Das Bildnis des Dorian Gray.  Oscar Wilde
Kapitel 4. (Chapitre 4. )
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Eines Nachmittags, einen Monat später, saß Dorian Gray zurückgelehnt in einem üppigen Lehnstuhl in dem kleinen Bibliothekzimmer im Hause Lord Henrys in Mayfair. Es war in seiner Art ein entzückendes Zimmer mit seiner hohen, getäfelten Wandverkleidung aus olivenfarbenem Eichenholz, mit seiner mattgelben Decke und dem Fries mit Stuckverzierungen und dem ziegelmehlfarbenen Filzteppich, auf dem seidene, langbefranste persische Decken herumlagen. Auf einem zierlichen Tischchen aus Satinholz stand eine Statuette von Clodion, und daneben lag ein Exemplar der Cent Nouvelles, das Clovis Eve für Margarete von Valois gebunden hatte und in das vergoldete Gänseblümchen geprägt waren, die diese Königin als ihr Wahrzeichen erwählt hatte. Ein paar große blaue Porzellankrüge und Papageientulpen standen auf dem Kaminsims, und durch die kleinen, mit Blei eingefaßten Scheiben der Fenster floß das aprikosenfarbene Licht eines Londoner Sommertags.

Une après-midi, un mois après, Dorian Gray était allongé en un luxueux fau-teuil, dans la petite bibliothèque de la maison de lord Henry à Mayfair. C’était, en son genre, un charmant réduit, avec ses hauts lambris de chêne olivâtre, sa frise et son plafond crème rehaussé de moulure, et son tapis de Perse couleur brique aux longues franges de soie. Sur une mignonne table de bois satiné, une statuette de Clodion à côté d’un exemplaire des « Cent Nouvelles » relié pour Marguerite de Valois par Clo-vis Ève, et semé des pâquerettes d’or que cette reine avait choisies pour emblème. Dans de grands vases bleus de Chine, des tulipes panachées étaient rangées sur le manteau de la cheminée. La vive lumière abricot d’un jour d’été londonien entrait à flots à travers les petits losanges de plombs des fenêtres.

Lord Henry war noch nicht gekommen. Er verspätete sich immer aus Prinzip, da es sein Prinzip war, daß Pünktlichkeit einem die Zeit stiehlt. So sah der junge Mann recht verdrießlich drein, wie er lässig eine reich illustrierte Ausgabe der Manon Lescaut durchblätterte, die er in einem der Bücherschränke gefunden hatte. Das regelmäßige, eintönige Ticken der Louis-Quatorze-Uhr quälte ihn. Ein- oder zweimal dachte er daran fortzugehn. Endlich hörte er einen Schritt draußen, und die Tür öffnete sich. »Wie spät du kommst, Harry!« sagte er mit leisem Vorwurf.

Lord Henry n’était pas encore rentré. Il était toujours en retard par principe, son opinion étant que la ponctualité était un vol sur le temps. Aussi l’adolescent sem-blait-il maussade, feuilletant d’un doigt nonchalant une édition illustrée de Manon Lescaut qu’il avait trouvée sur un des rayons de la bibliothèque. Le tic-tac monotone de l’horloge Louis XIV l’agaçait. Une fois ou deux il avait voulu partir... Enfin il perçut un bruit de pas dehors et la porte s’ouvrit.

– Comme vous êtes en retard, Harry, murmura-t-il.

– J’ai peur que ce ne soit point Harry, Mr Gray, répondit une voix claire.

Il leva vivement les yeux et se dressa...

»Ich fürchte, es ist nicht Harry, Herr Gray,« antwortete eine scharfe Stimme.

– Je vous demande pardon. Je croyais...

Er blickte sich schnell um und sprang auf die Füße.

»Ich bitte um Entschuldigung. Ich dachte ...«

– Vous pensiez que c’était mon mari. Ce n’est que sa femme. Il faut que je me présente moi-même. Je vous connais fort bien par vos photographies. Je pense que mon mari en a au moins dix-sept.

»Sie dachten, es sei mein Mann. Es ist nur seine Frau. Sie müssen gestatten, daß ich mich selbst vorstelle. Ich kenne Sie ganz gut von Ihren Photographien her. Ich glaube, mein Mann hat siebzehn.«

– Non, pas dix-sept, lady Henry ?

– Bon, dix-huit alors. Et je vous ai vu avec lui à l’Opéra la nuit dernière.

»Doch nicht siebzehn, Lady Henry.«

Elle riait nerveusement en lui parlant et le regardait de ses yeux de myosotis. C’était une curieuse femme dont les toilettes semblaient toujours conçues dans un accès de rage et mises dans une tempête.

»Nun denn also achtzehn. Und ich sah Sie gestern abend mit ihm in der Oper.« Sie lachte nervös, während sie sprach, und beobachtete ihn mit ihren verschwommenen Vergißmeinnichtaugen. Sie war eine absonderliche Frau, die fast immer in jemanden verliebt war und die, da ihr Gefühl nie erwidert wurde, sich alle ihre Illusionen bewahrt hatte. Sie versuchte, malerisch auszusehn. Es gelang ihr aber nur, unordentlich gekleidet zu sein. Sie hieß Viktoria und hatte eine krankhafte Neigung, in die Kirche zu gehn:

Elle était toujours en intrigue avec quelqu’un et, comme son amour n’était ja-mais payé de retour, elle avait gardé toutes ses illusions. Elle essayait d’être pittores-que, mais ne réussissait qu’à être désordonnée. Elle s’appelait Victoria et avait la manie invétérée d’aller à l’église.

»Das war im ›Lohengrin‹, Lady Henry, nicht wahr?«

– C’était à Lohengrin, lady Henry, je crois ?

»Ja, es war im herrlichen ›Lohengrin‹. Ich liebe Wagners Musik mehr als irgendeine andre. Sie ist so laut, daß man sich die ganze Zeit unterhalten kann, ohne daß andre Menschen hören, was man sagt. Das ist ein großer Vorteil; meinen Sie nicht auch, Herr Gray?«

– Oui, c’était à ce cher Lohengrin. J’aime Wagner mieux que personne. Cela est si bruyant qu’on peut causer tout le temps sans être entendu. C’est un grand avan-tage. Ne trouvez-vous pas, Mr Gray ?...

Le même rire nerveux et saccadé tomba de ses lèvres fines, et elle se mit à jouer avec un long coupe-papier d’écaille.

Dasselbe nervöse, kurz abgebrochene Lachen kam von ihren dünnen Lippen, und ihre Finger fingen an, mit einem langen Schildpattpapiermesser zu spielen.

Dorian sourit en secouant la tête.

Dorian lächelte und schüttelte den Kopf. »Ich fürchte, ich meine es nicht, Lady Henry. Ich spreche nie während der Musik – wenigstens nicht während guter Musik. Wenn man schlechte Musik hört, hat man die Pflicht, sie im Gespräch zu ertränken.«

– Je crains de n’être pas de cet avis, lady Henry, je ne parle jamais pendant la musique, du moins pendant la bonne musique. Si l’on en entend de mauvaise, c’est un devoir de la couvrir par le bruit d’une conversation.

»Oh! das ist einer von Harrys Sätzen, nicht wahr, Herr Gray? Ich höre Harrys Sätze immer aus dem Munde seiner Freunde. Es ist die einzige Art, auf die ich sie erfahre. Aber Sie dürfen nicht denken, daß ich gute Musik nicht liebe. Ich verehre sie, aber ich habe Angst davor. Sie macht mich zu romantisch. Ich habe Pianisten geradezu angebetet – manchmal zwei zu gleicher Zeit, behauptet Harry. Ich weiß nicht, was das mit ihnen ist. Vielleicht kommt es daher, daß sie Ausländer sind. Sie sind es alle, nicht wahr? Selbst die, die in England geboren sind, werden nach einiger Zeit Ausländer, nicht wahr? Das ist so klug von ihnen und für die Kunst so schmeichelhaft. Das macht sie kosmopolitisch, nicht wahr? Sie sind nie bei einer meiner Gesellschaften gewesen, nicht wahr, Herr Gray? Sie müssen kommen. Orchideen kann ich mir nicht leisten, aber für Ausländer ist mir nichts zu teuer. Sie machen ein Haus so malerisch. Aber hier ist Harry! – Harry, ich kam, um nach dir zu sehn, ich wollte dich etwas fragen – ich weiß nicht mehr was –, und ich fand Herrn Gray hier. Wir haben so reizend über Musik geplaudert. Wir denken ganz gleich darüber. Nein, ich glaube, wir denken ganz verschieden darüber. Aber er ist sehr scharmant gewesen. Ich freue mich so sehr, daß ich ihn gesehn habe.«

– Ah ! voilà une idée d’Harry, n’est-ce pas, Mr Gray. J’apprends toujours ses opinions par ses amis, c’est même le seul moyen que j’aie de les connaître. Mais ne croyez pas que je n’aime pas la bonne musique. Je l’adore ; mais elle me fait peur. Elle me rend par trop romanesque. J’ai un culte pour les pianistes simplement. J’en ado-rais deux à la fois, ainsi que me le disait Harry. Je ne sais ce qu’ils étaient. Peut-être des étrangers. Ils le sont tous, et même ceux qui sont nés en Angleterre le deviennent bientôt, n’est-il pas vrai ? C’est très habile de leur part et c’est un hommage rendu à l’art de le rendre cosmopolite. Mais vous n’êtes jamais venu à mes réunions, Mr Gray. Il faudra venir. Je ne puis point offrir d’orchidées, mais je n’épargne aucune dépense pour avoir des étrangers. Ils vous font une chambrée si pittoresque... Voici Harry ! Harry, je venais pour vous demander quelque chose, je ne sais plus quoi, et j’ai trouvé ici Mr Gray. Nous avons ou une amusante conversation sur la musique. Nous avons tout à fait les mêmes idées. Non ! je crois nos idées tout à fait différentes, mais il a été vraiment aimable. Je suis très heureux de l’avoir vu.

