkeit eines Freundes so beherrscht werden könnte. Lord Henry hatte den Reiz, sehr gefährlich zu sein. Aber das war alles. Er war zu gescheit und zu zynisch, um wirklich geliebt zu werden. Würde es je einen Menschen geben, den er so seltsam abgöttisch verehrte? War das eins von den Dingen, die das Leben für ihn in Bereitschaft hielt?

Dorian Gray poussa un long soupir. Ses joues se colorèrent de nouveau et un sourire se joua sur ses lèvres. Le péril était passé. Il était sauvé pour l’instant. Il ne pouvait toutefois se défendre d’une infinie pitié pour le peintre qui venait de lui faire une si étrange confession, et il se demandait si lui-même pourrait jamais être ainsi dominé par la personnalité d’un ami. Lord Henry avait ce charme d’être très dange-reux, mais c’était tout. Il était trop habile et trop cynique pour qu’on pût vraiment l’aimer. Pourrait-il jamais exister quelqu’un qui le remplirait d’une aussi étrange idolâtrie ? Était-ce là une de ces choses que la vie lui réservait ?...

»Es ist mir überaus erstaunlich, Dorian,« sagte Hallward, »daß du das dem Bild angesehn haben sollst. Sahst du es wirklich?«

»Ich sah etwas an ihm,« antwortete er, »etwas, das mir sehr seltsam vorkam.«

– Cela me paraît extraordinaire, Dorian, dit Hallward que vous ayez réellement vu cela dans le portrait. L’avez-vous réellement vu ?

»Und nun hast du doch nichts mehr dagegen, daß ich das Bild ansehe?«

– J’y voyais quelque chose, répondit-il, quelque chose qui me semblait très curieux.

Dorian schüttelte den Kopf. »Du mußt es nicht von mir verlangen, Basil. Es wäre mir nicht möglich, dich vor dem Bilde stehn zu sehen.«

»Aber doch ein andermal?«

– Bien, admettez-vous maintenant que je le regarde ?

Dorian secoua la tête.

– Il ne faut pas me demander cela, Basil, je ne puis vraiment vous laisser face à face avec ce tableau.

»Niemals.«

– Vous y arriverez un jour ?

»Nun, vielleicht hast du recht. Und nun leb wohl, Dorian. Du bist die einzige Person in meinem Leben gewesen, die wirklichen Einfluß auf meine Kunst hatte. Alles Gute, was ich vollbracht habe, danke ich dir. Ah! du weißt nicht, was es mich gekostet hat, dir all das zu sagen, was ich gesagt habe.«

– Jamais !

– Peut-être avez-vous raison. Et maintenant, au revoir, Dorian. Vous avez été la seule personne dans ma vie qui ait vraiment influencé mon talent. Tout ce que j’ai fait de bon, je vous le dois. Ah ! vous ne savez pas ce qu’il m’en coûte de vous dire tout cela !...

»Mein lieber Basil,« sagte Dorian, »was hast du mir gesagt? Nichts weiter, als daß du fühlst, du bewunderst mich zu sehr. Das ist nicht eben sehr schmeichelhaft.«

– Mon cher Basil, dit Dorian, que m’avez-vous dit ? Simplement que vous sen-tiez m’admirer trop... Ce n’est pas même un compliment.

»Es sollte keine Schmeichelei sein – es war ein Bekenntnis. Jetzt, da ich es abgelegt habe, ist es mir, als hätte ich etwas verloren. Vielleicht sollte man nie seiner Anbetung in Worten Ausdruck geben.«

– Ce ne pouvait être un compliment. C’était une confession ; maintenant que je l’ai faite, il me semble que quelque chose de moi s’en est allé. Peut-être ne doit-on pas exprimer son adoration par des mots.

»Es war ein Bekenntnis und eine Enttäuschung.«

– C’était une confession très désappointante.

»Ja, aber was erwartetest du, Dorian? Du sahst doch nichts anderes an dem Bilde, oder? Es war nichts anderes an ihm zu sehn?«

– Qu’attendiez-vous donc, Dorian ? Vous n’aviez rien vu d’autre dans le ta-bleau ? Il n’y avait pas autre chose à voir...

»Nein; es war nichts anderes zu sehen. Warum fragst du? Aber du solltest nicht von Anbetung sprechen. Das ist Torheit. Du und ich sind Freunde, Basil, und wir wollen es immer bleiben.«

– Non, il n’y avait rien de plus à y voir. Pourquoi le demander ? Mais il ne faut pas parler d’adoration. C’est une folie. Vous et moi sommes deux amis ; nous devons nous en tenir là...