»Das ist recht, meine Liebe, ganz recht,« sagte Lord Henry, zog seine dunklen, sichelförmigen Brauen hoch und blickte die beiden mit vergnügtem Lächeln an. »Es tut mir so leid, daß ich mich verspätet habe, Dorian. Ich sah mich in Wardour Street nach einem Stück alten Brokat um und mußte stundenlang darum handeln. Heutzutage kennen die Menschen den Preis von allen Dingen und den Wert von keinem.«

– Je suis ravi, ma chérie, tout à fait ravi, dit lord Henry élevant ses sourcils noirs et arqués et les regardant tous deux avec un sourire amusé. Je suis vraiment fâché d’être si en retard, Dorian ; j’ai été à Wardour Street chercher un morceau de vieux brocard et j’ai dû marchander des heures ; aujourd’hui, chacun sait le prix de toutes choses, et nul ne connaît la valeur de quoi que ce soit.

»Ich fürchte, ich muß gehn,« rief Lady Henry und brach ein unangenehmes Schweigen mit ihrem albernen unmotivierten Lachen. »Ich habe versprochen, mit der Herzogin auszufahren. Adieu, Herr Gray! Adieu, Harry! Du ißt nicht zu Hause, nicht wahr? Ich auch nicht. Vielleicht sehe ich dich bei Lady Thornbury.«

– Je vais être obligé de partir, s’exclama lady Henry, rompant le silence d’un intempestif éclat de rire. J’ai promis à la Duchesse de l’accompagner en voiture. Au revoir, Mr Gray, au revoir Harry. Vous dînez dehors, je suppose ? Moi aussi. Peut-être vous retrouverai-je chez Lady Thornbury.

– Je le crois, ma chère amie, dit lord Henry en fermant la porte derrière elle.

»Sehr wahrscheinlich, meine Liebe,« sagte Lord Henry und schloß die Tür hinter ihr, als sie, anzusehn wie ein Paradiesvogel, der die ganze Nacht im Regen gewesen, wie auf der Flucht das Zimmer verlassen hatte. Sie hinterließ einen leichten Duft von Jasminparfüm. Lord Harry steckte eine Zigarette an und machte sich's auf dem Sofa bequem.

Semblable à un oiseau de paradis qui aurait passé la nuit dehors sous la pluie, elle s’envola, laissant une subtile odeur de frangipane. Alors, il alluma une cigarette et se jeta sur le canapé.

– N’épousez jamais une femme aux cheveux paille, Dorian, dit-il après quel-ques bouffées.

– Pourquoi, Harry ?

– Parce qu’elles sont trop sentimentales.

– Mais j’aime les personnes sentimentales.

»Heirate nie eine Frau mit strohfarbenem Haar, Dorian,« sagte er nach einigen Zügen.

»Warum nicht, Harry?«

»Weil sie so sentimental sind.«

– Ne vous mariez jamais, Dorian. Les hommes se marient par fatigue, les fem-mes par curiosité : tous sont désappointés.

»Aber ich liebe sentimentale Menschen.«

»Heirate überhaupt nie, Dorian. Männer heiraten, weil sie müde sind; Frauen, weil sie neugierig sind: beide werden enttäuscht.«

– Je ne crois pas que je sois en train de me marier, Harry. Je suis trop amou-reux. Voilà un de vos aphorismes, je le mets en pratique, comme tout ce que vous dites.

»Ich glaube nicht, daß ich heiraten werde, Harry. Ich bin zu sehr verliebt. Das ist eins deiner Aphorismen. Ich setze es in Praxis um, wie alles, was du sagst.«

– De qui êtes-vous amoureux ? demanda lord Henry après une pause.

– D’une actrice, dit Dorian Gray rougissant.

Lord Henry leva les épaules :

»In wen bist du verliebt?« fragte Lord Henry nach einer Pause.

– C’est un début plutôt commun.

– Vous ne diriez pas cela si vous l’aviez vue, Harry.

»In eine Schauspielerin,« sagte Dorian Gray errötend.

– Qui est-ce ?

– Elle s’appelle Sibyl Vane.

Lord Henry zuckte die Achseln. »Das ist ein recht gewöhnliches Debüt.«

– Je n’en ai jamais entendu parler.

»Das sagtest du nicht, wenn du sie sähest, Harry.«

– Ni personne. Mais on parlera d’elle un jour. Elle est géniale.

»Wer ist es?«

»Sie heißt Sibyl Vane.«

»Habe nie von ihr gehört.«

»Niemand kennt sie. Aber die Menschen werden eines Tages von ihr hören. Sie ist ein Genie!«

»Mein lieber Junge, kein Weib ist ein Genie. Die Weiber sind das dekorative Geschlecht. Sie haben nie etwas zu sagen, aber sie sagen es entzückend. Die Weiber verkörpern den Triumph der Materie über den Geist, so wie die Männer den Triumph des Geistes über die Moral vorstellen.«

– Mon cher enfant, aucune femme n’est géniale. Les femmes sont un sexe dé-coratif. Elles n’ont jamais rien à dire, mais elles le disent d’une façon charmante. Les femmes représentent le triomphe de la matière sur l’intelligence, de même que les hommes représentent le triomphe de l’intelligence sur les mœurs.

– Harry, pouvez-vous dire ?

»Harry, wie kannst du!«

»Lieber Dorian, das ist sehr wahr. Ich bin gerade mit einer Analyse der Weiber beschäftigt, daher muß ich es wissen. Der Gegenstand ist nicht so verworren, wie ich dachte. Ich finde, es gibt schließlich nur zwei Arten von Frauen, die schlichten und die geschminkten. Die schlichten sind sehr nützlich. Wenn du in den Ruf der Ehrbarkeit kommen willst, mußt du nur mit einer von ihnen zu Abend essen gehn. Die andern Frauen sind sehr reizend. Einen Fehler jedoch begehen sie: sie gebrauchen Farbe in der Absicht, jung auszusehn. Unsre Großmütter gebrauchten Farbe, um glänzend zu plaudern. Rouge und Esprit gingen gewöhnlich zusammen. Das ist jetzt alles vorbei. Solange eine Frau zehn Jahre jünger aussehn kann als ihre Tochter, ist sie völlig zufriedengestellt. Was die Unterhaltung angeht, so gibt es nur fünf Frauen in London, mit denen es sich zu reden lohnt, und zwei davon sind in anständiger Gesellschaft unmöglich. Indessen, erzähle mir von deinem Genie! Seit wann kennst du sie?«

– Mon cher Dorian, cela est absolument vrai. J’analyse la femme en ce mo-ment, aussi dois-je la connaître. Le sujet est moins abstrait que je ne croyais. Je trouve en somme qu’il n’y a que deux sortes de femmes, les naturelles, et les fardées. Les femmes naturelles sont très utiles ; si vous voulez acquérir une réputation de respectabilité, vous n’avez guère qu’à les conduire souper. Les autres femmes sont tout à fait agréables. Elles commettent une faute, toutefois. Elles se fardent pour essayer de se rajeunir. Nos grand-mères se fardaient pour paraître plus brillantes. Le « Rouge » et l’Esprit allaient ensemble. Tout cela est fini. Tant qu’une femme peut paraître dix ans plus jeune que sa propre fille, elle est parfaitement satisfaite. Quant à la conversation, il n’y a que cinq femmes dans Londres qui vaillent la peine qu’on leur parle, et deux d’entre elles ne peuvent être reçues dans une société qui se respecte. À propos, parlez-moi de votre génie. Depuis quand la connaissez-vous ?

– Ah ! Harry, vos idées me terrifient.

»Ach, Harry, deine Worte entsetzen mich!«

– Ne faites pas attention. Depuis quand la connaissez-vous ?

»Kümmere dich nicht darum. Seit wann kennst du sie?«

– Depuis trois semaines.

– Et comment l’avez-vous rencontrée ?

»Seit ungefähr drei Wochen.«

»Und wie kamst du mit ihr zusammen?«

»Ich will es dir erzählen, Harry; aber du darfst es nicht leichthin nehmen. Schließlich wäre es nie dazu gekommen, wenn ich dich nicht gefunden hätte. Du fülltest mich mit einem wilden Verlangen, alles im Leben kennen zu lernen. Viele Tage, nachdem ich dich kennen gelernt hatte, schien etwas in meinen Adern zu pochen. Wenn ich im Park spazierte oder nach Piccadilly schlenderte, schaute ich jeden an, der mir begegnete, und wollte mit wilder Neugier herausbekommen, was für ein Leben sie alle führten. Einige von ihnen zogen mich an, andere füllten mich mit Schauder. Es lag ein verführerisches Gift in der Luft. Meine Sinne dürsteten nach Erlebnissen ... Nun, eines Abends gegen sieben Uhr beschloß ich auszugehn, auf die Suche nach einem Abenteuer. Ich empfand, unser graues, ungeheures London mit seinen vielen Hunderttausenden, seinen schmutzigen Sündern und seinen glänzenden Sünden, wie du dich einmal ausdrücktest, müsse etwas für mich in Bereitschaft halten. Ich träumte von tausend Dingen. Schon die bloße Gefahr machte mir Genuß. Ich erinnerte mich an die Worte, die du an dem wundervollen Abend zu mir sprachst, als wir zuerst zusammen speisten, von dem Suchen nach der Schönheit, die das wahre Geheimnis des Lebens ist. Ich weiß nicht, was ich erwartete, aber ich ging los und wanderte in den Osten, wo ich bald in einem Gewirr von rußigen Gassen und schwarzen Plätzen, die kein Fleckchen Grün hatten, meinen Weg verlor. Gegen halb acht Uhr kam ich an einem komischen kleinen Theater mit großen flackernden Gasflammen und grellen Ankündigungen vorbei. Ein scheußlicher Jude, der das absonderlichste Wams trug, das ich in meinem Leben gesehen habe, stand am Eingang und rauchte eine stinkende Zigarre. Er hatte fettige Ringellöckchen, und ein riesiger Diamant blitzte auf seiner schmutzigen Hemdenbrust. ›Bilett gefällig, Herr Baron?‹ fragte er, als er mich sah, und nahm mit einer Miene großartiger Unterwürfigkeit den Hut ab. Es war so erlesen scheußlich. Du wirst mich natürlich auslachen, aber ich trat tatsächlich ein und zahlte zwanzig Mark für die Proszeniumsloge. Noch heute weiß ich nicht, warum ich das tat; und doch, wenn es nicht geschehen wäre – liebster Harry, wenn es nicht geschehen wäre, würde mir das größte Ereignis meines Lebens entgangen sein. Ich sehe, du lachst. Es ist abscheulich von dir!«

– Je vous le dirai, Harry ; mais il ne faut pas vous moquer de moi... Après tout, cela ne serait jamais arrivé, si je ne vous avais rencontré. Vous m’aviez rempli d’un ardent désir de tout savoir de la vie. Pendant des jours après notre rencontre quelque chose de nouveau semblait battre dans mes veines. Lorsque je flânais dans Hyde Park ou que je descendais Piccadilly, je regardais tous les passants, imaginant avec une curiosité folle quelle sorte d’existence ils pouvaient mener. Quelques-uns me fasci-naient. D’autres me remplissaient de terreur. Il y avait comme un exquis poison dans l’air. J’avais la passion de ces sensations... Eh bien, un soir, vers sept heures, je réso-lus de sortir en quête de quelque aventure. Je sentais que notre gris et monstrueux Londres, avec ses millions d’habitants, ses sordides pécheurs et ses péchés splendi-des, comme vous disiez, devait avoir pour moi quelque chose en réserve. J’imaginais mille choses. Le simple danger me donnait une sorte de joie. Je me rappelais tout ce que vous m’aviez dit durant cette merveilleuse soirée où nous dînâmes ensemble pour la première fois, à propos de la recherche de la Beauté qui est le vrai secret de l’existence. Je ne sais trop ce que j’attendais, mais je me dirigeai vers l’Est et me per-dis bientôt dans un labyrinthe de ruelles noires et farouches et de squares aux gazons pelés. Vers huit heures et demie, je passai devant un absurde petit théâtre tout flam-boyant de ses rampes de gaz et de ses affiches multicolores. Un hideux juif portant le plus étonnant gilet que j’aie vu de ma vie, se tenait à l’entrée, fumant un ignoble ci-gare. Il avait des boucles graisseuses et un énorme diamant brillait sur le plastron taché de sa chemise. « Voulez-vous une loge, mylord ? me dit-il dès qu’il m’aperçut en ôtant son chapeau avec une servilité importante. Il y avait quelque chose en lui, Harry, qui m’amusa. C’était un vrai monstre. Vous rirez de moi, je le sais, mais en vérité j’entrai et je payai cette loge une guinée. Aujourd’hui, je ne pourrais dire com-ment cela se fit, et pourtant si ce n’eût été, mon cher Harry, si ce n’eût été, j’aurais manqué le plus magnifique roman de toute ma vie... Je vois que vous riez. C’est mal à vous.

»Ich lache nicht, Dorian; wenigstens lache ich nicht über dich. Aber du solltest es nicht das größte Ereignis deines Lebens nennen. Es wäre eher das erste Ereignis deines Lebens zu nennen. Du wirst immer geliebt werden, und du wirst immer in die Liebe verliebt sein. Eine grande passion ist das Vorrecht der Menschen, die nichts zu tun haben. Das ist der einzige Nutzen der Faulenzerklasse eines Landes. Sei nicht zaghaft! Köstliche Dinge warten auf dich. Das ist nur der Anfang.«

– Je ne ris pas, Dorian ; tout au moins je ne ris pas de vous, mais il ne faut pas dire : le plus magnifique roman de toute votre vie. Il faut dire le premier roman de votre vie. Vous serez toujours aimé, et vous serez toujours amoureux. Une grande passion est le lot de ceux qui n’ont rien à faire. C’est la seule utilité des classes désœuvrées dans un pays. N’ayez crainte. Des joies exquises vous attendent. Ceci n’en est que le commencement.

– Me croyez-vous d’une nature si futile, s’écria Dorian Gray, maussade.

– Non, je la crois profonde.

»Hältst du meine Natur für so oberflächlich?« rief Dorian zornig.

– Que voulez-vous dire ?

»Nein, ich halte sie für so tief.«

»Wie verstehst du das?«

»Mein lieber Sohn, die Menschen, die nur einmal im Leben lieben, sind in Wahrheit die Oberflächlichen. Was sie ihre Treue nennen, nenne ich entweder die Trägheit der Gewohnheit oder ihren Mangel an Phantasie. Treue ist für das Gefühls- und Triebleben, was die Konsequenz für das geistige Leben ist – weiter nichts als ein Eingeständnis der Schwäche. Treue! Ich muß mich einmal daran machen, sie zu analysieren. Es liegt Besitzgier in ihr. Wie viele Dinge würden wir wegwerfen, wenn wir nicht fürchteten, andre würden sie aufheben. Aber ich will dich nicht unterbrechen. Erzähle weiter!«

– Mon cher enfant, ceux qui n’aiment qu’une fois dans leur vie sont les vérita-bles futiles. Ce qu’ils appellent leur loyauté et leur fidélité, je l’appelle ou le sommeil de l’habitude ou leur défaut d’imagination. La fidélité est à la vie sentimentale ce que la stabilité est à la vie intellectuelle, simplement un aveu d’impuissance. La fidélité ! je l’analyserai un jour. La passion de la propriété est en elle. Il y a bien des choses que nous abandonnerions si nous n’avions peur que d’autres puissent les ramasser. Mais je ne veux pas vous interrompre. Continuez votre récit.

»Also, ich saß in einer schauderhaften kleinen verhängten Loge und hatte den gemeinen Vorhang direkt vor den Augen. Ich blickte hinter der Gardine vor und sah mich im Hause um. Es war alles lächerlich ausgeputzt, lauter Kupidos und Füllhörner, wie auf einem Hochzeitskuchen schlimmster Sorte. Die Galerie und der Stehplatz waren ziemlich voll, aber die beiden Reihen schmutziger Sperrsitze waren ganz leer, und kaum ein Mensch war auf dem Platz, den sie vermutlich den ersten Rang nannten. Frauen liefen mit Orangen und Ingwerbier herum, und schrecklich viele Haselnüsse wurden aufgeknackt.«

– Bien. Je me trouvais donc assis dans une affreuse petite loge, face à face avec un très vulgaire rideau d’entracte. Je me mis à contempler la salle. C’était une clin-quante décoration de cornes d’abondance et d’amours ; on eut dit une pièce montée pour un mariage de troisième classe. Les galeries et le parterre étaient tout à fait bondés de spectateurs, mais les deux rangs de fauteuils sales étaient absolument vides et il y avait tout juste une personne dans ce que je supposais qu’ils devaient appeler le balcon. Des femmes circulaient avec des oranges et de la bière au gingem-bre ; il se faisait une terrible consommation de noix.

»Es muß genau wie in der Blütezeit des englischen Dramas gewesen sein.«

– Ça devait être comme aux jours glorieux du drame anglais.

»Genau so, glaube ich, und sehr deprimierend. Ich hatte angefangen, mir zu überlegen, was in aller Welt ich tun sollte, als mein Blick auf den Theaterzettel fiel. Was glaubst du, das sie spielten, Harry?«

– Tout à fait, j’imagine, et fort décourageant. Je commençais à me demander ce que je pourrais bien faire, lorsque je jetai les yeux sur le programme. Que pensez-vous qu’on jouât, Harry ?

»Ich sollte meinen: ›Der arme Kretin oder Blödsinn und Unschuld‹. Unsre Väter liebten diese Art Stücke, glaube ich. Je länger ich lebe, Dorian, um so stärker fühle ich, daß alles, was für unsere Väter gut genug war, für uns nicht gut genug ist. In der Kunst wie in der Politik les grand-pères ont toujours tort.«

– Je suppose « L’idiot, ou le muet innocent ». Nos pères aimaient assez ces sor-tes de pièces. Plus je vis, Dorian, plus je sens vivement que ce qui était bon pour nos pères, n’est pas bon pour nous. En art, comme en politique, les grands-pères ont toujours tort.