»Du hast Harry zum Freund,« sagte der Maler traurig.

– Il vous reste Harry ! dit le peintre tristement.

»Oh, Harry,« sagte der junge Mann und lachte hell auf. »Harry verbringt seine Tage damit, Dinge zu sagen, die unglaublich sind, und seine Nächte, Dinge zu tun, die unwahrscheinlich sind. Gerade die Art Leben, wie ich es führen möchte. Aber doch, glaube ich, würde ich nicht zu Harry gehn, wenn mich etwas bekümmerte. Ich ginge eher zu dir, Basil.«

– Oh ! Harry ! s’écria l’adolescent avec un éclat de rire ; Harry passe ses jour-nées à dire des choses incroyables et ses soirées à faire des choses invraisemblables. Tout à fait le genre de vie que j’aimerais. Mais je ne crois pas que j’irai vers Harry dans un moment d’embarras ; je viendrai à vous aussitôt, Basil.

»Du wirst mir wieder sitzen?«

– Vous poserez encore pour moi ?

»Unmöglich!«

– Impossible !

»Du vernichtest mein Dasein als Künstler mit deiner Weigerung, Dorian. Niemand ist je zwei Idealen im Leben begegnet. Wenige haben eines getroffen.«

– Vous gâtez ma vie d’artiste en refusant, Dorian. Aucun homme ne rencontre deux fois son idéal ; très peu ont une seule fois cette chance.

»Ich kann es dir nicht erklären, Basil, aber ich darf dir nie wieder sitzen. Es ist etwas Verhängnisvolles um das Bildnis eines Menschen. Es hat sein eigenes Leben in sich. Ich werde zu dir kommen und Tee mit dir trinken – das wird ebenso schön sein.«

– Je ne puis vous donner d’explications, Basil ; je ne dois plus poser pour vous. Il y a quelque chose de fatal dans un portrait. Il a sa vie propre... Je viendrai prendre le thé avec vous. Ce sera tout aussi agréable.

»Für dich schöner, fürchte ich,« sagte der Maler in schmerzlichem Ton. »Und nun leb wohl. Ich bin traurig, daß du mich das Bild nicht noch einmal sehn lassen willst. Aber ich kann's nicht ändern. Ich verstehe völlig, was für eine Empfindung du dabei hast.«

– Plus agréable pour vous, je le crains, murmura Hallward avec tristesse. Et maintenant au revoir. Je suis fâché que vous ne vouliez pas me laisser regarder en-core une fois le tableau. Mais nous n’y pouvons rien. Je comprends parfaitement ce que vous éprouvez.

Als er das Zimmer verlassen hatte, lächelte Dorian Gray. Armer Basil! wie wenig er den wahren Grund ahnte! Und wie seltsam es war, daß es ihm fast wie durch Zufall gelungen war, anstatt sein eigenes Geheimnis zu verraten, dem Freunde das seine zu entreißen! Wie viel erklärte ihm dieses seltsame Bekenntnis! Die absurden Eifersuchtsanwandlungen des Malers, seine wilde Hingebung, seine ausschweifenden Bewunderungshymnen, die Stimmungen seltsamer Schweigsamkeit – das alles verstand er jetzt, und er wurde traurig. Es schien ihm etwas Tragisches um eine Freundschaft zu sein, die so von der Romantik gefärbt war. Er seufzte und klingelte. Das Bild mußte unter allen Umständen versteckt werden. Er konnte sich nicht noch einmal einer solchen Gefahr der Entdeckung aussetzen. Es war Wahnsinn von ihm gewesen, das Bild auch nur eine Stunde lang in einem Zimmer zu lassen, in das jeder seiner Freunde kommen konnte.

Lorsqu’il fut parti, Dorian se sourit à lui-même. Pauvre Basil ! Comme il connaissait peu la véritable raison ! Et comme cela était étrange qu’au lieu d’avoir été forcé de révéler son propre secret, il avait réussi presque par hasard, à arracher le secret de son ami ! Comme cette étonnante confession l’expliquait à ses yeux ! Les absurdes accès de jalousie du peintre, sa dévotion farouche, ses panégyriques extra-vagants, ses curieuses réticences, il comprenait tout maintenant et il en éprouva une contrariété. Il lui semblait qu’il pouvait y avoir quelque chose de tragique dans une amitié aussi empreinte de romanesque.

Il soupira, puis il sonna. Le portrait devait être caché à tout prix. Il ne pouvait courir plus longtemps le risque de le découvrir aux regards. Ç’avait été de sa part une vraie folie que de le laisser, même une heure, dans une chambre où tous ses amis avaient libre accès.