»Das Stück, das da gespielt wurde, war gut genug für uns, Harry. Es war ›Romeo und Julia‹. Ich muß gestehn, ich war bei dem Gedanken, Shakespeare in so einem elenden Loche spielen zu sehen, ziemlich niedergeschlagen. Und doch war ich in gewisser Weise interessiert. Jedenfalls beschloß ich, den ersten Akt abzuwarten. Es spielte ein schreckliches Orchester, das ein junger Hebräer leitete. Er saß an einem schetterigen Klavier, das mich beinahe vertrieben hätte; aber endlich ging der Vorhang auf, und das Stück begann. Romeo war ein vierschrötiger älterer Herr mit geschwärzten Brauen, einer heisern Komödiantenstimme und einer Gestalt wie ein Bierfaß. Mercutio war fast ebenso schlimm. Er wurde vom Komiker gespielt, der neue Stellen von sich aus improvisiert hatte und mit der Galerie auf bestem Fuße stand. Sie waren beide so grotesk wie die Dekoration, und die sah aus, als käme sie aus einer Jahrmarktsbude. Aber Julia! Harry, stell dir ein Mädchen vor, kaum siebzehn Jahre alt, mit kleinem blumenhaften Gesicht, schmalem griechischen Kopf mit dunkelbraunen Zöpfen, mit Augen wie blaue Brunnen der Glut, mit Lippen, die wie Rosenblätter waren. Ich habe nie etwas Schöneres im Leben gesehn. Du sagtest einmal zu mir, Pathos lasse dich ungerührt, aber Schönheit, reine Schönheit an sich könne deine Augen mit Tränen füllen. Ich sage dir, Harry, ich konnte dieses Mädchen vor dem Tränenschleier, der mein Auge verdunkelte, kaum sehen. Und ihre Stimme – ich habe nie eine solche Stimme gehört. Sie war zuerst sehr leise, mit tiefen, vollen Tönen, die einem jeder für sich ins Ohr zu fallen schienen. Dann wurde sie ein wenig lauter und klang wie eine Flöte oder eine entfernte Hoboe. In der Gartenszene hatte sie all die zitternde Inbrunst, die man hört, wenn die Nachtigallen vor Morgengrauen singen. Es gab im weitern Augenblicke, wo die Stimme die glühende Wildheit der Geige hatte. Du weißt, wie eine Stimme einen erschüttern kann. Deine Stimme und die Stimme Sibyl Vanes, die beiden werde ich niemals vergessen. Wenn ich die Augen schließe, höre ich sie, und jede von ihnen sagt etwas andres. Ich weiß nicht, welcher ich folgen soll. Warum sollte ich sie nicht lieben? Harry, ich liebe sie! Sie ist mir alles im Leben. Abend für Abend gehe ich hin, um sie spielen zu sehen. An einem Abend ist sie Rosalinde, am nächsten Imogen. Ich habe sie im Dunkel eines italienischen Grabgewölbes gesehn, wie sie das Gift von den Lippen ihres Geliebten küßte und starb. Ich habe gesehen, wie sie durch die Ardennen wanderte, als hübscher Knabe verkleidet, in kurzen Hosen und im Wams und mit kecker Mütze. Sie ist wahnsinnig gewesen und ist vor einen schuldvollen König getreten und gab ihm Raute zu tragen und bittere Kräuter zu kosten. Sie ist unschuldig gewesen, und die schwarzen Hände der Eifersucht würgten ihren zarten Hals. Ich sah sie in jedem Jahrhundert und in jeder Tracht. Gewöhnliche Frauen erwecken einem nie die Phantasie. Sie bleiben in ihrem Jahrhundert. Kein Zauber verklärt sie und gibt ihnen neue Gestalt. Man erkennt ihren Geist so leicht wie ihre Hüte. Man findet sie immer heraus. Nichts Geheimes ist in ihnen. Sie reiten morgens in den Park und schnattern nachmittags beim Tee. Sie haben ihr stereotypes Lächeln und ihr Benehmen nach der Mode. Sie liegen völlig auf der Hand. Aber eine Schauspielerin! Wie anders ist es mit einer Schauspielerin! Harry! Warum sagtest du mir nicht, daß nichts wert ist, geliebt zu werden, als eine Schauspielerin?«

»Weil ich ihrer so viele geliebt habe, Dorian.«

»Oh! gewiß gräßliche Personen mit gefärbtem Haar und geschminkten Gesichtern.«

– Ce spectacle était assez bon pour nous, Harry. C’était « Roméo et Juliette » ; Je dois avouer que je fus un peu contrarié à l’idée de voir jouer Shakespeare dans un pareil bouiboui. Cependant, j’étais en quelque sorte intrigué. À tout hasard je me décidai à attendre le premier acte. Il y avait un maudit orchestre, dirigé par un jeune Hébreu assis devant un piano en ruines qui me donnait l’envie de m’en aller, mais le rideau se leva, la pièce commença. Roméo était un gros gentleman assez âgé, avec des sourcils noircis au bouchon, une voix rauque de tragédie et une figure comme un baril à bière. Mercutio était à peu près aussi laid. Il jouait comme ces comédiens de bas étage qui ajoutent leurs insanités à leurs rôles et semblait être dans les termes les plus amicaux avec le parterre. Ils étaient tous deux aussi grotesques que les décors ; on eut pu se croire dans une baraque foraine. Mais Juliette ! Harry, imaginez une jeune fille de dix-sept ans à peine, avec une figure comme une fleur, une petite tête grecque avec des nattes roulées châtain foncé, des yeux de passion aux profondeurs violettes et des lèvres comme des pétales de rose. C’était la plus adorable créature que j’aie vue de ma vie. Vous m’avez dit une fois que le pathétique vous laissait insensible. Mais cette beauté, cette simple, beauté eut rempli vos yeux de larmes. Je vous assure. Harry, je ne pus à peine voir cette jeune fille qu’à travers la buée de larmes qui me monta aux paupières. Et sa voix ! jamais je n’ai entendu une pareille voix. Elle parlait très bas tout d’abord, avec des notes profondes et mélodieuses : comme si sa parole ne devait tomber que dans une oreille, puis ce fut un peu plus haut et le son ressemblait à celui d’une flûte ou d’un hautbois lointain. Dans la scène du jardin, il avait la tremblante extase que l’on perçoit avant l’aube lorsque chantent les rossignols. Il y avait des moments, un peu après, où cette voix empruntait la passion sauvage des violons. Vous savez combien une voix peut émouvoir. Votre voix et celle de Sibyl Vane sont deux musiques que je n’oublierai jamais. Quand je ferme les yeux, je les entends, et chacune d’elle dit une chose différente. Je ne sais laquelle suivre. Pourquoi ne l’aimerai-je pas, Harry ? Je l’aime. Elle est tout pour moi dans la vie. Tous les soirs je vais la voir jouer. Un jour elle est Rosalinde et le jour suivant, Imogène. Je l’ai vue mourir dans l’horreur sombre d’un tombeau italien, aspirant le poison aux lèvres de son amant. Je l’ai suivie, errant dans la forêt d’Ardennes, déguisée en joli garçon, vêtue du pourpoint et des chausses, coiffée d’un mignon chaperon. Elle était folle et se trouvait en face d’un roi coupable à qui elle donnait à porter de la rue et faisait prendre des herbes amères. Elle était innocente et les mains noires de la jalousie étreignaient sa gorge frêle comme un roseau. Je l’ai vue dans tous les temps et dans tous les costumes. Les femmes ordinaires ne frappent point nos imaginations. Elles sont limitées à leur époque. Aucune magie ne peut jamais les transfigurer. On connaît leur cœur comme on connaît leurs chapeaux. On peut toujours les pénétrer. Il n’y a de mystère dans aucune d’elles. Elles conduisent dans le parc le matin et babillent aux thés de l’après-midi. Elles ont leurs sourires stéréotypés et leurs manières à la mode. Elles sont parfaitement limpides. Mais une actrice ! Combien différente est une ac-trice ! Harry ! pourquoi ne m’avez-vous pas dit que le seul être digne d’amour est une actrice.

»Mach nur gefärbtes Haar und geschminkte Gesichter nicht schlecht. Es liegt manchmal etwas überaus Reizvolles in ihnen.«

– Parce que j’en ai tant aimé, Dorian.

– Oh oui. d’affreuses créatures avec des cheveux teints et des figures peintes.

»Ich wollte, ich hätte dir nicht von Sibyl Vane gesprochen.«

»Du mußtest mir davon sprechen, Dorian. Dein ganzes Leben lang wirst du mir alles sagen, was du tust.«

– Ne méprisez pas les cheveux teints et les figures peintes ; cela à quelquefois un charme extraordinaire, dit lord Henry.

– Je voudrais maintenant ne vous avoir point parlé de Sibyl Vane.

»Ja, Harry, ich glaube, das ist wahr. Ich muß dir alles sagen. Du hast einen seltsamen Einfluß auf mich. Wenn ich je ein Verbrechen beginge, käme ich zu dir und beichtete es. Du verstündest mich.«

– Vous n’auriez pu faire autrement, Dorian. Toute votre vie, désormais, vous me direz ce que vous ferez.

»Menschen wie du – die kecken Sonnenstrahlen des Lebens – begehen keine Verbrechen, Dorian. Aber trotzdem verbindlichsten Dank für das Kompliment. Und nun sage mir – gib mir Feuer, sei so gut; danke schön! – in was für einem Verhältnis stehst du jetzt zu Sibyl Vane?«

– Oui, Harry, je crois que cela est vrai. Je ne puis m’empêcher de tout vous dire. Vous avez sur moi une singulière influence. Si jamais je commettais un crime j’accourrais vous le confesser. Vous me comprendriez.

Dorian Gray sprang errötend und mit blitzenden Augen auf. »Harry! Sibyl Vane ist mir heilig!«

– Les gens comme vous, fatidiques rayons de soleil de l’existence, ne commet-tent point de crimes, Dorian. Mais je vous suis tout de même très obligé du compli-ment. Et maintenant, dites-moi – passez-moi les allumettes comme un gentil gar-çon... merci – où en sont vos relations avec Sibyl Vane.

»Nur heilige Dinge verlohnt es sich anzurühren, Dorian,« sagte Lord Henry, und ein seltsamer Anflug von Pathos war in seine Stimme gekommen. »Aber warum willst du böse sein? Ich vermute, sie wird dir eines Tages gehören. Wenn man verliebt ist, betrügt man immer anfangs sich selbst und am Ende die andern. Das nennt die Welt einen Liebesroman. Du hast sie doch jedenfalls kennen gelernt, denke ich?«

Dorian Gray bondit sur ses pieds, les joues empourprées, l’œil en feu :

– Harry ! Sibyl Vane est sacrée.

»Natürlich kenne ich sie. Als ich am ersten Abend im Theater war, kam der gräßliche alte Jude nach der Vorstellung an meine Loge und bot mir an, er wolle mich hinter die Kulissen führen und mich ihr vorstellen. Ich war wütend und sagte zu ihm, Julia sei seit ein paar hundert Jahren tot und ihr Leichnam sei in einem marmornen Grab in Verona bestattet. Nach seinem bestürzten Blick zu schließen hatte er den Eindruck, ich hätte zu viel Champagner getrunken oder etwas der Art.«

»Durchaus zu begreifen.«

»Dann fragte er mich, ob ich für irgendeine Zeitung schriebe. Ich antwortete, daß ich nicht einmal eine läse. Er schien darüber furchtbar enttäuscht und vertraute mir an, alle Theaterkritiker hätten sich gegen ihn verschworen, und sie wären einer wie der andre zu kaufen.«

– Il n’y a que les choses sacrées qui méritent d’être recherchées, Dorian, dit lord Harry d’une voix étrangement pénétrante. Mais pourquoi vous inquiéter ? Je suppose qu’elle sera à vous quelque jour. Quand on est amoureux, on s’abuse d’abord soi-même et on finit toujours par abuser les autres. C’est ce que le monde appelle un roman. Vous la connaissez, en tout cas, j’imagine ?

– Certes, je la connais. Dès la première soirée que je fus à ce théâtre, le vilain juif vint tourner autour de ma loge à la fin du spectacle et m’offrit de me conduire derrière la toile pour me présenter à elle. Je m’emportai contre lui, et lui dit que Ju-liette était morte depuis des siècles et que son corps reposait dons un tombeau de marbre à Vérone. Je compris à son regard de morne stupeur qu’il eut l’impression que j’avais bu trop de Champagne ou d’autre chose.

– Je n’en suis pas surpris.

»Es sollte mich nicht wundern, wenn er damit ganz recht hätte. Aber anderseits, nach ihrem Äußern zu urteilen, können die meisten von ihnen nicht sehr teuer sein.«

– Alors il me demanda si j’écrivais dans quelque feuille. Je lui répondis que je n’en lisais jamais aucune. Il en parut terriblement désappointé, puis il me confia que tous les critiques dramatiques étaient ligués contre lui et qu’ils étaient tous à vendre.

»Immerhin schien er zu glauben, sie gingen über seine Verhältnisse,« lachte Dorian. »Mittlerweile waren aber die Lichter im Theater ausgedreht worden, und ich mußte gehn. Er bat mich, ein paar Zigarren zu versuchen, die er mir lebhaft empfahl. Ich dankte. Am nächsten Abend war ich natürlich wieder da. Als er mich sah, verbeugte er sich tief vor mir und versicherte mich, ich sei ein edelmütiger Gönner der Kunst. Er war ein sehr abstoßender Kerl, obwohl er eine ungewöhnliche Leidenschaft für Shakespeare hatte. Er erzählte mir einmal mit stolzer Miene, seine fünf Bankrotte verdanke er ausschließlich ›dem Barden‹, wie er ihn hartnäckig nannte. Er schien das für eine Ehre zu halten.«

»Es ist eine Ehre, lieber Dorian – eine große Ehre. Die meisten Leute werden bankrott, weil sie zuviel in der Prosa des Lebens angelegt haben. Sich durch Poesie zugrunde gerichtet zu haben, ist ein auszeichnender Vorzug. Aber wann sprachst du zum erstenmal mit Fräulein Sibyl Vane?«

– Je ne puis rien dire du premier point, mais pour le second, à en juger par les apparences, ils ne doivent pas coûter bien cher.

– Oui, mais il paraissait croire qu’ils étaient au-dessus de ses moyens, dit Do-rian en riant. À ce moment, on éteignit les lumières du théâtre et je dus me retirer. Il voulut me faire goûter des cigares qu’il recommandait fortement ; je déclinais l’offre. Le lendemain soir, naturellement, je revins. Dès qu’il me vit, il me fit une profonde révérence et m’assura que j’étais un magnifique protecteur des arts. C’était une re-doutable brute, bien qu’il eût une passion extraordinaire pour Shakespeare. Il me dit une fois, avec orgueil, que ses cinq banqueroutes étaient entièrement dues au « Barde » comme il l’appelait avec insistance. Il semblait y voir un titre de gloire.

»Am dritten Abend. Sie hatte die Rosalinde gespielt. Ich mußte zu ihr gehn. Ich hatte ihr einige Blumen zugeworfen, und sie hatte mich angesehn, wenigstens bildete ich es mir ein. Der alte Jude war hartnäckig. Er schien entschlossen, mich mit nach hinten zu nehmen, und so willigte ich ein. Es war seltsam, daß ich sie nicht kennen lernen wollte, nicht?«

»Nein, ich glaube nicht.«

»Lieber Harry, warum?«

»Ich sage es dir ein andermal. Jetzt möchte ich von dem Mädchen hören.«

– C’en était un, mon cher Dorian, un véritable. Beaucoup de gens font faillite pour avoir trop osé dans cette ère de prose. Se ruiner pour la poésie est un honneur. Mais quand avez-vous parlé pour la première fois à Miss Sibyl Vane ?

– Le troisième soir. Elle avait joué Rosalinde. Je ne pouvais m’y décider. Je lui avais jeté des fleurs et elle m’avait regardé, du moins je me le figurais. Le vieux juif insistait. Il se montra résolu à me conduire sur le théâtre, si bien que je consentis. C’est curieux, n’est-ce pas, ce désir de ne pas faire sa connaissance ?

»Von Sibyl? Oh, sie war so schüchtern und so freundlich. Sie ist noch fast wie ein Kind. Sie machte in reizendem Staunen große Augen, als ich ihr sagte, was ich von ihrer Darstellung hielt, und sie schien von ihrem Können gar nichts zu wissen. Ich glaube, wir waren beide recht nervös. Der alte Jude stand grinsend an der Tür des staubigen Ankleidezimmers und hielt große Reden über uns beide, während wir einander wie zwei Kinder ansahen. Er bestand darauf, mich ›Herr Baron‹ zu nennen, und so mußte ich Sibyl sagen, daß ich nichts der Art sei. Sie sagte ganz schlicht zu mir: ›Sie sehen mehr wie ein Prinz aus. Ich muß Sie Prinz Wunderhold nennen‹.«

»Auf mein Wort, Dorian, Fräulein Sibyl versteht sich aufs Schmeicheln.«

– Non, je ne trouve pas.

– Mon cher Harry, pourquoi donc ?

– Je vous le dirai une autre fois. Pour le moment je voudrais savoir ce qu’il ad-vint de la petite ?

– Sibyl ? Oh ! elle était si timide, si charmante. Elle est comme une enfant ; ses yeux s’ouvraient tout grands d’étonnement lorsque je lui parlais de son talent ; elle semble tout à fait inconsciente de son pouvoir. Je crois que nous étions un peu éner-vés. Le vieux juif grimaçait dans le couloir du foyer poussiéreux, pérorant sur notre compte, tandis que nous restions à nous regarder comme des enfants. Il s’obstinait à m’appeler « my lord » et je fus obligé d’assurer à Sibyl que je n’étais rien de tel. Elle me dit simplement : « Vous avez bien plutôt l’air d’un prince, je veux vous appeler le prince Charmant. »

»Du verstehst sie nicht, Harry. Sie betrachtete mich nur so wie eine Gestalt in einem Stück. Sie weiß nichts vom Leben. Sie lebt bei ihrer Mutter, die eine verblühte ältliche Frau ist. Am ersten Abend spielte sie in einer Art türkischem Morgenrock die Lady Capulet, und sie sieht aus, als ob sie bessere Tage gesehen hätte.«

»Ich kenne dieses Aussehen; es ist mir peinlich,« sagte Lord Henry mit unterdrückter Stimme und spielte mit seinen Ringen.

– Ma parole, Dorian, miss Sibyl sait tourner un compliment !

– Vous ne la comprenez pas, Harry. Elle me considérait comme un héros de théâtre. Elle ne sait rien de la vie. Elle vit avec sa mère, une vieille femme flétrie qui jouait le premier soir Lady Capulet dans une sorte de peignoir rouge magenta, et semblait avoir connu des jours meilleurs.

»Der Jude wollte mir ihre Geschichte erzählen, aber ich sagte, sie interessiere mich nicht.«

– Je connais cet air-là. Il me décourage, murmura lord Harry, en examinant ses bagues.

»Da hattest du recht. Andrer Leute Tragödien haben immer etwas unsäglich Gemeines.«

– Le juif voulait me raconter son histoire, mais je lui dis qu’elle ne m’intéressait pas.

»Ich kümmere mich um nichts als um Sibyl. Was bedeutet es mir, woher sie stammt? Von ihrem kleinen Kopf bis zu ihren kleinen Füßen ist sie ganz und gar ein himmlisches Geschöpf. Jeden Abend meines Lebens gehe ich hin und sehe sie spielen, und jeden Abend ist sie wunderbarer.«

– Vous avez eu raison. Il y a quelque chose d’infiniment mesquin dans les tra-gédies des autres.

– Sibyl est le seul être qui m’intéresse. Que m’importe d’où elle vient ? De sa petite tête à son pied mignon, elle est divine, absolument. Chaque soir de ma vie, je vais la voir jouer et chaque soir elle est plus merveilleuse.

»Das ist vermutlich der Grund, warum du nie mehr mit mir zusammen ißt. Ich dachte mir, daß da ein absonderlicher Roman im Gange sei. Es ist so, aber nicht ganz, was ich erwartet habe.«

»Lieber Harry, jeden Tag sind wir beim Frühstück oder Nachtessen zusammen, und ich bin ein paarmal mit dir in der Oper gewesen,« sagte Dorian und schaute ihn mit seinen blauen Augen erstaunt an.

– Voilà pourquoi, sans doute, vous ne dînez plus jamais avec moi. Je pensais bien que vous aviez quelque roman en train ; je ne me trompais pas, mais ça n’est pas tout à fait ce que j’attendais.

»Du kommst immer schrecklich spät.«

– Mon cher Harry, nous déjeunons ou nous soupons tous les jours ensemble, et j’ai été à l’Opéra avec vous plusieurs fois, dit Dorian ouvrant ses yeux bleus étonnés.

»Aber ich muß Sibyl spielen sehn,« rief er, »und wenn es nur einen Akt lang ist. Ich hungere nach ihrer Gegenwart; und wenn ich an die herrliche Seele denke, die in diesem kleinen Elfenbeinleib verborgen ist, erfaßt mich Ehrfurcht.«

»Heute abend kannst du mit mir essen, Dorian, nicht wahr?«

Er schüttelte den Kopf. »Heute abend ist sie Imogen,« antwortete er, »und morgen wird sie Julia sein.«

– Vous venez toujours si horriblement tard.

– Mais je ne puis m’empêcher d’aller voir jouer Sibyl, s’écria-t-il, même pour un seul acte. J’ai faim de sa présence ; et quand je songe à l’âme merveilleuse qui se cache dans ce petit corps d’ivoire, je suis rempli d’angoisse !

– Vous pouvez dîner avec moi ce soir, Dorian, n’est-ce pas ?

»Wann ist sie Sibyl Vane?«

Il secoua la tête.

»Nie.«

»Ich gratuliere.«

– Ce soir elle est Imogène, répondit-il, et demain elle sera Juliette.

»Wie gräßlich du bist! Sie ist all die großen Frauengestalten der Welt in einer. Sie ist mehr als ein Individuum. Du lachst, aber ich sage dir, sie hat Genie. Ich liebe sie, und ich muß es erreichen, daß sie mich auch liebt. Du kennst alle Geheimnisse des Lebens, du mußt mir sagen, wie ich Sibyl Vane so entzücken kann, daß sie mich liebt! Ich muß Romeo eifersüchtig machen. Die toten Liebhaber der Welt sollen unsre lachenden Stimmen hören und sich grämen. Unsre strahlende Glut soll ihrem Staub Leben geben, soll ihre Asche zum Schmerz erwecken. O Gott, Harry, ich bete sie an!«

Er ging im Zimmer auf und ab, während er sprach. Fieberhafte rote Flecke brannten auf seinen Wangen. Er war furchtbar erregt.

– Quand est-elle Sibyl Vane ?

– Jamais.

– Je vous en félicite.

– Comme vous êtes méchant ! Elle est toutes les grandes héroïnes du monde en une seule personne. Elle est plus qu’une individualité. Vous riez, je vous ai dit qu’elle avait du génie. Je l’aime ; il faut que je me fasse aimer d’elle. Vous qui connaissez tous les secrets de la vie, dites-moi comment faire pour que Sibyl Vane m’aime ! Je veux rendre Roméo jaloux ! Je veux que tous les amants de jadis nous entendent rire et en deviennent tristes ! Je veux qu’un souffle de notre passion ranime leurs cendres, le réveille dans leur peine ! Mon Dieu ! Harry, comme je l’adore !

Lord Henry beobachtete ihn mit stillem Wohlgefallen. Wie anders war er jetzt als der schüchterne, ängstliche Knabe, den er in Basil Hallwards Atelier getroffen hatte! Seine Natur hatte sie wie eine Blume entfaltet und trug Blüten von flammendem Scharlach. Die Seele war aus ihrem Versteck gekrochen, und die Wollust war ihr auf ihrem Wege begegnet.

»Und was hast du nun vor?« fragte Lord Henry schließlich.

Il allait et venait dans la pièce en marchant ; des taches rouges de fièvre en-flammaient ses joues. Il était terriblement surexcité.

Lord Henry le regardait avec un subtil sentiment du plaisir. Comme il était dif-férent, maintenant, du jeune garçon timide, apeuré, qu’il avait rencontré dans l’atelier de Basil Hallward. Son naturel s’était développé comme une fleur, épanoui en ombel-les d’écarlate. Son âme était sortie de sa retraite cachée, et le désir l’avait rencontrée.

»Ich habe den Wunsch, daß du und Basil mich eines Abends begleitet und sie spielen seht. Ich fürchte mich nicht im geringsten davor. Ihr müßt sicher ihr Genie erkennen. Dann müssen wir sie den Händen des Juden entreißen. Sie ist für drei Jahre an ihn gebunden – wenigstens für zwei Jahre und acht Monate, von heute an gerechnet. Natürlich werde ich ihm etwas zahlen müssen. Wenn all das erledigt ist, suche ich mir ein Theater im Westend und werde sie da erst richtig zum erstenmal auftreten lassen. Sie wird die Welt so toll machen wie mich.«

»Das wird wohl unmöglich sein, lieber Junge.«

– Et que vous proposez-vous de faire, dit lord Henry, enfin.

– Je voudrais que vous et Basil veniez avec moi la voir jouer un de ces soirs. Je n’ai pas le plus léger doute du résultat. Vous reconnaîtrez certainement son talent. Alors nous la retirerons des mains du juif. Elle est engagée avec lui pour trois ans, au moins pour deux ans et huit mois à présent. J’aurai quelque chose a payer, sans doute. Quand cela sera fait, je prendrai un théâtre du West-End et je la produirai convenablement. Elle rendra le monde aussi fou que moi.

»Doch, das wird sie. Sie hat nicht nur Kunst, vollendeten Kunstinstinkt in sich, sondern sie hat auch Persönlichkeit; und du hast mir oft gesagt, daß die Persönlichkeiten, nicht die Prinzipien die Welt regieren.«

– Cela serait impossible, mon cher enfant.

»Nun schön, an welchem Abend wollen wir hingehn?«

»Warte mal. Heute ist Dienstag. Setzen wir morgen fest. Morgen spielt sie die Julia.«

– Oui, elle le fera. Elle n’a pas que du talent, que l’instinct consommé de l’art, elle a aussi une vraie personnalité et vous m’avez dit souvent que c’étaient les person-nalités et non les talents qui remuaient leur époque.

»Schön! Morgen um acht Uhr im Bristol. Ich werde Basil bestellen.«

– Bien, quand irons-nous ?

– Voyons, nous sommes mardi aujourd’hui. Demain ! Elle joue Juliette de-main.

»Bitte, Harry, nicht acht Uhr. Halb sieben Uhr. Wir müssen da sein, ehe der Vorhang aufgeht. Du mußt sie im ersten Akt sehen, wenn sie Romeo begegnet.«

– Très bien, au Bristol à huit heures. J’amènerai Basil.

»Halb sieben Uhr! Was das für eine Stunde ist! Das ist gerade so, als gäbe man ein Philisterabendbrot oder läse einen englischen Roman. Vor sieben Uhr geht es nicht. Kein Gentleman ißt vor sieben. Siehst du Basil in der Zwischenzeit? Oder soll ich ihm schreiben?«

– Non, pas huit heures, Harry, s’il vous plaît. Six heures et demie. Il faut que nous soyons là avant le lever du rideau. Nous devons la voir dans le premier acte, quand elle rencontre Roméo.

– Six heures et demie ! En voilà une heure ! Ce sera comme pour un thé ou une lecture de roman anglais. Mettons sept heures. Aucun gentleman ne dîne avant sept heures. Verrez-vous Basil ou dois-je lui écrire ?

»Der liebe Basil! Ich habe mich seit einer Woche nicht bei ihm sehen lassen. Das ist recht häßlich von mir, denn er hat mir mein Bild in einem überaus herrlichen Rahmen, den er selbst entworfen hat, geschickt, und obwohl ich ein bißchen eifersüchtig auf das Bild bin, weil es einen ganzen Monat jünger ist als ich, muß ich zugeben, daß ich glücklich darüber bin. Vielleicht ist es besser, du schreibst ihm. Ich mag ihn nicht allein sehn. Er sagt Dinge, die mich ärgern. Er gibt mir gute Ratschläge.«

– Cher Basil ! je ne l’ai pas vu depuis une semaine. C’est vraiment mal à moi, car il m’a envoyé mon portrait dans un merveilleux cadre, spécialement dessiné par lui, et quoique je sois un peu jaloux de la peinture qui est d’un mois plus jeune que moi, je dois reconnaître que je m’en délecte. Peut-être vaudrait-il mieux que vous lui écriviez, je ne voudrais pas le voir seul. Il me dit des choses qui m’ennuient, il me donne de bons conseils.

Lord Henry lächelte. »Die Menschen lieben es sehr, wegzugeben, was sie selbst am nötigsten hätten. Das nenne ich den Gipfel der Großherzigkeit.«

Lord Henry sourit :

– On aime beaucoup à se débarrasser de ce dont on a le plus besoin. C’est ce que j’appelle l’abîme de la générosité.

»Oh, Basil ist der beste Mensch, aber er scheint mir ein ganz klein bißchen Philister zu sein. Seit ich dich kennen gelernt habe, bin ich dahinter gekommen.«

– Oh ! Basil est le meilleur de mes camarades, mais il me semble un peu philis-tin. Depuis que je vous connais, Harry, j’ai découvert cela.

»Basil, lieber Junge, legt alle Grazie, die er hat, in sein Werk hinein. Daraus ergibt sich, daß ihm fürs Leben nichts übrig geblieben ist als seine Vorurteile, seine Prinzipien und sein gesunder Menschenverstand. Die einzigen persönlich anziehenden Künstler, die ich je kennen gelernt habe, waren schlechte Künstler. Gute Künstler existieren lediglich in ihren Werken und sind darum im Leben völlig uninteressant. Ein großer Dichter, ein wahrhaft großer Poet ist das unpoetischste aller Menschenkinder. Aber Dichter untergeordneter Art sind ganz bezaubernd. Je schlechter ihre Reime sind, um so malerischer sehn sie aus. Schon die Tatsache, eine mittelmäßige Sonettensammlung herausgegeben zu haben, macht einen Mann ganz unwiderstehlich. Er lebt die Poesie, die er nicht schreiben kann. Die andern schreiben die Poesie, die sie nicht zu verwirklichen wagen.«

– Basil, mon cher enfant, met tout ce qu’il y a de charmant en lui, dans ses œuvres. La conséquence en est qu’il ne garde pour sa vie que ses préjugés, ses princi-pes et son sens commun. Les seuls artistes que j’aie connus et qui étaient personnel-lement délicieux étaient de mauvais artistes. Les vrais artistes n’existent que dans ce qu’ils font et ne présentent par suite aucun intérêt en eux-mêmes. Un grand poète, un vrai grand poète, est le plus prosaïque des êtres. Mais les poètes inférieurs sont les plus charmeurs des hommes. Plus ils riment mal, plus ils sont pittoresques. Le simple fait d’avoir publié un livre de sonnets de second ordre, rend un homme parfaitement irrésistible. Il vit le poème qu’il ne peut écrire ; les autres écrivent le poème qu’ils n’osent réaliser.

»Ich möchte wissen, ob das wirklich so ist, Harry,« sagte Dorian Gray, der von einer großen Flasche, die auf dem Tische stand, inzwischen den goldenen Knopf gehoben und sich das Taschentuch mit Parfüm besprengt hatte. »Es muß wohl so sein, wenn du es sagst. Und jetzt gehe ich. Imogen wartet auf mich. Vergiß nicht morgen! Adieu!«

– Je crois que c’est vraiment ainsi, Harry ? dit Dorian Gray parfumant son mouchoir à un gros flacon au bouchon d’or qui se trouvait sur la table. Cela doit être puisque vous le dites. Et maintenant je m’en vais. Imogène m’attend, n’oubliez pas pour demain... Au revoir.

Als er das Zimmer verlassen hatte, schlossen sich die schweren Augenlider Lord Henrys, und er fing an nachzudenken. Gewiß hatten ihn wenig Menschen je so interessiert wie Dorian Gray, und doch verursachte die wilde Leidenschaft des Jünglings für eine andre Person ihm nicht den leichtesten Schmerz oder Ärger oder Eifersucht. Die Sache gefiel ihm. Der junge Mann wurde dadurch noch interessanter. Er war immer für die Methoden der Naturwissenschaft eingenommen gewesen, aber der gewöhnliche Gegenstand dieser Wissenschaft war ihm kleinlich und unbedeutend vorgekommen. Und so hatte er damit angefangen, sich selbst zu vivisezieren, und war schließlich dazu gekommen, andre zu vivisezieren. Das Menschenleben – das schien ihm das einzige Ding, das zu erforschen sich verlohnte. Im Vergleich zu ihm war alles andre unbedeutend. Allerdings, wenn man das Leben in dem seltsamen Tiegel des Schmerzes und der Lust beobachtete, konnte man keine Glasmaske über seinem Gesicht tragen und konnte sich vor den Schwefeldämpfen nicht wahren, die einem das Hirn verwirrten und die Phantasie mit wilden Ausgeburten und verzerrten Träumen in Aufruhr brachten. Es gab so feine Gifte, daß, wer ihre Eigenschaften kennen lernen wollte, selbst von ihnen krank werden mußte. Es gab so seltsame Krankheiten, daß man sie durchmachen mußte, um ihr Wesen zu verstehn. Aber was empfing man auch für einen Lohn! Wie wundervoll verwandelte sich einem die ganze Welt! Die seltsame strenge Logik der Leidenschaft und das farbige Empfindungs- und Triebleben des Geistes aufzuzeichnen – zu beobachten, wo sie zusammenkamen und wo sie auseinandergingen, an welchem Punkte sie in Eintracht waren und wo sie sich befehdeten –, das war ein Genuß! Was tats, was er einen kostete? Für ein Sinnenerlebnis konnte man nie zu hohen Preis zahlen.

Dès qu’il fut parti, les lourdes paupières de lord Henry se baissèrent et il se mit il réfléchir. Certes, peu d’êtres l’avaient jamais intéressé au même point que Dorian Gray et même la passion de l’adolescent pour quelque autre lui causait une affre lé-gère d’ennui ou de jalousie. Il en était content. Il se devenait à lui-même ainsi un plus intéressant sujet d’études. Il avait toujours été dominé par le goût des sciences, mais les sujets ordinaires des sciences naturelles lui avaient paru vulgaires et sans intérêt. De sorte qu’il avait commencé à s’analyser lui-même et finissait par analyser les au-tres. La vie humaine, voilà ce qui paraissait la seule chose digne d’investigation. Nulle autre chose par comparaison, n’avait la moindre valeur. C’était vrai que quiconque regardait la vie et son étrange creuset de douleurs et de joies, ne pouvait supporter sur sa face le masque de verre du chimiste, ni empêcher les vapeurs sulfureuses de troubler son cerveau et d’embuer son imagination de monstrueuses fantaisies et de rêves difformes. Il y avait des poisons si subtils que pour connaître leurs propriétés, il fallait les éprouver soi-même. Il y avait des maladies si étranges qu’il fallait les avoir supportées pour en arriver à comprendre leur nature. Et alors, quelle récompense ! Combien merveilleux devenait le monde entier ! Noter l’âpre et étrange logique des passions, la vie d’émotions et de couleurs de l’intelligence, observer où elles se ren-contrent et où elles se séparent, comment elles vinrent à l’unisson et comment elles discordent, il y avait à cela une véritable jouissance ! Qu’en importait le prix ? On ne pouvait jamais payer trop cher de telles sensations.

Er war sich bewußt – und der Gedanke ließ seine braunen Achataugen freudig aufglänzen –, daß es durch gewisse Worte, die er gesprochen hatte, musikalische Worte in melodischem Tonfall, dahin gekommen war, daß die Seele Dorian Grays sich diesem weißen Mädchen zugewandt hatte und sich in Verehrung vor ihr beugte. In weitem Maße war der Jüngling sein Geschöpf. Er hatte ihn vor der Zeit reif gemacht. Das war etwas. Gewöhnliche Menschen warteten, bis das Leben ihnen sein Geheimnis enthüllte, aber den wenigen, den Erlesenen wurden die Mysterien des Lebens enthüllt, ehe der Schleier weggezogen war. Manchmal war das die Wirkung der Kunst, und hauptsächlich der Kunstgattung der Literatur, die unmittelbar die Leidenschaften und den Geist behandelt. Aber hie und da trat dafür eine komplizierte Persönlichkeit ein und übte das Amt der Kunst, war führwahr in ihrer Weise ein richtiges Kunstwerk, denn das Leben hatte seine vollendeten Meisterwerke, gerade wie die Dichtung oder die Plastik oder die Malerei sie hat.

Il avait conscience – et cette pensée faisait étinceler de plaisir ses yeux d’agate brune – que c’était à cause de certains mots de lui, des mots musicaux, dits sur un ton musical que l’âme de Dorian Gray s’était tournée vers cette blanche jeune fille et était tombée en adoration devant elle. L’adolescent était en quelque sorte sa propre créa-tion. Il l’avait fait s’ouvrir prématurément à la vie. Cela était bien quelque chose. Les gens ordinaires attendent que la vie leur découvre elle-même ses secrets, mais au petit nombre, à l’élite, ses mystères étaient révélés avant que le voile en fût arraché. Quelquefois c’était un effet de l’art, et particulièrement de la littérature qui s’adresse directement aux passions et à l’intelligence. Mais de temps en temps, une personnali-té complexe prenait la place de l’art, devenait vraiment ainsi en son genre une vérita-ble œuvre d’art, la vie ayant ses chefs-d’œuvre, tout comme la poésie, la sculpture ou la peinture.

Jawohl, der Jüngling war vor der Zeit reif. Er sammelte seine Ernte, während noch Frühling war. Der Puls und die Leidenschaft der Jugend waren in ihm, und er fing an, bewußt zu werden. Es war ein Entzücken, ihn zu beobachten. Mit seinem schönen Antlitz und seiner schönen Seele war er ein erstaunliches Stück Leben. Es kam nichts darauf an, wie all das endete. Er war wie eine der zierlichen Gestalten auf einer gestickten Tapete oder in einem Spiel, deren Freuden einem fremd zu sein scheinen, aber deren Schmerzen den Schönheitssinn erschüttern und deren Wunden wie rote Rosen sind.

Oui, l’adolescent était précoce. Il moissonnait au printemps. La poussée de la passion et de la jeunesse était en lui, mais il devenait peu à peu conscient de lui-même. C’était une joie de l’observer. Avec sa belle figure et sa belle âme, il devait faire rêver. Pourquoi s’inquiéter de la façon dont cela finirait, ou si cela, même devait avoir une fin !... Il était comme une de ses gracieuses figures d’un spectacle, dont les joies nous sont étrangères, mais dont les chagrin nous éveillent au sentiment de la beauté, et dont les blessures sont comme des roses rouges.

Seele und Körper, Körper und Seele – wie voller Geheimnis war das alles! Es war Animalisches in der Seele, und der Körper hatte seine spirituellen Momente. Die Sinne konnten geläutert werden, und der Geist konnte versinken. Wer konnte sagen, wo der fleischliche Trieb aufhörte und der psychische anfing? Wie seicht waren die willkürlichen Definitionen der gewöhnlichen Psychologen! Und wie schwer war es doch, zwischen den Aufstellungen der verschiedenen Schulen eine Entscheidung zu treffen! War die Seele ein Schatten, der im Haus der Sünde saß? Oder war der Körper in Wahrheit in der Seele, wie Giordano Bruno gemeint hatte? Die Trennung des Geistes und der Materie war ein Geheimnis, und die Vereinigung des Geistes mit der Materie war wiederum ein Geheimnis.

L’âme et le corps, le corps et l’âme, quels mystères ! Il y a de l’animalité dans l’âme, et le corps a ses moments de spiritualité. Les sens peuvent s’affiner et l’intelligence se dégrader. Qui pourrait dire où cessent les impulsions de la chair et où commencent les suggestions psychiques.

Combien sont bornées les arbitraires définitions des psychologues ! Et quelle difficulté de décider entre les prétentions des diverses écoles ! L’âme était-elle une ombre recluse dans la maison du péché ! Ou bien le corps ne faisait-il réellement qu’un avec l’âme, comme le pensait Giordano Bruno. La séparation de l’esprit et de la matière était un mystère et c’était un mystère aussi que l’union de la matière et de l’esprit.

Er fing an, darüber zu sinnen, ob wir wohl je die Psychologie zu einer so absoluten Wissenschaft machen könnten, daß jedes kleine Triebrad des Lebens uns seinen Sinn offenbarte. Wie es heute darum stand, mißverstanden wir uns selbst immer und verstanden nur selten andre. Die Erfahrung hatte keine ethische Bedeutung. Sie war nichts als der Name, den die Menschen ihren Irrwegen gaben. Die Moralisten hatten sie in der Regel als eine Art Warnung betrachtet, hatten für sie eine gewisse ethische Wirksamkeit für die Charakterbildung beansprucht, hatten sie als ein Mittel gepriesen, das uns lehrte, welche Wege wir einschlagen und was wir vermeiden sollten. Aber es lag keine bewegende Kraft in der Erfahrung. Sie war so wenig eine aktive Ursache wie das Gewissen. Alles, was sie in Wirklichkeit dartat, war, daß unsere Zukunft die nämliche sein würde wie unsere Vergangenheit, und daß wir die Sünde, die wir einmal und damals mit Abscheu getan hatten, viele Male tun würden, und dann mit Freuden.

Il se demandait comment nous tentions de faire de la psychologie une science si absolue qu’elle pût nous révéler les moindres ressorts de la vie... À la vérité, nous nous trompons constamment nous-mêmes et nous comprenons rarement les autres. L’expérience n’a pas de valeur éthique. C’est seulement le nom que les hommes don-nent à leurs erreurs. Les moralistes l’ont regardée d’ordinaire comme une manière d’avertissement, ont réclamé pour elle une efficacité éthique dans la formation des caractères, l’ont vantée comme quelque chose qui nous apprenait ce qu’il fallait sui-vre, et nous montrait ce que nous devions éviter. Mais il n’y a aucun pouvoir actif dans l’expérience. Elle est aussi peu de chose comme mobile que la conscience elle-même. Tout ce qui est vraiment démontré, c’est que notre avenir pourra être ce que fut notre passé et que le péché où nous sommes tombés une fois avec dégoût, nous le commettrons encore bien des fois, et avec plaisir.

Es stand ihm fest, daß die experimentelle Methode die einzige sei, durch die man zu irgendeiner wissenschaftlichen Analyse der Leidenschaften gelangen könnte; und sicher war Dorian Gray ein Objekt, das wie für ihn geschaffen war und reiche und wertvolle Resultate erwarten ließ. Seine plötzliche wilde Liebe zu Sibyl Vane war eine psychologische Tatsache von nicht geringem Interesse. Kein Zweifel, die Neugier hatte viel damit zu tun, Neugier und das Verlangen nach neuen Erlebnissen; aber es war keine einfache, sondern eher eine komplizierte Leidenschaft. Was von dem rein sinnlichen Trieb des Knaben-Jünglings darin lag, war durch das Eingreifen der Phantasie umgeformt worden, zu etwas gewandelt, das dem Jüngling selbst frei von Sinnlichkeit schien und gerade darum um so gefährlicher war. Die Leidenschaften, über deren Ursprung wir uns selbst täuschen, beherrschten uns gerade am heftigsten. Unsere schwächsten Motive waren die, deren Natur uns bewußt war. Es kam oft vor, daß, wenn wir an andern zu experimentieren gedachten, wir in Wahrheit an uns selbst experimentierten.

Il demeurait évident pour lui que la méthode expérimentale était la seule par laquelle on put arriver à quelque analyse scientifique des passions ; et Dorian Gray était certainement un sujet fait pour lui et qui semblait promettre de riches et fruc-tueux résultats. Sa passion soudaine pour Sibyl Vane n’était pas un phénomène psy-chologique de mince intérêt. Sans doute la curiosité y entrait pour une grande part, la curiosité et le désir d’acquérir une nouvelle expérience ; cependant ce n’était pas une passion simple mais plutôt une complexe. Ce qu’elle contenait de pur instinct sensuel de puberté avait été transformé par le travail de l’imagination, et changé en quelque chose qui semblait à l’adolescent étranger aux sens et n’en était pour cela que plus dangereux. Les passions sur l’origine desquelles nous nous trompons, nous tyranni-sent plus fortement que toutes les autres. Nos plus faibles mobiles sont ceux de la nature desquels nous sommes conscients. Il arrive souvent que lorsque nous pensons faire une expérience sur les autres, nous en faisons une sur nous-mêmes.

Während Lord Henry noch dasaß und diesen Dingen nachsann, klopfte es an die Tür; ein Bedienter trat ein und erinnerte ihn, daß es Zeit war, sich zu Tisch umzukleiden. Er stand auf und blickte auf die Straße hinab. Der Sonnenuntergang hatte die oberen Fenster der Häuser auf der andern Seite in rotglühendes Gold getaucht. Die Scheiben glühten wie erhitzte Metallplatten. Der Himmel über ihm war wie eine verwelkte Rose. Es gemahnte ihn an das ganze feuerfarbene Leben seines Freundes, und die Frage kam ihm: Wie würde das alles enden?

Als er etwa um halb ein Uhr nachts nach Hause kam, fand er auf dem Tisch des Vorraums ein Telegramm liegen. Er öffnete es und sah, daß es von Dorian Gray kam. Sein Inhalt war, daß sich Dorian mit Sibyl Vane verlobt hatte.

Pendant que Lord Henry, assis, rêvait sur ces choses, on frappa à la porte et son domestique entra et lui rappela qu’il était temps de s’habiller pour dîner. Il se leva et jeta un coup d’œil dans la rue. Le soleil couchant enflammait de pourpre et d’or les fenêtres hautes des maisons d’en face. Les carreaux étincelaient comme des plaques de métal ardent. Au-dessus, le ciel semblait une rose fanée. Il pensa à la vita-lité impétueuse de son jeune ami et se demanda comment tout cela finirait. Lorsqu’il rentra chez lui, vers minuit et demie, il trouva un télégramme sur sa table. Il l’ouvrit et s’aperçut qu’il était de Dorian Gray. Il lui faisait savoir qu’il avait promis le mariage à Sibyl Vane.